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Jacques Garello l www.libres.org

Lettre ouverte aux retraités actuels et futurs, cet opuscule est un véritable condensé de tout ce que Jacques Garello a écrit sur le sujet. A lire absolument si vous vous interrogez sur le futur du système des retraites par répartition.

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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SAINT SIMON (1801-1850) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 18 Février 2011 01:00

Un nouveau monde de science et d’industrie

Saint Simon « le dernier des gentilshommes et le premier des socialistes » (se définissait-il modestement) partage l’idée d’Auguste Comte : avec le XIXème siècle le monde est entré dans une ère scientifique.

L’organisation sociale est encore décalée : elle a été mise en place dans l’ère militaire, puis dans l’ère législative. Il faut donc bâtir un nouveau monde, inventer de nouvelles relations humaines. Il faut une organisation scientifique de la société.

En économie, la place doit être faite à la science aussi : elle s’exprime à travers l’industrie. Les industriels, les ingénieurs, les savants, les créateurs, y compris les créateurs artistiques : voilà ceux qui doivent être au cœur d’une société actuellement occupée par les politiciens, les juristes, les corporations. C’est la nouvelle élite qui doit régner sur la société. Rien d’étonnant à ce que Saint Simon ait été si populaire dans les grandes écoles ; il s’était d’ailleurs installé en face de l’Ecole Polytechnique et Monge était son ami.

Le socialisme élitiste

Il n’y a rien de populaire ni de populiste chez ce socialiste-là. Sa « lettre aux ouvriers » leur recommande de se soumettre aux industriels, qui ont le savoir et le sens de l’organisation. On rend souvent hommage aux Saint Simoniens qui auraient créé la France industrielle. Il est vrai que sous le règne de Louis Philippe, un certain nombre de grands inventeurs et ingénieurs contribueront au développement de la France et à son rayonnement mondial : les frères Péreire, inventeurs de la banque d’affaires, Talabot, roi des chemins de fer et des compagnies de navigation, Haussmann l’architecte de Paris, et bien sûr Ferdinand de Lesseps. Mais l’industrialisation de la France leur était antérieure (Peugeot, Schneider, etc.), et l’industrie des Saint Simoniens est très proche du pouvoir politique et tire une fois de plus la France dans la direction de la centralisation et de l’intervention de l’Etat. L’énarchie ne date pas de 1947.

La religion saint simonienne

On sait moins que quelque vingt ans plus tôt les disciples directs de Saint Simon, qui avaient connu « le maître », avaient versé dans une religion sociale débridée jusqu’à l’utopie, voire à la folie. Enfantin et Bazard (Saint Pierre et Saint Paul) veulent bâtir le « nouveau christianisme » ; ils forment sectes et églises, leurs disciples ont de longues barbes, et ils partent à la recherche des racines du monde nouveau : vers l’Orient (d’où vient la lumière). L’Egypte, le Liban et la Syrie, puis l’Algérie, les fascinent. L’affaire se termine soit dans la folie collective, soit dans la constitution de communautés, soit dans l’aventure industrielle – une issue plus conforme aux pensées du maître.

Mais la mésaventure de ces disciples montre les limites du constructivisme, cette « présomption fatale » dénoncée par Hayek dans son dernier ouvrage. La volonté d’une organisation scientifique de la société se double très vite de la volonté de construire un monde nouveau et parfait. La question est toujours la même : comment convaincre les gens simples, la foule de ceux qui n’appartiennent pas à l’élite, de suivre les prescriptions de ces architectes de génie qui ont pensé les plans de la société sans pénurie ?

Le monde merveilleux de l’élite saint-simonienne

Parmi les messages saint-simoniens, certains attestent de leur totale ignorance économique. Notamment en matière de finances, ils sont partisans du crédit gratuit, estimant que le taux d’intérêt zéro devait ouvrir l’ère de la prospérité infinie. Quelques banqueroutes du temps du Second Empire calmeront les enthousiasmes. De même les sociétés anonymes, sympathiques aux Saint Simoniens, ne sont pas soumises au contrôle des propriétaires, car les petits porteurs font confiance aux grands ingénieurs qui les dirigent, et qui ont compétence et savoir. L’entrepreneur des saint-simoniens, c’est le grand manager : « l’entreprise manageriale », la rupture entre capital et gouvernance des entreprises, c’est encore le saint-simonisme, on le retrouve chez Schumpeter et Galbraith. Ne sommes-nous pas entourés de descendants de Saint-Simon ?

 

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