Commandez

Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Publication trimestrielle depuis plus de 40 ans, le Bulletin rend compte de la vie de l’ALEPS mais il propose aussi dans chacun de ses numéros plusieurs études de ses administrateurs, dont Fred Aftalion, Axel Arnoux, Jacqueline Balestier, Jean Philippe Feldmann, Georges Lane, Bertrand Lemennicier, Pascal Salin, Patrick Simon.

50 pages, Abonnement  annuel : 50€,  numéros anciens 5€ suivant disponibilité

Bulletin d'abonnement

Portait

Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

Lire la suite...

L'Abécédaire...

Il y a 333 entrées dans ce glossaire.
Chercher des termes du glossaire (expression régulière autorisée)
Commence par Contient Terme exact
Tout A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V
Terme Définition
MACRO-ECONOMIE

Economie vue sous l'angle le plus global, celui des grands Equilibres, par exemple au niveau national, par opposition à la micro-économie, qui s'attache à l'étude des comportements individuels.

A partir notamment de la période keynésienne, des économistes ont voulu développer une analyse spécifiquement macro-économique, distincte et détachée de la micro, ayant ses propres concepts, et débouchant naturellement sur une politique économique. C'est ainsi qu'ont été prônées toutes les politiques de manipulation de la demande globale (consommation, investissement), qu'il s'agisse des politiques de relance ou de freinage de l'activité. Ces analyses et ces politiques ont longtemps séduit les hommes politiques, car elles en faisaient les maîtres des grands équilibres et les responsables de la lutte contre le chômage, de la croissance, etc par la simple manipulation de quelques variables globales. Non seulement ces politiques ont été un échec sur le plan pratique, mais encore leur fondement même, exclusivement macro, a été attaqué. La plupart des économistes ne croient plus aujourd'hui à ces explications globales; pour rendre compte de déséquilibres tels que le chômage, ils s'orientent de plus en plus vers la recherche des explications micro-économiques, ponctuelles, locales, sectorielles, décentralisées : c'est ce que l'on appelle les fondements micro-économiques des déséquilibres macro-économiques.

MALTHUSIANISME

Doctrine héritée de l'économiste et pasteur anglais Robert Malthus (1766-1834). Malthus avait développé l'idée, en particulier dans "l'Essai sur le principe de population", qu'il existait un écart croissant entre une population qui augmente en progression géométrique (1, 2, 4, 8, 16,...) et des ressources, notamment alimentaires, augmentant moins vite, en progression arithmétique (1,2,3,4,5,...). Cette "loi" de la population de Malthus résulte en fait d'une observation très partielle : à une époque où la chute de la mortalité avait précédé celle de la natalité, la croissance démographique avait été temporairement très rapide. Malthus propose alors diverses recettes pour éviter cet écart excessif entre population et subsistances, en particulier diverses vertus morales et le mariage tardif, pour freiner la croissance démographique.

Par extension, on entend aujourd'hui par malthusianisme deux types de propositions: - au sens étroit, toute politique visant à restreindre la natalité; le malthusianisme vise donc l'ensemble des mesures anti-natalistes; - au sens large, toute mesure artificielle de limitation de la production - ce qui est paradoxal avec la pensée de Malthus. Le malthusianisme vise alors tout ce qui freine le dynamisme de l'économie : les atteintes à la concurrence, les professions fermées, ce qui a pour effet de freiner la croissance économique et de pénaliser le consommateur.

L'étude des divers obstacles à la croissance économique en France montre d'ailleurs qu'il s'agit le plus souvent d'obstacles réglementaires et institutionnels : ce sont les positions dominantes, les privilèges administratifs ou corporatifs, qui freinent le dynamisme des entreprises et paralysent peu à peu la vie économique.

MARCHE

Rencontre entre une offre (émanant des vendeurs, par exemple des producteurs) et une demande (provenant des acheteurs, par exemple des ménages). Le marché permet de déterminer à la fois le prix et les quantités échangées. Il est possible de distinguer divers marchés, suivant le type de produit échangé, mais le mécanisme de formation des prix sur les marchés (loi de l'offre et de la demande) reste le même dans tous les cas; on parlera ainsi des marchés des biens et services, du travail, de la monnaie, du capital, etc. Les diverses formes de marché sont souvent différenciées en fonction du nombre de participants au marché ; par exemple, le monopole (un seul vendeur), le monopsone (un seul acheteur), l'oligopole (quelques vendeurs).Mais ce critère de nombre n’est pas pertinent. C’est le degré d’ouverture du marché qui, beaucoup plus que le nombre, détermine le degré de concurrence.

Le marché constitue l'un des rouages les plus importants des économies libérales, et ces économies libérales ou capitalistes sont souvent appelées "économies de marché". Le marché est en effet une procédure d'information collective, qui permet de recueillir les points de vue divergents d'un grand nombre de personnes, et de les concilier. A son tour, le résultat du marché (prix-quantité) constitue une information qui sera intégrée par les agents économiques dans leurs calculs futurs. On peut montrer aussi que la procédure du marché est celle qui minimise les coûts (inconvénients) et qui maximise les avantages ; le marché permet ainsi de répartir de la meilleure façon possible les produits ou les facteurs de production. En ce sens, il est une procédure pacifique de résolution des conflits, et une procédure efficace. Les économistes insistent sur la généralité des phénomènes de marché, qui doivent fonctionner dans le plus de domaines possible, et dont l'analyse peut même s'étendre à des échanges non marchands (non monétaires) ; c'est ainsi que l'on peut présenter une analyse du "marché du crime" ou du "marché du mariage" ou encore du "marché politique" montrant par là qu'il existe dans tous ces cas un calcul de type économique, c'est-à-dire évaluant d'un côté les coûts d'une opération et de l'autre ses avantages.

MARGINALISME

Méthode utilisée (notamment par les économistes) qui consiste à étudier les phénomènes d'après leur évolution "à la marge" : comment un accroissement de revenus induit-il un accroissement de la dépense alimentaire ? La pertinence de la méthode vient de ce que la plupart du temps les choix que les individus ont à faire ne se présentent pas sous la forme du "tout ou rien", mais "un peu plus ou un peu moins de ceci par rapport à un peu moins ou un peu plus du reste". Entre 1870 et 1874, l'Autrichien Carl Menger à Vienne, l'Anglais Stanley Jevons à Manchester, le Suédois Knut Wicksell à Stockholm et le Français Léon Walras à Lausanne, abandonnant l'empirisme et le positivisme de l'époque, établissent les fondements d'une science Économique déductivo-nomologique qui s'appuie sur une théorie de la valeur basée sur l'utilité. Le marginalisme est davantage qu'une nouvelle méthode d'analyse des effets d'une faible variation d'une variable déterminante ou bien que le recours non révolutionnaire à la théorie de l'utilité marginale pour expliquer la valeur. Le marginalisme est en réalité un changement de définition du problème Économique fondamental : le nouveau programme de recherche est désormais l’affectation des ressources rares sur la base des choix subjectifs d’individus indépendants).

MASSE MONETAIRE

Ensemble des moyens de paiements existant dans une économie à un moment donné. Il existe plusieurs définitions, plus ou moins larges, de la masse monétaire, suivant que l'on tient compte des seuls moyens de paiement directs ou des liquidités transformables presque immédiatement en moyen de paiement direct.

En France, le Conseil National du Crédit distingue, en allant de la définition la plus étroite vers la définition la plus large : - M 1, qui regroupe les moyens de paiement tels que les monnaies divisionnaires et les billets en circulation et les dépôts à vue, essentiellement auprès des banques et CCP. - M2, qui regroupe, outre M1, les placements à vue en francs rémunérés, gérés par les établissements de crédit bancaires et le trésor (par exemple livrets bancaires, livrets des caisses d'épargne, Codevi, comptes d'épargne-logement, livrets d'épargne populaire,...). - M3 qui regroupe, outre M2, les dépôts en devises; les placements à échéance non négociables (comptes à terme, bons de caisse, , bons du Trésor,...) et les placements à court terme négociables émis dans le public par les établissements bancaires et de crédit (certificats de dépôt) les titres d'OPCVM court terme ; les parts de fonds communs de créance. - enfin M4, qui comprend, outre M3, les actifs à court terme négociables émis par les agents non bancaires (billets de trésorerie, bons du Trésor négociables,...).

On rapproche souvent de cette masse monétaire les contreparties, c'est-à-dire des occasions au cours desquelles cette monnaie a été créée . Ces créances possédées par les créateurs de monnaie sont de trois sortes : - or et devises, - créances sur le trésor, - crédit à l'économie. C'est cette dernière qui est dominante, ce qui signifie que la monnaie est essentiellement créée à l'occasion de crédits effectués par les organismes bancaires.

MATIF

Le MATIF est un "marché à terme d'instruments financiers". Son principe est donc identique à celui de tous les marchés à terme - par exemple de marchandises - mais les contrats portent cette fois sur des produits financiers. A Paris, le MATIF a été créé en 1986 et il s'est rapidement développé car, comme les autres marchés à terme, il correspondait à un besoin des opérateurs. Il s'agit cette fois de se protéger contre les variations de taux d'intérêt, et les contrats portent donc sur des obligations ou plutôt sur des emprunts notionnels, c'est-à-dire qui n'existent pas, mais représentent des contrats standardisés. Pour les professionnels (banques, entreprises, sociétés de crédit,...) il s'agit de se protéger contre les risques de variations des taux d'intérêt. Pour les spéculateurs, il s'agit d'anticiper sur la hausse et la baisse du taux : ce sont eux qui prennent le risque à la place des professionnels et leur rôle est donc essentiel pour le bon fonctionnement du marché : ils jouent le rôle "d'assureur" en supportant le risque à la place des autres : ils peuvent donc gagner - ou perdre - beaucoup !

Une nouvelle fois, ces techniques modernes de marché ont fait la preuve de leur efficacité très supérieure à tous les mécanismes d'intervention étatique : ils laissent le marché jouer (en l'occurrence le taux d'intérêt varier selon les nécessités économiques et monétaires des marchés) mais permettent de réduire les risques des uns et de donner aux autres des possibilités de gain grâce à la qualité de leurs anticipations.

MENAGE

Unité (ou centre) élémentaire de décision en matière de consommation : le ménage gère un budget. On dit que le ménage est un "Agent économique". Il est constitué par un ensemble de personnes vivant sous un même toit et ayant un budget commun ; ce qui représente à la fois les familles au sens traditionnel du terme (avec ou sans enfant) et les célibataires. Il faut aussi tenir compte des ménages constitués par des institutions ("ménages extraordinaires" : communautés diverses, cités universitaires, hospices,...). La plupart des statistiques économiques concernent les seuls ménages ordinaires (plus de 20 millions en France). Le ménage constitue l'un des éléments essentiels, avec l'entreprise, de l'activité économique: c'est en vue de la satisfaction des besoins exprimés par les ménages que fonctionne en fait toute l'activité , directement ou indirectement.

MENSUALISATION

La mensualisation représente le paiement des salariés par mois, et non plus selon une base de salaire horaire uniquement, ou suivant un rythme de paiement inférieur au mois. La mensualisation a été mise en place progressivement pour le secteur public comme pour le secteur privé. Elle a été généralisée, par voie contractuelle, essentiellement à la suite des accords passés en 1970 entre le patronat et les syndicats. Cette procédure a pu être considérée comme coûteuse par les entreprises, en particulier parce qu'elle semble aller de pair avec un absentéisme plus marqué. Mais les entreprises ont accepté ces accords en raison des avantages qu'ils procurent aux salariés : ancienneté, jours fériés payés... C'est en raison des coûts très variables suivant les entreprises (puisque la mensualisation va de pair avec des avantages sociaux supplémentaires) que sa mise en place a été progressive (elle est maintenant généralisée). D'une manière plus large, le terme de mensualisation évoque tout système de paiement au mois; il s'applique donc, par exemple, au paiement mensuel de l'impôt sur le revenu ; c'est un système facultatif qui permet au contribuable de payer tous les mois (et non par tiers), par prélèvement automatique sur un compte de dépôts, le dixième de l'impôt sur le revenu payé l'année précédente. Le complément éventuel est payé dans les derniers mois de l'année ; au contraire, l'excédent est remboursé si l'impôt de l'année en cours est inférieur à celui de l'année précédente.

MERCANTILISME

Courant de pensée économique né au XVI° siècle qui considère que la puissance d’une nation repose sur le volume d’or qu’elle possède. L’objectif visé par les pouvoirs dirigeants est donc d’assurer le développement des politiques d’exportation, tout en protégeant les frontières contre l’importation. L’argent rentre ainsi plus qu’il ne sort. Plus généralement, le mercantilisme évoque des jeux économiques à somme nulle, où les intérêts des uns et des autres seraient contradictoires.

METAPHYSIQUE

Souvent qualifiée de philosophie première, elle apparaît avec Aristote; Elle est la recherche des causes premières et du "pourquoi l'étant est comme il est". Elle implique nécessairement une spéculation intellectuelle "au delà des apparences". D'où l'importance de la notion d'identité des objets et des lois de causalité qui les relient.

MICRO-ECONOMIE

Etude des phénomènes économiques à l'échelon le plus décentralisé, c'est-à-dire au niveau des comportements individuels : analyse du consommateur, analyse du producteur, analyse des marchés. La micro-économie s'oppose ainsi à la macro, qui examine les phénomènes économiques sous l'aspect le plus global, celui des équilibres au niveau national, et de leurs causes également globales. En fait, le problème essentiel est de savoir quel lien existe entre micro et macro.

Selon les keynésiens, il n'y a pas de lien direct entre micro et macro (thèse du "no bridge"). Il faut donc mener une analyse spécifique ment macro, et une politique économique agissant sur les grandeurs globales, et notamment sur la demande globale. Au contraire, la plupart des économistes considèrent aujourd'hui qu'existe un lien étroit entre micro et macro et que les grands équilibres - ou déséquilibres - macro ne sont que le reflet d'une multitude de comportements individuels : ce sont les fondements micro des déséquilibres macro-économiques. Dans ces conditions, une politique économique ne saurait jamais se contenter d'agir sur des grandeurs globales, mais plutôt viser à laisser s'exprimer les comportements individuels et à leur assurer une pleine efficacité, au lieu de les étouffer dans un réseau de fiscalité et de réglementations étatiques.

MISERE

Extrême pauvreté allant jusqu’à la privation des éléments nécessaires à la survie.

MOBILITE

L'une des caractéristiques d'une économie de marché et de concurrence. En effet, la concurrence implique la fluidité, c'est-à-dire la possibilité d'entrer ou de sortir à tout moment du marché, par exemple parce que l'on fait mieux ou moins cher que le concurrent. Or, il n'y a de véritable fluidité que s'il existe une réelle mobilité des facteurs de production. En effet, pour qu'une entreprise puisse s'installer sur un marché, il faut qu'elle trouve facteur travail ou capital en quantité et en qualité suffisantes ; de même, l'abandon par une entreprise d'un marché peut entraîner la libération de facteurs de production excédentaires. Cette mobilité des facteurs de production concerne aussi bien le facteur travail que le facteur capital ; elle est une condition de leur plein emploi. C'est ainsi que le fait pour les travailleurs de pouvoir changer facilement de région, ou encore de profession ou de qualification, est à la fois indispensable au dynamisme de l'économie et à une pleine utilisation du facteur travail. Les branches en déclin doivent pouvoir s'adapter à temps pour ne pas freiner l'activité; les branches en expansion doivent trouver les facteurs qui leur sont indispensables. Tout cela implique une réelle mobilité des facteurs. C'est ainsi, par exemple, pour s'en tenir aux trois grands secteurs économiques, que la part des actifs quittant le secteur agricole a été considérable tout au long des 19e et 20e siècles. C'est cet exode rural qui a permis l'essor du secteur industriel, puis celui des services, en fournissant la main d'oeuvre nécessaire. La mobilité est aussi géographique ; elle peut être mesurée, par exemple, entre deux recensements. Cependant, cette mobilité est en général insuffisante, et les rigidités excessive de nos économies, particulièrement en France, ralentissent la croissance économique et rendent plus difficile la solution du problème du chômage.

MONETARISME

Doctrine économique, l'une des plus représentatives du courant néo-libéral. Le monétarisme a notamment été reformulé, dans sa version contemporaine, par Milton FRIEDMAN, chef de file de "l'Ecole de Chicago" et prix Nobel d'Economie. Le terme de "monétarisme" provient de l'intérêt particulier que ce courant attache aux phénomènes monétaires, non pour exagérer le rôle de la monnaie, mais pour en préciser la place exacte. En effet, pour les monétaristes, la monnaie est d'une importance fondamentale pour ce que l'on appelle les variables nominales, c'est-à-dire essentiellement les prix : une monnaie mal gérée, par exemple augmentant sans aucune commune mesure avec la production réelle, est source d'inflation : on dira que l'offre de monnaie excède la demande de monnaie et l'inflation sera alors provoquée par le fait que les agents économiques se débarrasseront de leurs encaisses excédentaires sur les divers marchés. Il n'y aura de retour à la stabilité des prix que lorsqu'on aura mis fin aux désordres monétaires intérieurs et extérieurs, en particulier en limitant la création de monnaie. Au contraire, la monnaie n'a que peu d'influence à long terme sur les variables réelles comme l'emploi ou la production. (Thèse dite de la neutralité à long terme de la monnaie, ou encore de la dichotomie entre le secteur réel et le secteur monétaire). Cela signifie que, par exemple, toute stimulation monétaire artificielle (relance) n'aura à terme aucun effet positif sur l'activité ; par contre, cela va provoquer des effets perturbateurs (inflation), surtout si, comme c'est en général le cas, on fait alterner politiques de relance et de freinage ("stop and go"), les agents économiques étant troublés par l'in constance de la politique des pouvoirs publics. Les monétaristes soulignent donc qu'il faut éviter les perturbations monétaires en pratiquant une politique monétaire "automatique", c'est-à-dire inscrite dans la durée, stable sur une longue période. Ainsi, il faut par exemple fixer à l'avance, pour une ou plusieurs années, le taux de croissance de la masse monétaire. Le monétarisme n'a donc pas la sympathie de ceux qui voient dans les manipulations monétaires un instrument d'intervention conjoncturelle et - chez les hommes politiques - une manière adroite de préparer les échéances électorales. On peut cependant faire au monétarisme deux objections : la première est de surestimer l'aptitude des banques centrales à respecter une quelconque discipline monétaire; il faut sans doute aller au-delà et préconiser une privatisation de la monnaie, seule en mesure de la soustraire aux appétits des pouvoirs publics. La deuxième est de donner trop de poids aux fluctuations de la demande, et de négliger ce qui se passe du côté de l'offre, c'est-à-dire la capacité des entreprises à s'adapter - et la liberté qui doit leur être laissée pour ce faire.

MONNAIE

Etalon de mesure des valeurs économiques et moyen de paiement généralisé. La monnaie constitue l'actif le plus liquide, celui qui permet de résoudre les inconvénients du troc en brisant en deux l'acte d'échange : un acte de vente (biens contre monnaie) puis, à un autre moment ou à un autre endroit, un acte d'achat (monnaie contre biens). La monnaie a trois fonctions principales: - elle est un instrument de mesure des valeurs, un étalon grâce auquel on peut indiquer la valeur des biens ou des services ; - elle est un instrument de paiement dans l'espace, c'est-à-dire qu'à l'intérieur d'un espace déterminé (en général un pays) elle permet d'acheter n'importe quel bien ; on dit alors qu'elle a un pouvoir d'achat indifférencié ; - elle est aussi un instrument de paiement dans le temps, c'est-à-dire une réserve de valeur, permettant de se réserver le choix du moment d'un échange.

Historiquement, on a recherché sans cesse quelle était la bonne monnaie; le choix s'est porté tantôt sur des formes matérielles, en particulier les métaux précieux, en raison de leurs qualités (inaltérabilité, divisibilité...), tantôt sur des procédures plus dématérialisées, comme le billet, encore appelé monnaie "fiduciaire", parce qu'elle repose sur la confiance ou comme les jeux d'écritures bancaires avec le chèque, le virement et la compensation (monnaie dite "scriptu rale", qui représente 85 % de la monnaie française). Le total de la quantité de monnaie en circulation à un moment donné s'appelle la masse monétaire. Le problème monétaire fondamental consiste à régler la quantité de monnaie de façon optimale : - elle ne doit pas être trop abondante, pour ne pas provoquer l'inflation, et donc conserver sa qualité de stabilité ; - elle ne doit pas être trop rare pour ne pas freiner les échanges, et donc conserver sa qualité de souplesse.

Dans le système monétaire actuel, c'est la Banque Centrale qui a les moyens d'influencer la quantité de monnaie ; elle doit donc faire en sorte que la quantité de monnaie ne soit pas une source de déséquilibres économiques, c'est-à-dire qu'elle ne soit pas sans cesse manipulée au gré des fantaisies du moment ; comme les comportements du public en matière monétaire sont assez stables (demande de monnaie), il faut que la quantité de monnaie créée (offre de monnaie) évolue de façon assez régulière et ne change pas sans cesse. On peut aussi imaginer d'autres systèmes de création monétaire, tel que le système de monnaie décentralisée, préconisé par F. HAYEK: dans ce cas, il existe plusieurs créateurs de monnaie (fin du monopole de la Banque Centrale) qui se font concurrence entre eux. Dans ce système, la quantité optimale de monnaie est fixée par le marché lui-même.

MONOPOLE

Forme de marché, caractérisée par la présence d'un seul offreur (vendeur) face à plusieurs demandeurs (acheteurs). Le monopoleur peut en particulier influencer les prix du marché, ce qui n'est pas le cas de l'entreprise en concurrence. Cela ne signifie pas que le monopoleur puisse faire n'importe quoi, et notamment fixer n'importe quel prix : il reste limité à la fois par le comportement du consommateur (pour le produit concerné, le consommateur est-il, ou non, très sensible au prix) et, dans certains cas, par l'existence effective ou potentielle de produits de substitution. La théorie économique démontre qu'à coûts identiques, les prix sont toujours plus élevés en situation de monopole qu'en situation de concurrence, et qu'à l'inverse les quantités vendues sont plus faibles en monopole qu'en concurrence. Il faudrait donc favoriser au maximum la concurrence et lutter contre toutes les formes monopolistiques de marché pour que le consommateur ne soit pas pénalisé. Contrairement à une opinion largement répandue, les monopoles privés sont tout à fait rares et exceptionnels, et ils ne sont jamais durables, car de nouveaux concurrents peuvent apparaître, proposant des produits identiques ou substituables à moindre coût. L'étude des "monopoles naturels" fait apparaître qu'il y a bien peu de situations où les conditions de production excluent qu'il y ait plus d'un producteur sur le marché. En réalité, les principaux monopoles sont protégés par la loi : il s'agit des monopoles publics. Dans ce cas, le monopole est plus dangereux, car il n'est jamais aiguillonné par la concurrence potentielle, et il ajoutera aux inconvénients habituels du monopole son caractère de durabilité et celui d'inefficacité, puisque le monopole public est protégé par la loi contre toute concurrence. La théorie actuelle du monopole (Y. Brozen) soutient que le danger ne provient pas du monopole, mais de la protection du monopole. Car, à la limite, toute innovation est un monopole; elle est pourtant bienfaisante, parce que la position du monopoleur va être remise en cause par les imitateurs (courbe de Forrester). Quand le monopole est public, ou protégé par la loi, il n'y a aucune chance de voir le marché évoluer, la concurrence est définitivement bannie. Voilà pourquoi la lutte contre les "monopoles" ne passe pas par le passage du secteur privé au secteur public, mais par un rétablisse ment effectif de la concurrence, ce qui ne se conçoit réellement qu'entre firmes appartenant au secteur privé.

MONT PELERIN SOCIETY

La Société du Mont-Pèlerin est née de la participation de trente-six personnalités à la conférence qui a lieu à l'Hôtel du Parc au Mont-Pélerin au-dessus de Vevey (Vaud) en Suisse du 1er au 10 avril 1947. Créée par Friedrich August von Hayek, son objectif premier est de promouvoir le développement des idées libérales dans le monde. Parmi les personnalités qui ont participé à la première conférence, on trouve Maurice Allais (Prix Nobel d'Economie en 1988), Milton Friedman (Prix Nobel d'Economie en 1976), Frank Dunstone Graham, John Jewkes, Friedrich August von Hayek (Prix Nobel d'Economie en 1974), Frank Hyneman Knight, Salvador de Madariaga, Ludwig von Mises, Fritz Machlup, Karl Raimund Popper, William E. Rappart qui présidera la première séance de la Conférence, Lionel Robbins, Wilhelm Röpke, Georges Joseph Stigler ( Prix Nobel d'Economie en 1982). La Société du Mont-Pèlerin a donné en tout naissance à neuf Prix Nobel d'Economie dont Sir John R. Hicks (1972), James M. Buchanan Jr. (1986), Ronald H. Coase ( 1991), Gary S. Becker (1992) et Douglass C. North (1993).

MORALE

(du latin mores = moeurs) C'est l'ensemble des règles de conduite considérées comme universelles ou comme propres à une culture et à une époque particulière.

MULTINATIONALES

Les multinationales sont des entreprises exerçant leurs activités sur plusieurs pays, au niveau de la production ou de la commercialisation, ou encore dont le capital peut être aux mains d'actionnaires de pays différents. Trois critères permettent habituellement de les repérer : l'importance du chiffre d'affaires (+ de 5 000 000 $ par an), la part du chiffre d'affaires realisée à l'extérieur (+ de 75 %), le nombre de pays où il y a implantation (+ de 10). Il ne s'agit donc pas d'entreprises de nature fondamentalement différente de celle des autres sociétés, et le terme de multinationales appartient plus au vocabulaire polémique qu'au vocabulaire scientifique. Pour certains courants politiques ou syndicaux, les multinationales seraient des sociétés d'un type très particulier, aux pouvoirs gigantesques, aux influences politiques considérables, capables pratiquement de renverser les gouvernements. La réalité est fort différente ; pour l'essentiel, une firme multinationale est une entreprise qui a réussi. C'est une entreprise qui a su s'adapter, conquérir des marchés étrangers et réaliser de bonnes exportations, diversifier suffisamment ses activités, s'adapter à des conditions de production différentes,... Naturellement, toute entreprise peut être amenée à rechercher une position dominante, à refermer son marché ou à créer des ententes. Mais cela n'est pas une particularité des multinationales. Comme pour les autres, ce risque existe, mais pas plus, et n'implique pas de mesures spécifiques. Certains ont fait remarquer à l'inverse que la multinationale, loin de bloquer la concurrence internationale, était une réaction contre les politiques étatiques protectionnistes. Quand les gouvernements ferment les frontières, une entreprise étrangère ne peut demeurer sur le marché qu'en s'implantant sur place. Par exemple, aucun constructeur automobile ne peut songer vendre en Amérique Latine - voire aux U.S.A. - s'il ne s'y implante pas. Que la production d'un bien ou d'un service incombe à une firme nationale ou multinationale n'a guère d'importance si le consommateur obtient, au meilleur prix, le produit qui le satisfait. Quant à l'argument politique suivant lequel les multinationales seraient apatrides - voire même hostiles aux intérêts des pays où elles s'implantent - il participe d'une méconnaissance du principe de la division internationale du travail et des procédures de décision habituelles au sein des multinationales.

Glossary 2.7 uses technologies including PHP and SQL

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1341 du 15 novembre 2017

Editorial : La voix de son maître
Actualité
:
Y = C+I+ [X-M]  - Refondation sur un socle boîteux  - Que se passe-t-il à Riyad ? - Merkel-Macron : front commun à la COP 23
Connaissance du libéralisme :
La transmission de la propriété
Lu pour Vous :
La tyrannie de la redistribution


Acheter le numéro

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...