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Etes-vous adeptes et satisfaits de la pensée unique ? Ces portraits montrent l’extrême richesse de l’histoire de la pensée économique, d’Adam Smith à nos jours. Ils vous font découvrir les permanences (les problèmes économiques) et les oppositions (les doctrines économiques).
Dépenses publiques et impôts d’un côté, ou libre échange et libre entreprise de l’autre : ce débat actuel s’est noué avec Say et Malthus, se poursuivant entre Bastiat et Marx, puis aux 20ème siècle par Keynes et Hayek – par exemple.

48 pages, 22 portraits, 5€

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Le fondateur de l’école autrichienne

Carl Menger est souvent associé à Stanley Jevons et Léon Walras comme l’un des piliers de la « révolution marginaliste » qui a fait rupture avec le classicisme anglais de Ricardo et Mill. Il est vrai qu’il cherche, comme ses contemporains, à rendre compte de la rationalité des choix individuels.

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L'Abécédaire...

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Terme Définition
P.I.B.

Le P.I.B. (Produit Intérieur Brut) constitue l'un des agrégats de la Comptabilité Nationale, c'est-à-dire une grandeur globale caractéristique de l'activité économique. De façon plus précise, le P.I.B. regroupe la valeur de l'ensemble des biens et services fournis en une année par tous les agents économiques (appelés secteurs institutionnels) résidant sur le territoire français. Il comprend d'une part le P.I.B. marchand, c'est-à-dire tous les biens et services vendus sur des marchés, dont le prix est payé par l'utilisateur, et d'autre part, le P.I.B. non marchand, c'est-à-dire essentiellement les services fournis par l'administration et rémunérés indirectement, par exemple par l'impôt. Le P.I.B. correspond ainsi à la somme des valeurs ajoutées par l'ensemble des secteurs institutionnels de l'économie : il s'agit donc de la totalité des biens et services finaux produits grâce aux efforts des divers facteurs de production. Comme toute grandeur globale, le P.I.B. ne donne que des indications assez limitées sur la réalité économique; il ne suffit évidemment pas à indiquer la conjoncture économique d'un pays, encore moins la réalité de sa situation économique, qui nécessite une étude beaucoup plus structurelle, détaillée, micro-économique; les agrégats font souvent oublier que l'essentiel ne se situe pas au niveau global.

PARADIGME

Terme forgé par l'historien et sociologue des sciences Thomas Kuhn dans son ouvrage La structure des Révolutions Scientifiques. Un paradigme est, dans une discipline scientifique, une sorte de consensus partagé, à un moment du temps, par les scientifiques quant aux méthodes, théories, instrumentation, vision du monde... La paradigme est caractéristique de la "science normale", c'est à dire routinière, dans laquelle il n'y a plus de débat mais simplement progression de la recherche au sein d'une même façon de "résoudre le puzzle". Cependant des anomalies paradigmatiques vont faire émerger une crise et si une science "extra-ordinnaire" propose une alternative, elle va "révolutionner" le premier paradigme et se transformer elle-même en paradigme. Kuhn rejette l'idée de progrès dans ce processus révolutionnaire, car il considère que les paradigmes sont incommensurables.

PARETO - PARETIEN

Vilfredo Pareto ( 1848 – 1923 ) développa la science économique analytique en complétant les travaux fondateur de Walras. Il démontra qu’une théorie des comportements de consommation et d’échange doit obligatoirement reposer sur le concept de l’utilité ordinale. En conséquence, dans une économie de marché, les échanges s’effectuent lorsque le rapport des utilités marginales des biens échangés égale le rapport de leur prix. Ce qui signifie qu’une situation optimale d’échange se définit sans nécessité de comparer l’utilité totale des uns et des autres. Sous cette condition, une augmentation du bien-être total à l’issue du processus d’échange conduit à un optimun de Pareto : la situation de certains agents s’est améliorée sans que celle d’autres ne se soit dégradée. Pareto est considéré comme l’un des fondateurs de l’économie du bien-être.

PARITES

La parité d'une monnaie, ou taux de change, indique la valeur d'une monnaie nationale, soit par rapport à un étalon international (or, DTS), soit par rapport à une autre monnaie nationale (dollar par exemple). Il s'agit donc en principe d'un prix, dont la fixation devrait dépendre de l'offre et de la demande de cette monnaie sur le marché des changes. La question de fond qui se pose est de savoir si ce prix doit se fixer librement en fonction de l'offre et de la demande et refléter la réalité des conditions économiques du moment: c'est le système des changes flottants. Dans ce cas, si un pays connaît par exemple une plus forte inflation que les autres, il est normal que la valeur de sa monnaie s'affaiblisse par rapport à celle des autres monnaies. Au contraire, le prix d'une monnaie peut être fixé de façon plus ou moins arbitraire, par une décision politique : c'est le système des changes fixes. Cette fixité de la parité n'est obtenue qu'artificielle ment par une intervention permanente des Banques Centrales sur le marché des changes, et elle ne peut être maintenue longtemps si la situation économique ne s'améliore pas ; la fixité des changes n'est qu'illusion et elle conduit à terme aux modifications brutales de la valeur des monnaies : en hausse (réévaluation) ou en baisse (dévaluation). Le problème économique est ici fort simple: faut-il laisser le prix (ici le taux de change) jouer son rôle d'indicateur des raretés et d'instrument de rééquilibrage automatique ?

PARLEMENT

Organe politique collégial composé d'une ou de plusieurs assemblées, qui représente la collectivité nationale et auquel est confié l'exercice de la fonction législative, ainsi que, dans une mesure différente selon les systèmes constitutionnels, le pouvoir de diriger et de contrôler l'activité de l'organe exécutif. Cependant les fonctions législative et politique du Parlement ne sont devenues évidentes qu'à partir du XVIII° siècle. Auparavant, le Parlement avait comme attribution principale (et souvent unique) le vote de l'impôt, surtout en Angleterre (Magna Carta, 1215). La tradition d'un Parlement permanent en Angleterre tranche avec la tradition française des "Etats Généraux", qui ne se réunissent qu'à l'invitation du roi. En France les seuls Parlements permanents sont ceux des provinces, ils produisent la législation locale.

PARTICIPATION

La participation, au sens large du terme, représente l'association de chacun aux décisions dans les diverses collectivités du pays (entreprises, collectivités locales...). Une telle décentralisation est dans la logique de l'économie de marché, à partir de deux principes de bonne gestion : d'une part, la responsabilité de chacun ; de l'autre, la prise de décisions au plus bas niveau possible (subsidiarité). Naturellement, il faut se garder de toute confusion ou illusion : tout le monde ne peut décider de tout. Il faut préciser clairement quels sont les divers niveaux de décision et prendre à chaque niveau possible, non pas toutes les décisions, mais toutes celles qui peuvent être prises à ce niveau. On peut parler encore de participation à propos des divers procédés qui permettent d'associer plus étroitement le personnel à l'activité de son entreprise : information descendante (de la direction vers le personnel d'exécution), ascendante, formation, enrichissement des tâches, décentralisation. Une forme particulière de participation a été développée en France depuis les ordonnances de 1967 : c'est la participation des salariés aux bénéfices, obligatoire pour les entreprises de plus de 100 salariés. Les sommes destinées à la participation sont mises en réserve pendant 5 ans et peuvent ainsi fructifier avant d'être distribuées aux salariés. Dans certaines entreprises, la participation financière prend la forme de l'actionnariat (distribution d'actions de l'entreprise aux salariés). Ainsi, la participation revêt au minimum trois sens: participation au pouvoir dans l'entreprise, participation à la vie de l'entreprise, participation aux résultats de l'entreprise. Il importe de savoir auquel on se réfère lorsque l'on se dit partisan ou adversaire de la participation.

PATRIMOINE

Ensemble des richesses (financières, matérielles ou humaines) possédées à un moment donné par un agent économique. Le patrimoine fait référence à une analyse en termes de stocks (ce que l'on possède à une date déterminée) par opposition à l'étude des flux (ensemble des opérations ayant lieu pendant une période comme l'année: revenus, dépenses, etc.). Pour une entreprise, le patrimoine est évalué chaque année dans un document appelé bilan ; il retrace en particulier ce que possède l'entreprise en immobilisations, en titres à long terme, en stocks ou en créances à court terme. Pour un ménage, le patrimoine peut comprendre des éléments très liquides (billets de banque, dépôts à vue ou à terme), des titres financiers (actions, obligations), des biens durables (tableaux, équipement ménager, automobile...), des immeubles et des terrains, et, surtout, le "capital humain" (c'est-à-dire soi-même, la valeur de son éducation, de ses diplômes ou de ses capacités). Le patrimoine ainsi entendu peut être source de revenus (intérêts, loyers, salaires...), ou peut rendre un certain nombre de services (déplacements, loisirs, logement...). La valeur du patrimoine doit s'apprécier de façon nette, c'est-à-dire par différence entre l'ensemble de ce que l'on possède (actif) et de ce que l'on doit (passif).

PAUVRETE

Etat d'une personne qui n'a pas suffisamment d'argent ou de moyens matériels pour subvenir à ses besoins. Cette définition de la pauvreté tirée du Petit Robert fait référence à des termes particulièrement ambiguës et subjectifs. En fait les économistes et sociologues retiennent plusieurs approches pour définir la pauvreté ainsi M.Glaude (1998), directeur des statistiques démographiques et sociales à l'INSEE, distingue-t-il : une approche en termes de revenu nominal ( ou monétaire selon les statisticiens de l'INSEE ou pauvreté relative); est pauvre toute personne dont le revenu nominal se situe à la moitié du revenu médian. Le coefficient de 50 % est purement arbitraire. Certains pays retiennent le chiffre de 60% du revenu médian d'autres 40 %. Le seuil de 50 % correspond en 1994 à environ 3800 F par mois pour une personne seule, 6800 F pour un couple avec un enfant, 7900 F pour un couple avec deux enfants . Au regard de cette définition , les pauvres représentent 10,4% des ménages ( il y a 23 , 156 millions de ménages en France) soit 5,5millions de personnes dont 1,1 millions d'enfants de moins de 14 ans. Une approche en termes de revenu réel ( dite d'existence selon les mêmes statisticiens ou pauvreté absolue); est pauvre toute personne qui ne peut consommer faute de moyens un certain nombre de biens d'usage ordinaire ou de consommation de base (biens de nécessité). Cette définition est tout aussi arbitraire que la précédente. En général les tenants de cette approche retiennent les biens correspondant à la consommation de plus de la moitié de la population ou jugée comme indispensable pour plus de la moitié des gens. Aux Etats Unis où une telle mesure est utilisée :est pauvre toute personne dont le revenu est égal à trois fois le coût minimal de la ration alimentaire nécessaire à chacun . On obtient pour une personne seule en 1997 la somme 682 dollars par mois (en 1994 il s'agissait de 629 dollars par mois) soit en parité de pouvoir d'achat le montant de 4450 F. Avec cette définition le Bureau of Census américain, l'équivalent de l'INSEE, recense 14% de pauvres dans la population ce qui fait 40 millions d'américains. ( ce chiffre de 14 % appliqué à la France monte le nombre de pauvres à 8, 4 millions ) Une approche en termes de satisfaction (dite subjective selon les statisticiens); est pauvre toute personne qui estime que son revenu donne un niveau de satisfaction inférieur au minimum qu'il juge nécessaire pour vivre. Si on applique cette définition à une population enquêtée et représentative de la population totale on trouve alors aux environs de 33% de pauvres! Une approche administrative; est pauvre toute personne bénéficiant d'une aide dont l'objectif est de lutter contre la pauvreté. En prenant les huit minima sociaux suivants : minimum vieillesse, invalidité, allocation aux handicapés, allocation de parent isolé, allocation de solidarité spécifique allocation d'insertion, allocation de veuvage et revenu minimum d'insertion on obtient en 1995 un chiffre de 3, 3 millions de ménages soit aux environs de 6 millions de personnes. L'approche administrative donne un chiffre supérieur à l'approche monétaire.

COMMENTAIRE Toutes ces approches sont arbitraires et présentent des limites fondamentales. Ainsi l'approche de la pauvreté en termes de revenu nominal mesure ce revenu pour une année (ou un revenu moyen pour une période de trois années) et par unité de consommation. Si ce dernier est équivalent à la moitié du revenu médian, le ménage est classé comme pauvre. Le statisticien va donc comptabiliser comme pauvres les ménages étudiants qui sont pourtant riches de leur revenu futur. Il va aussi comptabiliser les indépendants souvent à la tête d'un patrimoine important mais dont les revenus sont faibles. Il y avait en 1994 302 000 ménages étudiants (sur 363 000) comptabilisés comme pauvres et 203 000 ménages indépendants (sur 1, 672 millions) au dessous du seuil de pauvreté. Si on retire ces personnes de la définition de la pauvreté, on dénombre seulement 8% des ménages dans la pauvreté. . Autre contre sens lié à la définition, combien de temps reste-t-on en dessous du seuil de pauvreté 1 an , 2 ans ou toute la vie? Par exemple une fraction importante des ménages chômeurs est au seuil de pauvreté (en 1994 519 000 sur 1, 328 000). Mais les chômeurs ne restent pas toute leur vie au chômage. Ils sont dans cette situation de manière transitoire. Plus de la moitié d'entre eux ne sont plus au chômage au bout d'un an et demi. 500 000 chômeurs sont cependant comptabilisés en dessous du seuil de pauvreté. Si on les élimine à nouveau de la définition parce qu'ils ne sont pas pauvres de manière permanente, il ne resterait que 3,7% de personnes pauvres, soit un total de 860 000 personnes au lieu des 2, 4 millions recensés. Autre difficulté de cette définition : un pauvre aux Etats Unis dispose de 7547 dollars par an or le revenu moyen par tête en Turquie est de 3500 dollars, donc tous les turques quasiment seraient classés comme pauvres aux USA. Mais en Turquie par définition seul sont pauvres les ménages avec un revenu nominal inférieur ou égal à la moitié du revenu médian turque! La pauvreté est toute relative. Enfin, si l'on examine de près le niveau de vie de ces individus, en France ou aux Etats Unis, on est surpris de constater qu'une grande fraction d'entre eux disposent d'un confort matériel largement supérieur au français ou à l'américain moyen des années 1950. Une analyse économique plus serrée du phénomène complexe qu’est la pauvreté suggère que celle-ci résulte d’un processus cumulatif d’interventions dont l'objet consiste à rendre tolérable les méfaits d'une intervention antérieure à l'origine du chômage de file d’attente et de la dislocation de la famille , femmes divorcées avec enfants, les deux catégories de personnes qui font le gros de la troupe des « pauvres ».

Références : M.Glaude (1998) "La pauvreté, sa mesure et son évolution" Pauvreté et exclusion, Conseil d'Analyse Economique , La documentation française. B.Lemennicier et O.Maillard (1999) « Pauvreté, revenu minimum d’insertion et interventions publiques » Working Paper LEP Université de Paris II.

PERCEPTION

La perception est la première phase qui caractérise tout processus de décision. La perception est un processus de sélection spontanée, non calculée, qui s'effectue parmi le stock de connaissances dont dispose un individu en un moment donné. Ce processus de sélection a pour objet de réunir les connaissances dont l'individu va juger qu'elles sont pertinentes pour les besoins de la deuxième phase du processus de décision : l'évaluation. Tout processus de perception est donc subjectif.

PHYSIOCRATIE

Courant de pensée économique du XVIII° siècle qui juge que seul le travail de la terre est source de richesse et d’accroissement du dynamisme économique. L’objectif des physiocrates est donc de favoriser l’agriculture au détriment d’autres domaines d’activités. Mais les physiocrates ont surtout découvert le rôle de la liberté en matière économique et ils annoncent le libéralisme des classiques.

PLAN

A un niveau global : Le plan est un acte politique, essayant de résoudre de façon centralisée les 3 questions fondamentales de tout système économique. - que produire : le plan va fixer les objectifs de production ; en établissant la liste des biens et services à produire, il indique quels sont les besoins que le pouvoir politique considère comme prioritaires ; - comment produire : le plan détermine en particulier la dotation des entreprises en facteurs de production, les entreprises ne sont alors que de simples centres d'exécution ; - pour qui produire : le plan détermine la répartition des biens produits ou celle des revenus qui permettent d'acquérir ces biens.

Ce type de planification avait fonctionné, par exemple, en URSS depuis 1928 jusqu’à la fin des années 80 ; cependant, diverses réformes ont été tentées, en particulier pour décentraliser cette planification et associer les consommateurs aux décisions ; elles ont échoué, car dès que le consommateur devient libre de ses choix, le producteur doit pouvoir y répondre et c'est toute la planification qui, peu à peu, disparaît. La planification ne peut se décentraliser, sous peine de voir disparaître le plan. De même, dans quelques pays capitalistes, dont la France, il existait une certaine forme de planification, la planification indicative. Sous les gouvernements « libéraux », on pouvait considérer qu'il s'agissait surtout d'un héritage de la situation économique et politique de l'après guerre. Cette planification "légère" n'avait guère de sens, si ce n'est à deux niveaux : fournir, en concurrence avec d'autres, des informations économiques ; servir à l'Etat pour mettre un peu d'ordre dans ses propres affaires. Pour le reste, la planification en économie de marché ne peut être que largement "décorative"; si elle a force de loi, elle se substitue alors aux agents économiques décentralisés, et l'on change de système économique. On remarquera d'ailleurs que les économies de marché (Allemagne, Japon, Grande Bretagne ou Etats-Unis) se sont passées fort bien de toute planification.

Dans une autre optique politique, au contraire, celle des socialistes par exemple, le plan prend une toute autre dimension. D'indicatif ou incitatif, il devient contraignant. Il suppose un fort service public et une étatisation financière. Mais les résultats de la planification dans les pays de l'Est ont été si catastrophiques que les dirigeants de ces pays ont commencé à abandonner peu à peu le plan, avant que les peuples et leurs économies ne se libèrent, pour entamer leur transition vers le marché.

A un niveau décentralisé : Si une économie de marché ne peut supporter l'existence d'un plan centralisé, elle doit au contraire comporter une multitude de plans individuels ; les agents décentralisés (ménages, entreprises) doivent chercher à inscrire leurs décisions dans la durée, à prévoir à moyen et long terme leurs opérations d'épargne ou d'investissement, pour qu'une telle économie fonctionne correctement. Il va alors de soi que la coordination entre ces millions de plans individuels ne peut se faire de façon rigide (plan centralisé) mais seulement par un mécanisme souple (le marché) qui permet à tout d'arbitrer entre des intérêts opposés et de diffuser l'information.

PLANIFICATION

La planification est caractéristique d’un système économique centralisé dans lequel les autorités étatiques fixent arbitrairement et coercitivement la nature et le niveau de l’offre ainsi que les prix. La planification est la négation de l’économie de marché et de son système de régulation spontanée de l’activité économique par un système de prix libres. Ce refus du système de prix conduit la planification à l’échec car le centre de décision ne parvient pas à gérer la multitude d’informations disponibles et donc à déterminer un vecteur de prix optimal pour l’ensemble des marchés. Il en résulte des pénuries et une piètre qualité des productions. En outre, la rémunération des agents économique n’étant pas corrélée à leur performance, il devient impossible de les inciter à l’effort.

PLEIN EMPLOI

La notion de plein emploi, qui devrait s'appliquer théoriquement à l'ensemble des facteurs de production (travail et capital) est en général utilisée pour le seul facteur travail. Il s'agit d'une situation dans laquelle le facteur travail est utilisé le mieux possible et dans laquelle le chômage n'est plus dû qu'aux seuls changements entre branches, c'est-à-dire frictionnel ce chômage frictionnel signifie que le plein emploi ne peut évidemment jamais être de 100 %). Les difficultés surgissent lorsque l'on glisse de cette notion à celle de politique de plein emploi; il s'agit alors des politiques (dominantes il y a encore quelques années) considérant d'une part, que le plein emploi doit être le seul objectif de toute politique économique, d'autre part, que l'on ne peut atteindre cet objectif qu'à l'aide d'une politique économique bien précise, inspirée des idées économiques de Lord KEYNES. C'est la politique de relance permanente, le soutien continuel de l'activité, de façon artificielle, par des déficits budgétaires massifs ou par un laxisme monétaire. Cette politique de plein emploi est alors illusoire, car de telles méthodes n'ont jamais durablement diminué le chômage qui, à long terme, est tout à fait indépendant de ces manipulations conjoncturelles. Cette politique est dangereuse car elle ajoute aux difficultés de l 'emploi celles de l'inflation, créant ainsi la stagflation. Cette nocivité des politiques dites de plein emploi est désormais largement reconnue ; si l'on souhaite diminuer le chômage, on sait que cela ne se fera pas en manipulant la conjoncture, mais par une plus grande mobilité du travail et par un retour à un véritable marché du travail.

PLUS-VALUE

La notion de plus-value appartient à la théorie marxiste. D'après cette thèse, toute marchandise est payée à son coût de production ; le travail n'échappe pas à cette règle et il est donc payé à son coût de production, c'est-à-dire ici de reproduction: il s'agit du minimum vital assurant seulement la survie du travailleur et lui permettant de se perpétuer dans ses enfants. Il va alors exister une différence entre la valeur de la production réalisée par les travailleurs et le coût de production des travailleurs (c'est-à-dire le salaire) : cette différence constitue la plus-value, fruit du travail du salarié, et que le capitaliste s'approprie. Cette thèse se heurte à des objections théoriques et pratiques : - sur le plan théorique, il est insoutenable d'affirmer que le prix d'une marchandise ne dépend que de son coût de production. Tout prix (y compris le salaire) est le résultat de la rencontre d'une offre et d'une demande et indique les raretés relatives ; le coût de production influence naturellement l'offre mais ne fixe pas le prix. - sur le plan pratique, la thèse du salaire payé au minimum vital, c'est-à-dire au minimum alimentaire, ne résiste pas à l'analyse de la réalité économique et sociale de notre temps et à l’évidente progression du pouvoir d’achat des salaires en longue période. La notion de plus-value, au sens courant du terme, est plus vague et contient tous les enrichissements sans cause apparente, sans effort, par exemple l'augmentation de valeur d'un terrain, indépendamment des actions de son propriétaire.

POLITIQUE ECONOMIQUE

Ensemble des interventions des pouvoirs publics (interventionnisme étatique) dans le domaine économique et social, caractérisé par des objectifs à atteindre et des instruments pour les réaliser (politique budgétaire et politique monétaire).

POPULATION ACTIVE

La population active regroupe l'ensemble des personnes qui entendent exercer une activité professionnelle, c'est-à-dire qui occupent un emploi (salarié ou non) ou qui sont à la recherche d'un emploi (les chômeurs). Il est possible de comparer population active et population totale ; le rapport des deux donne le taux d'activité. On observe qu'en France, pendant longtemps, du début du siècle aux années 60, le nombre d'actifs a assez peu varié, tandis que la population totale augmentait : dans ces conditions le taux d'activité n'a cessé de diminuer; la charge reposant sur les actifs est plus lourde. Ce n'est que dans la période récente que la population active a augmenté de façon plus substantielle, sous l'effet des conditions démographiques (faibles départs à la retraite des classes creuses ; arrivée de nombreux jeunes des fortes classes de la fin des années 50 et 60) et sous l'effet de l'évolution du travail féminin, en hausse sensible. Cette hausse de la population active arrive à son terme avec l’arrivée des nouvelles classes creuses sur le marché du travail et, bientôt, l’arrivée à l’âge de la retraite des classes nombreuses.

POSITIVISME

1.Position philosophique d'Auguste Comte pour qui le développement d'une société passe par trois stades : théologique ou religieux, métaphysique ou abstrait, scientifique ou positif (stade suprême). Dans ce dernier stade la tâche du scientifique est d'établir une connaissance des faits.

  1. Le positivisme moderne pose le critère de vérifiabilité des énoncés qui n'ont un sens que si l'on peut vérifier empiriquement leur contenu.

  2. Bien qu’il ne propose pas un critère de sens mais un critère de démarcation, certains considèrent que Popper est un positiviste avec la notion de falsifiabilité : on ne peut que réfuter des énoncés, jamais les vérifier.

Dans ces trois options, le positivisme, par son rejet de la métaphysique et de l'idée de vérité, débouche nécessairement sur le relativisme.

POUVOIR D ACHAT

En soi, l'expression "pouvoir d'achat" est ambiguë. Il faut savoir si l'on parle de pouvoir d'achat de la monnaie ou du pouvoir d'achat d'un revenu.

Pouvoir d'achat de la monnaie : quantité de biens ou de services qu'on peut acheter avec une unité de la monnaie considérée : pouvoir d'achat du franc, de l’Euro ou du dollar. Le pouvoir d'achat de la monnaie diminue quand le niveau général des prix augmente. Lorsqu'elle perd de sa valeur, une monnaie a une moindre équivalence réelle (en biens et services) ; il en faut plus pour se procurer les mêmes produits : les prix des produits, exprimés en monnaie, augmentent.

Pouvoir d'achat d'un revenu : quantité de biens ou de services qu'on peut acheter grâce à ce revenu en un moment donné. On parle, par exemple, du pouvoir d'achat du salaire mensuel, ou encore du pouvoir d'achat d'une heure de travail (salaire horaire) ou enfin du pouvoir d'achat des prestations sociales reçues par une famille ayant trois enfants. Ainsi conçu, le pouvoir d'achat dépend à la fois de l'évolution des prix et de celle des revenus considérés. C'est ainsi que si les salaires augmentent plus vite que les prix, le pouvoir d'achat des salaires va augmenter. Inversement, une parfaite stabilité des prix peut marquer une perte de pouvoir d'achat des revenus, si les revenus baissent. En France, on a assisté pendant des années à une baisse sensible du pouvoir d'achat du franc, mais cette inflation n'avait pas empêché une hausse du pouvoir d'achat des revenus plus ou moins importante. Naturellement, on observera des divergences suivant les périodes, les branches professionnelles ou le statut (professions salariées ou non salariées), et aussi suivant que l'on s'intéresse aux seuls revenus salariaux ou à l'ensemble des revenus d'un ménage (y compris les prestations sociales.

PREFERENCE

Hiérarchisation des goûts et des besoins individuels comme moteur de l’action humaine. L’individu a des préférences subjectives. Elles servent d’instrument à l’individu pour atteindre ses objectifs, son intérêt personnel, et varient d’une personne à l’autre.

PRELEVEMENTS OBLIGATOIRES

Ensemble des prélèvements des administrations publiques aux quels les agents économiques ne peuvent échapper. Il s'agit, pour l'essentiel, des impôts et des cotisations sociales.

En France, les prélèvements obligatoires n'ont cessé d'augmenter, surtout sous l'influence des cotisations sociales. Globalement, ils dépassent aujourd'hui les 50 % du revenu national, ce qui veut dire que plus de la moitié des revenus transitent par des organismes étatiques ou para-étatiques. En pourcentage du P.I.B. (produit intérieur brut) ces prélèvements obligatoires atteignent en France plus de 45 %, ce qui nous met dans le peloton de tête pour la part des prélèvements (très loin devant le Japon et les Etats-Unis, mais aussi devant l'Allemagne Fédérale ou la Grande-Bretagne et la plupart de nos partenaires économiques). Il est clair qu'avec de tels niveaux de prélèvements, c'est toute l'efficacité de l'appareil productif lui-même qui est remise en cause, comme le montre bien la courbe de LAFFER ou l'analyse économique de l'offre. En outre, au-delà d'un certain seuil de prélèvements obligatoires, on peut légitimement s'interroger sur la nature du système économique dans lequel on se situe. La réduction des prélèvements obligatoires est devenue, dans ces conditions, l'une des priorités absolues, si l'on ne veut pas assister à la disparition de l'efficacité et des libertés économiques.

PRESTATIONS SOCIALES

Les prestations sociales constituent des revenus de transfert effectués au profit des ménages par les entreprises et les administrations. Pour les entreprises, il peut s'agir de suppléments versés aux salariés par leurs employeurs et complétant des allocations versées par les administrations (pour le logement par exemple). L'essentiel des prestations sociales est versé par les administrations, surtout par la Sécurité Sociale. Il s'agit aussi bien des prestations maladie, maternité, décès, que des indemnités accidents du travail, des prestations familiales (allocations familiales, loge ment,...), retraites, prestations chômage. Elles sont naturellement financées par des cotisations sociales. Ces prestations sociales constituent une part très importante du revenu, surtout pour certaines catégories socio-professionnelles, plus du tiers en moyenne. C'est dire que les discussions sur les écarts de revenus doivent en tenir compte, car l’écart entre groupes sociaux après redistribution est beaucoup plus faible qu’avant redistribution (revenus primaires).

Toute discussion sur les « inégalités » à partir des seuls revenus primaires n'a donc, en raison de cette redistribution, guère de signification. On peut s'interroger enfin sur les limites de cette redistribution. Comme pour la fiscalité, il faut faire comprendre au public que les dépenses publiques imposent des prélèvements obligatoires équivalents. Les deniers publics sont en fait les nôtres et toute dépense publique se traduit par une hausse des prélèvements. D'autre part, une politique excessive de redistribution ne peut que nuire à l'efficacité d'un système économique et donc diminuer finalement le niveau de vie de chacun. Pour mieux vouloir partager le gâteau, on risque d'en réduire la taille.

PREVISION

Représentation en aval de ce qui peut arriver à l’aide de modèles scientifiques fondés sur des conjectures. Les prévisions économiques sont souvent inexactes, car les comportements humains ne sont pas mécaniques.

PRIVATISATION

Opération qui tend à rendre à la propriété privée et au marché des activités et des entreprises publiques. La privatisation est le symétrique de la nationalisation. Elle s'est développée du jour où on a mesuré l'imperfection et la charge financière du secteur public.

Les privatisations ont d'abord concerné un certain nombre de service municipaux aux Etats-Unis dès les années 60 : enlèvement des ordures ménagères, transports urbains, installations sportives, voiries, pompiers, etc. Elles ont pris ensuite la forme de "dénationalisations" : en Angleterre de façon systématique, puis dans les autres pays développés, dans le tiers monde ensuite, dans les anciens pays socialistes en transition vers le marché, enfin. En France la privatisation a été la doctrine du gouvernement entre 1986 et 1988, puis un coup d'arrêt a été donné avec le principe du "ni-ni" (ni privatisation nouvelle, ni nationalisation nouvelle) jusqu’en 1993, où des privatisations ont repris, mais avec timidité et sans toucher aux monopoles publics. Les vertus de la privatisation sont celles de la propriété privée : mise en responsabilité des dirigeants et du personnel, mise en concurrence des entreprises, abolition des privilèges, des subventions et des protections. En passant du public au privé, les mêmes entreprises retrouvent bien entendu le chemin de l'équilibre financier et de la compétitivité, et les finances publiques sont soulagées d'autant.

Les modalités de la privatisation sont cependant très diverses. La principale question est celle de la dévolution et du prix des nouveaux droits de propriété. La réponse est variable. Il y a la réponse du marché à 100% qui consiste à vendre les actifs possédés par les entreprises aux enchères, ou en pratiquant une introduction en Bourse, et à laisser ensuite les nouveaux actionnaires choisir les dirigeants. Il y a la réponse qui consiste à réserver les droits de l'Etat : "golden share" en Angleterre (l'Etat a un droit de veto dans les sociétés privatisées), "noyaux durs" en France (l'Etat choisit les futurs administrateurs). Il y a aussi possibilité de transmettre une part des actions au personnel, soit gratuitement, soit à des conditions plus avantageuses ; ainsi en France, une grande partie des actions proposées aux salariés ont été effectivement acquises par eux. L'expérience montre que les épargnants montrent un très grand intérêt pour les privatisations, parce qu'ils se doutent que le passage au privé s'accompagnera de substantiels progrès et donnera une plus-value aux actions, à condition qu’on leur laisse une vraie liberté de choix, au lieu de désigner à l’avance les futurs dirigeants.

PRIX

Le prix est l'un des indicateurs essentiels dans une économie de marché. Il indique, en effet, les raretés relatives des produits, telles qu'elles résultent de la confrontation de l'offre et de la demande. C'est ainsi qu'un produit à faible offre et à forte demande verra son prix augmenter, indiquant l'existence d'une rareté relative. En outre, le prix constitue un élément incitatif pour les entreprises : elles vont chercher à produire des biens dont les prix s'élèvent (parce que fortement demandés). Cela va augmenter une offre jusque là trop faible. A l'inverse, les entreprises vont réduire la production de biens dont les prix baissent, dont les consommateurs veulent moins. Ainsi, l'échelle des prix relatifs (prix des produits comparés les uns aux autres) sera le reflet des préférences des acheteurs et des possibilités des vendeurs. Mais si, pour une raison quelconque, les prix ne sont plus libres, ils deviennent des "faux prix". C'est le cas des prix administrés, fixés par les pouvoirs publics, mais aussi des prix imposés, c'est-à-dire fixés par le seul producteur lorsque la concurrence ne joue pas. Alors, non seulement les prix ne seront plus la traduction des préférences des consommateurs et des raretés relatives, mais encore le principal mécanisme rééquilibrant des économies de marchés ne jouera plus ; une surproduction ou une pénurie peut apparaître : rien ne la résorbera. C'est ainsi que la fixation à un niveau artificiellement élevé des prix des produits agricoles en Europe dans la Politique Agricole Commune provoque régulièrement des excédents, tandis que le blocage des loyers pendant des années a provoqué la crise du logement ou que la fixation d'un salaire minimum trop élevé est un facteur de chômage. C'est pour cela que la liberté des prix est essentielle et que la concurrence est indispensable pour assurer la "vérité des prix". Même certaines économies planifiées avaient été amenées à recréer des secteurs aux prix libres dans le but de connaître les préférences des consommateurs, le prix ayant un rôle d'information essentiel. Enfin, pour que les prix jouent bien leur rôle d'indicateur, il faut que leur expression en monnaie (prix absolus) ne soit pas rendue sans signification par l'inflation. Si l'étalon de mesure des prix devient lui-même déréglé, toutes les mesures sont inexactes et les prix n'ont plus de sens. L'économie de marché, qui exige des prix libres, doit aussi avoir une monnaie stable.

PRODUCTIVITE

D'une manière générale, la productivité indique le rapport qui existe entre les résultats que l'on obtient et les efforts qui ont été nécessaires pour obtenir ces résultats. C'est ainsi que l'on peut exprimer la productivité en termes physiques (en tonnes/heures par exemple) ou en termes monétaires (tenant compte de la valeur et du coût), pour chaque facteur de production (productivité du travail par exemple) ou de façon globale, en moyenne ou de façon marginale pour calculer la productivité d'une production supplémentaire. L'augmentation de la productivité est essentielle, car elle permet, à partir des mêmes facteurs de production de produire plus, ou différemment. Elle est ainsi source de croissance et d'augmentation du niveau de vie. Un gain de productivité permet encore de produire une même quantité à partir d'une quantité plus faible de facteurs de production ("économies" d'énergie, de matières premières, de main-d'oeuvre, etc.). La question qui se pose est de savoir à qui doivent aller les gains de productivité. Tout naturellement on pense à ceux qui ont apporté ces facteurs de production : travail (hausse de salaires), capital (hausse de l'intérêt), entreprise (hausse des profits, hausse de l'auto financement). Mais, dans une économie de marché et de concurrence, le consommateur peut, lui aussi, bénéficier des gains de productivité sous forme de baisse de prix. C'est d'ailleurs la seule méthode qui permette de diffuser à tous cet avantage. En quelque sorte la concurrence "socialise" le progrès économique.

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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1341 du 15 novembre 2017

Editorial : La voix de son maître
Actualité
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Y = C+I+ [X-M]  - Refondation sur un socle boîteux  - Que se passe-t-il à Riyad ? - Merkel-Macron : front commun à la COP 23
Connaissance du libéralisme :
La transmission de la propriété
Lu pour Vous :
La tyrannie de la redistribution


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