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En 2007, l’ALEPS décide douze thinks-tanks libéraux français à proposer en commun un « Guide du candidat ». Six chapitres s’adressent respectivement au chômeur, au contribuable, à l’assuré social, à l’écolier, au citoyen et à l’Européen. Une grille permet de noter  les programmes des divers candidats. Sur 180 points théoriques, le premier est arrivé à 80 points, et Ségolène Royal à 5. On savait déjà que Nicolas Sarkozy ne serait pas libéral.
 

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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L’EXCEPTION FRANÇAISE PDF Imprimer Envoyer
Editorial
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 23 Mai 2011 01:00
C'est le célèbre modèle français... l www.libres.org

Je n’ajouterai pas mon commentaire à tous ceux, indécents ou dignes, qui se sont multipliés cette semaine. Mais « l’affaire » m’a donné l’occasion de m’interroger sur les curieuses réactions du peuple de France, qui de temps en temps se replie dans son camp retranché, dans son village de Gaulois, avec le sentiment qu’une potion magique lui permettra de vaincre les légions de Jules César, c'est-à-dire les réalités du monde entier.

Ce sont peut-être mes fréquents séjours hors de nos frontières qui me poussent à m’étonner de la façon dont un grand nombre de mes compatriotes cultivent avec obstination la fameuse « exception française », au point d’en perdre tout bon sens.

Le fait majeur qui m’a alerté est le fameux sondage qui mardi dernier montrait que 57 % des Français en tenaient pour la thèse du « complot ». J’ai cru voir dans cette réaction une manifestation éclatante de l’exception française, car tous les éléments en étaient réunis :

-         le refus des évidences et la préférence pour le roman ;

-         le rejet de la faute sur les autres : l’étranger a tort ;

-         un peu de paranoïa : l’étranger nous veut du mal ;

-         un complexe de supériorité : on fait mieux que tous les autres.

En effet, à en croire ce que les médias ont rapporté de l’opinion publique, qu’ils ont eux-mêmes conditionnée, la police de New York n’aurait pris aucune précaution avant d’arrêter l’inculpé dans des circonstances d’ailleurs inacceptables, puis la machine judiciaire américaine se serait mise aveuglément en route et un magistrat peu sympathique à la France, territoire de non droit, aurait pris une décision au mépris des droits de l’homme ; la même histoire n’aurait pas pu se produire chez nous, parce que notre police, notre magistrature et notre code de procédure protègent autrement mieux les personnes présumées innocentes. Dans ces conditions, pourquoi pas un complot derrière toutes ces anomalies ?

Or, ce mode de pensée ne joue pas seulement dans cette affaire hors du commun, il règne très couramment dans les relations que les Français entretiennent avec le reste du monde, notamment dans le domaine économique.

L’Etat français est-il « en faillite » ? C’est la faute à la crise, à Wall Street, et la France n’y peut rien, elle s’en sort même mieux que les autres. On nie l’évidence d’un sureffectif dans les administrations, on pense qu’il faut un Etat fort pour nous protéger contre l’Europe, et une Europe forte pour nous protéger contre la mondialisation. Les délocalisations s’expliqueraient par la concurrence déloyale qu’exercent les autres pays, qui sous-payent leurs salariés et ignorent la protection sociale. Nous serions victimes d’une véritable guerre économique menée par le capitalisme mondial, et en particulier par les Etats-Unis et les pays émergents. Pourtant nous maintenons ferme notre système de Sécurité Sociale, le meilleur du monde, ainsi que les « services publics à la française », une organisation harmonieuse que les bureaucrates de Bruxelles ne veulent pas comprendre parce qu’ils prônent la concurrence sauvage. Il faut acheter et produire français, faire preuve de « patriotisme économique », car le chômage n’est dû qu’aux délocalisations et à l’euro fort que les Allemands imposent à l’Union.

Donc, à aucun moment on ne se remet en cause, il est plus facile de rejeter toutes les responsabilités sur nos partenaires ou nos concurrents, et il n’est pas question de bousculer nos fonctionnaires, nos syndicalistes et nos privilégiés.

Une grande majorité de Français refusent de voir le monde tel qu’il est : en mutation tandis que nous subissons la tyrannie du statu quo, appelant et acceptant des sacrifices alors que nous vivons dans la facilité et l’insouciance, à l’usine et au bureau plutôt que dans la rue.

C’est que, depuis des siècles, du gallicanisme au gaullisme, les Français marchent au pas de l’Etat. Ils ne s’y sont pas mis spontanément, mais ils ont à la longue épousé la gloire dispendieuse de leurs monarques, royaux ou républicains, qui leur ont montré la seule voie intelligente : celle que personne ne prend. « La France seule » : Maurras a été de toutes les époques, de toutes les politiques.

Voilà comment la plupart de nos compatriotes ne pratiquent d’autre langue que celle de Molière, pensant que les peuples du monde entier devraient parler français. Voilà pourquoi ils trouvent injuste de ne pas remporter tous les championnats, toutes les coupes. Voilà pourquoi on mange toujours aussi mal à l’étranger mais si bien à Paris (où on adore les souchis, les pizzas et les hamburgers). Inversement on transforme de médiocres performances en cocoricos, on sait où le coq gaulois a les pattes quand il chante, et quand il croit faire lever le soleil.

Faut-il désespérer ?  Je ne le crois pas.  Les jeunes sont plus ouverts sur le monde extérieur, ils voyagent, échangent, étudient à l’étranger – et parfois, hélas, ils y restent. Mais il faudrait aussi leur faire davantage connaître et comprendre les valeurs universelles, sur lesquelles le monde contemporain est en train de se caler, du moins faut-il l’espérer : l’état de droit, la responsabilité, la propriété, la liberté, la dignité de la personne humaine.

J’ajoute une dernière remarque : si les immigrés s’alignaient sur ces valeurs au lieu de tirer parti de l’exception française sous forme de Sécurité Sociale, d’indemnités de toutes sortes, d’attributions de HLM et d’absence de civisme et de respect de la propriété, ils poseraient sans doute moins de problèmes.

Il est donc grand temps de sortir du rêve éveillé, et de dire la vérité sur la France et sur le monde. Une vérité qui de temps en temps nous prend à la gorge, si elle ne nous saute pas aux yeux. Nulle potion magique ne peut sauver les descendants d’Astérix. Seule la vérité est salutaire.

Mise à jour le Lundi, 14 Octobre 2013 14:26
 
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