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Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Lettre hebdomadaire (40 numéros) qui est dans sa 31ème année : c’est le commentaire libéral de l’actualité économique, sociale et politique, en toute indépendance. C’est aussi une source d’information sur les idées de la liberté dans le monde entier. Editorial de Jacques Garello, chronique de conjoncture de Jean Yves Naudet, rubriques d’actualité, revue des livres, dossiers.

8 pages, Abonnement électronique (format pdf) 40 € (40 numéros par an)

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Portait

Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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L'Abécédaire...

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Terme Définition
S.M.I.C.

Le S.M.I.C. (Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance), qui a remplacé le S.M.I.G. (Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti) en 1969, constitue un salaire minimum, fixé, au niveau national, par les pouvoirs publics, et s'impose à l'ensemble des activités économiques. Le S.M.I.C. est indexé sur l'indice des prix, comportant donc une garantie de maintien du pouvoir d'achat. Mais la politique des pouvoirs publics consiste à augmenter chaque année le S.M.I.C. plus rapidement que les autres salaires.

Du point de vue économique, le S.M.I.C. doit s'analyser comme un prix bloqué, et donc comme un facteur déséquilibrant sur le marché du travail : un S.M.I.C. élevé encourage les demandes d'emploi et décourage les offres d'emploi (et cela d'autant plus que les charges sociales pour l'employeur augmentent en même temps) : cela se traduit alors par un chômage plus élevé. Vouloir garantir un salaire minimum, identique pour toutes les régions et branches, est un facteur de rigidité, de déséquilibre et de chômage, et va à l'encontre des intérêts de ceux que l'on prétend protéger. Si la nation souhaite assurer aux ménages les plus mal lotis des conditions de vie décentes, la solution consiste à leur garantir un revenu familial minimum versé sous forme de prestations financées par l'impôt. On peut aider les personnes, on ne doit jamais intervenir dans le mécanisme des prix.

SALAIRE

Le salaire représente la rémunération du facteur travail. Comme l'intérêt, rémunération du capital, mais à la différence du profit, rémunération de l'entreprise, le salaire est un revenu fixe et contractuel. Les salaires, contrairement à une confusion courante, sont loin de constituer la totalité des revenus des salariés, qui peuvent aussi percevoir des revenus d'autres facteurs de production et qui perçoivent des prestations sociales. Si le salaire est un revenu, il est aussi un prix : le prix du travail. Comme tout prix, le salaire se fixe sur un marché : le marché du travail. Mais ce marché est loin d'être parfaitement concurrentiel. L'Etat y joue un rôle important, ne serait-ce qu'en fixant un salaire minimum, qui produit les mêmes effets qu'un blocage des prix, et crée du chômage. En outre, les syndicats, surtout lorsqu'ils ont une position monopolistique, rendent ce marché peu concurrentiel. Enfin, le marché du travail est loin de constituer un tout homogène. Toutes ces imperfections et interventions administratives contribuent à expliquer les déséquilibres visibles sur le marché du travail. Il semblerait cependant qu'à long terme le niveau de salaire ne saurait s'écarter durablement de la valeur de la productivité marginale du travail considéré.

SCIENCE ECONOMIQUE

L'économie concerne l'ensemble des principes d'organisation permettant de vaincre la rareté. Elle est donc caractérisée par une succession de choix à effectuer, que ce soit dans le domaine marchand ou dans le domaine non marchand et par la nécessité de coordonner les diverses décisions. L'économie est en outre une science. Il est déjà évident, puisque l'économie s'intéresse aux situations de raretés, qu'il faut effectuer les divers choix nécessaires de la façon la plus rationnelle possible et que l'on peut rechercher quelle est la solution optimale à un problème de rareté quelconque (concernant le producteur ou le consommateur). L'économie devient aussi une science du comportement et explique les phénomènes sociaux à partir des décisions sous contraintes. L'économie est également une science parce qu'elle est susceptible de confrontation avec la réalité empirique : quand on affirme, on doit pouvoir constater la validité de cette affirmation ; on doit observer des régularités de comportement, des lois économiques. Mais la science économique demeure une science humaine, dans laquelle l'expérimentation est plus difficile que dans les sciences physiques. Ce n'est pas cependant parce que la science économique a des caractéristiques spécifiques, qu'elle n'est pas une science ; les difficultés que l'on observe parfois viennent souvent d'utilisations abusives de l'économie à des fins idéologiques.

SECTEUR PUBLIC

Ensemble réunissant les entreprises dont le capital appartient en proportion majoritaire ou intégralement à l'Etat, à des organismes publics ou assimilés. Ces entreprises peuvent avoir pour objet la production de biens considérés (le plus souvent à tort) comme "publics", mais elles peuvent opérer aussi dans le secteur concurrentiel, c'est-à-dire où fonctionnent déjà ou pourraient fonctionner des entreprises privées (banques, assurances, transports, télécommunications, poste, télévision etc.). Les « monopoles » publics n’ont cette caractéristique que parce que la loi interdit artificiellement toute libre entrée sur ce marché.

SECURITE SOCIALE

Système créé en 1945 et reposant au départ sur le principe de l'assurance, et qui s'est peu à peu transformé en instrument de redistribution des revenus. La Sécurité Sociale comporte trois éléments essentiels: -le régime d'assurance maladie, qui a peu à peu pris en charge la quasi-totalité des dépenses de santé, limitant progressivement le ticket modérateur assumé par le malade lui-même, et organisant un système de quasi-gratuité des soins; -le régime vieillesse, qui s'est organisé sur la base d'un système de retraites par répartition (les actifs du moment payant pour les retraités du même moment). Ce système est très sensible aux évolutions démographiques et ne résistera pas au passage des classes creuses à l'âge actif et à celui des classes pleines à l'âge de la retraite; -le régime familial, qui vise à organiser une redistribution des revenus des célibataires ou personnes sans enfants vers les couples avec enfants. Mais, ici encore, le système a été détourné de son esprit, puisque, en dehors des allocations familiales (et encore ce point a été un temps remis en cause), la plupart des autres prestations sont soumises à des conditions de ressources, transformant la « politique familiale » en simple « politique sociale ».

La Sécurité Sociale est menacée de disparition, car c'est un système qui ne comporte en lui-même aucun effet régulateur, aucun frein aux dépenses (par exemple en matière de santé), ce qui fait que les déficits sont permanents (excès des prestations sur les cotisations). Pour résorber les déficits, on oscille entre la hausse des cotisations (qui atteignent déjà plus de 20 % du P.I.B.) et la réduction des prestations, par le rationnement des dépenses. La tare essentielle du système vient d'une irresponsabilité généralisée, doublée de tous les défauts du monopole public. C'est pour quoi, il devient impératif de supprimer le monopole de la Sécurité Sociale, pour ouvrir la porte à des systèmes plus souples d'assurances (volontaires, mutualistes ou privés), comportant, comme pour l'assurance automobile, la possibilité de choisir plusieurs clauses suivant les risques que l'on veut couvrir et les modalités de cette couverture. La concurrence, la responsabilité et la décentralisation doivent remplacer le monopole, l'irresponsabilité et la centralisation de l'actuelle Sécurité Sociale.

SERVICE

C'est le sens courant d'une action accomplie par un individu à l'avantage d'un autre. On distingue assez souvent les "services" des "biens", et l'on dit alors que les produits sont faits tantôt de biens matériels (qui ont une consistance physique, que l'on peu voir, toucher, peser etc.) tantôt de services immatériels. On dit encore qu'après l'ère industrielle nous sommes entrés dans l'ère des services. A vrai dire, la distinction entre le matériel et l'immatériel est ambiguë car il y a de l'immatériel dans la plupart des "biens" : dans le prix d'une automobile, le coût des bureaux d'études, des designers, des publicitaires, des vendeurs, des banquiers, des assureurs, est bien plus élevé que celui de la tôle ou des matières plastiques. D'autre part, le concept de service tend à supplanter aujourd'hui ceux de "bien" ou de "produit". En effet, comme l'a montré Gary Becker, ce que nous désirons et ce que nous consommons ce ne sont pas des produits (automobile, réfrigérateur, école), mais les services que nous rendent ces produits : transport, froid, connaissance. On insiste donc sur la satisfaction recherchée à travers la consommation, et non pas sur la consommation elle-même ; ce que visiblement n'ont pas compris les adversaires de la "société de consommation". On ne produit ni ne consomme pour le plaisir de produire ou consommer, mais pour offrir ou obtenir des services. Dans une économie de marché, la règle veut que l'on puisse obtenir les services souhaités qu'en rendant des services aux autres ; on peut ainsi reformuler la "loi des débouchés" de Jean Baptiste Say en disant que "les services s'échangent contre les services". Cette présentation met l'accent sur la nécessaire interdépendance des individus dans une société marchande.

SERVICES PUBLICS

Les services publics sont des services non marchands, payés par l'impôt. Les administrations qui rendent les services publics ne sauraient se confondre avec "le secteur public" tel qu'il existe à un moment donné: EDF est une entreprise publique, mais l'électricité n'est pas pour autant un produit non marchand. De même, la confusion entre biens collectifs et services publics est courante; or, un bien collectif (c'est-à-dire un bien dont la consommation par un individu ne prive pas les autres) peut parfaitement être marchand et privatisé, (c'est le cas des théâtres ou cinémas) ou être exploité par des groupes autres que les services publics. La notion de service public est donc floue et elle est souvent le prétexte d'une extension de l'intervention étatique.

SOCIAL DEMOCRATIE

Socialisme allemand, de tendance réformiste par extension socialisme réformiste (Petit Robert). La social-démocratie veut étendre les principes de la démocratie à la sphère privée (entreprises et familles) pour réduire la prétendue inégalité de pouvoir entre patrons et salariés ou entre hommes et femmes, adultes et enfants... L'exemple le plus élaboré de social-démocratie est le modèle suédois.

SOCIALISME

Ensemble de doctrines préconisant une appropriation collective des moyens de production. Parmi les nombreuses variantes du socialisme, on distingue le socialisme utopique du socialisme scientifique. Les socialistes utopiques, présents surtout en France au XIXème siècle, préconisent des communautés idéales et irréelles, comme le Phalanstère de Fourier, ou souhaitent une société gouvernée par des élites comme la Société de savants et d'industriels de Saint- Simon. Le socialisme scientifique, ou marxisme, repose sur une méthode se réclamant de la science : le matérialisme historique et dialectique. L'évolution des sociétés ne peut s'expliquer que par la lutte des classes qui, elle-même, provient des contradictions qui existent entre l'infrastructure économique, qui évolue sous l'effet des techniques, et les superstructures mentales et institutionnelles, qui reflètent la domination d'une classe. L'évolution des sociétés dans le "sens de l'histoire" a donc un caractère inéluctable. Le capitalisme est fatalement condamné à disparaître, en raison de ses contradictions, et doit lui succéder un nouveau système dominé par la classe ouvrière. La phase transitoire de dictature du prolétariat est une phase de socialisme, qui précède la phase finale ou communisme, qui doit voir apparaître une société d'abondance, ("à chacun selon ses besoins"), dans laquelle l'Etat va dépérir de lui-même, puisqu'il n'aura plus de besoin d'être, les contradictions entre classes ayant disparu. On peut se borner à faire deux remarques ; d'une part, le caractère matérialiste et fataliste du marxisme s'oppose à toutes les philosophies croyant à un libre-arbitre de l'homme, à toutes les formes d’humanisme et à toutes les religions spirituelles. D'autre part, toutes les "lois" mises en évidence par le marxisme, depuis la paupérisation du prolétariat jusqu'à la baisse tendancielle du taux de profit en passant par le salaire fixé spontanément au minimum vital, ont été démenties par l'évolution de nos sociétés capitalistes, tandis que les systèmes socialistes évoluaient à l'inverse de ce qu'indique le marxisme, par exemple en renforçant toujours plus le rôle de l'Etat, et en prenant le chemin de la pénurie plutôt que de l'abondance. L'échec des pays socialistes marxistes, évident depuis les événements de l989 et la chute du mur de Berlin, et depuis la transition de ces pays vers le marché, pousse les partisans du socialisme à chercher d'autres formes de socialisme "à visage humain". Mais ces formes atténuées de socialisme ne résolvent pas le dilemme centralisation- liberté. Elles gardent le côté le plus caractéristique du socialisme : la soumission des choix individuels à "l'intérêt social collectif", tel que le définissent les dirigeants politiques, et portent donc en germe une dynamique de négation des droits individuels, voire de totalitarisme.

SOCIETE

Au sens de la philosophie politique, la société naît de l'action humaine concertée, de la coopération. Elle est le résultat imprévu d'un comportement conscient et intentionnel. Cela ne veut pas dire pour autant que les individus ont conclu des contrats en vertu desquels ils ont fondé la société humaine (contrat social). Les actions qui, continuellement, entraînent une coopération sociale ne visent à rien d'autre que la coopération et l'entraide avec les autres en vue d'atteindre des fins singulières définies. Le complexe total des relations mutuelles créées par de telles actions concertées est appelé la société. Par conséquent, la société n'a d'existence que dans les actions des hommes, elle n'est pas anthropomorphique (à l'image de l'homme), car elle n'est en rien un être doté de volonté et d'intérêts autonomes, comme le suggère l'approche "holiste".

Au sens juridique, la société est une "personne morale" constituée par contrat entre des entités individuelles ou collectives. Ce sont les "statuts" mis en place par les membres de la société, les associés ou sociétaires. Les formes juridiques des sociétés sont nombreuses ; on les classe souvent en sociétés de personnes (Sociétés en nom collectif, Commandites simples, SARL, Sociétés uninominales) et en sociétés de capitaux (Commandites par actions, Sociétés anonymes).

SOCIETE CIVILE

Ensemble des relations sociales qui s'organisent sur la base du contrat et de l'association volontaire entre personnes privées, à l'exclusion de toute intervention publique. Ainsi définie, la société civile se distingue de la société politique qui entend régler les rapports sociaux par les interventions et les arbitrages des pouvoirs publics. Tocqueville soulignait les bienfaits de la société civile pour assurer le progrès et la liberté des individus, tandis que la doctrine sociale de l’Eglise reprenait le même thème sous le terme plus traditionnel de « corps intermédiaires », voire, selon Jean Paul II, de « personnalité de la société ». Malheureusement, la société civile a été peu à peu détruite par "l'hégémonie politique", et la France en particulier est devenue un pays du "tout-Etat" : Etat Providence, prélèvements obligatoires et réglementations ont étouffé les communautés constituant la société civile. Mais, pour redonner vie à la société civile, il ne suffit pas de faire reculer l'Etat. Il faut aussi laisser se développer les communautés professionnelles, locales, culturelles, associatives, qui permettent aux individus de s'organiser entre eux pour régler des problèmes communs, voire même pour fournir des biens publics. A l'heure actuelle, ces communautés sont, elles aussi, soumises à la tutelle très étroite des pouvoirs politiques centraux. La société civile suppose de la part des citoyens la volonté et l'art de vivre ensemble. Sans cette recherche du bien commun, il est fatal que le pouvoir politique se présente en recours universel et que l'Etat Providence progresse.

SOLIDARITE

La solidarité se définit traditionnellement comme une dépendance mutuelle entre les hommes, qui fait que les uns ne peuvent être heureux et s'épanouir que si les autres le peuvent aussi. Avec l'intrusion croissante de l'Etat dans les affaires et rapports humains, la solidarité a perdu son sens originel d'obligation morale pour en faire une obligation légale de porter assistance aux autres suivant les modalités fixées par les gouvernants. Il s'agit donc de transferts sociaux involontaires, qui pervertissent le sens et les procédures de la vraie solidarité.

SOUVERAINETE

La souveraineté est la caractéristique d'un pouvoir politique absolu ; elle signifie que le pouvoir est sans partage, elle confère un monopole de la coercition et du droit à la personne ou l'organe qui la détient. Dans une société libre, la seule souveraineté qui existe est celle que chaque individu a sur lui-même, c'est-à-dire, sur sa propre personne et sa propriété. Dans une société libre, personne n'est "souverain" sur les actions des autres, mais il y a abandon de souveraineté dans la procédure d'échange volontaire.

SPECULATION

La spéculation consiste, pour un agent économique, à tirer profit du fait qu'il sait (ou croit savoir) mieux que le marché, mieux donc que les autres, ce que réserve l'avenir. En ce sens, la spéculation vient de ce que le monde économique est évidemment un monde d'incertitude et que l'on peut faire des paris sur le futur.

Tout agent économique est ainsi un spéculateur : le ménage qui consomme tout de suite parce qu'il pense que les prix vont encore monter fait un pari sur leur évolution. L'entreprise qui investit dans un secteur plutôt que dans un autre, fait un pari sur l'évolution de la demande. L'épargnant qui choisit tel titre plutôt que tel autre spécule en supposant la baisse du prix d'un titre et la hausse de l'autre. De même, pour le fait de conserver des devises (parce qu'on pense qu'elles vont s'apprécier) ou de chercher à s'en débarrasser dans le cas contraire. L'économie est par essence incertaine, donc spéculative. De plus, la spéculation a un effet rééquilibrant et atténue les à-coups de la vie économique. Car en se comportant aujourd'hui comme l'on devrait se comporter demain, on avance les événements, et on prépare l'économie à les assumer. Les spéculateurs ne créent pas les déséquilibres : ils les devancent. Ils assument des risques que certains ne veulent pas prendre (marchés à terme). Ils résorbent des écarts de prix injustifiés d’une place à l’autre (arbitrages). On comprend mal dans ces conditions, le procès fait aux "spéculateurs". Ce procès témoigne soit de l'ignorance de l'économie, qui pousse à imaginer un monde économique manipulé par des forces occultes, soit d'une confusion entre spéculateurs et escrocs. Les escrocs existent dans le domaine de la finance, du commerce et de l'industrie au même titre que ceux qui sévissent dans d'autres domaines (et en proportions comparables sans doute).

STAGFLATION

La stagflation est une situation caractérisée à la fois par une stagnation de la production (faible croissance économique, chômage élevé) et par une inflation (hausse des prix). Cette situation est relativement nouvelle et est apparue dans les années soixante. Elle est un démenti infligé aux politiques keynésiennes prétendant lutter contre le chômage par l'inflation et réciproquement (courbe de Phillips). On s'est interrogé sur les raisons de cette situation. Il semble certain qu'une large responsabilité incombe justement aux politiques d'inspiration keynésienne, les politiques conjoncturelles de relance et de freinage. Sous leur influence, les hommes politiques ont longtemps cru que l'on pouvait manipuler l'économie à sa guise, freinant en sur-emploi et en accélérant en sous-emploi. Cette politique a en fait aggravé les fluctuations de la conjoncture, faisant perdre à l'économie tout réflexe d'adaptation, introduisant une incertitude continuelle du fait de l'action des pouvoirs publics., aggravant l’inflation avec la relance et le chômage avec le freinage, d’où l’apparition de la stagflation. La lutte contre la stagflation passe à la fois par une stabilisation de la politique conjoncturelle (« stabiliser les politiques de stabilisation »), qui doit laisser la place à des politiques à moyen terme, et par le rétablissement de structures concurrentielles, qui sont seules à même de rétablir les équilibres automatiques du marché.

STOCK-OPTION (SYSTEME DE)

Le système de stock-option permet à une entreprise d'offrir à ses salariés (cadres et dirigeants en principe) l'option de souscrire ou d'acquérir des actions de la société, à un prix et dans un délai fixés d'avance et à des conditions avantageuses au lieu de percevoir un salaire plus élevé. C'est donc un salaire différé. Ce système, né aux Etats-Unis dans les années 50, n'a fait son apparition en France qu'en 1970 au travers de la loi 70-1322 du 31 décembre 1970 complétée par les lois 84-578 du 9 juillet 1984 et 87-416 du 17 juin 1987. Cependant, d'importantes modifications fiscales ont été apportées par les lois de finances de 1990 et de 1993 qui réduisent la portée des avantages fiscaux accordés à l'origine aux bénéficiaires de stock-options ; ceux-ci sont fortement ramenés au régime général d'imposition du salaire des cadres et des plus-values sur actions d'un actionnaire personne physique.

STRATEGIE

Terme utilisé dans la gestion des entreprises. La stratégie est un jeu permanent entre le potentiel de l'entreprise, plutôt figé, et l'environnement de l'entreprise, très changeant. Cette stratégie reste à un niveau assez général et ne doit pas être confondue avec le détail des décisions de mise en application. De plus, elle s'établit dans le cadre de la longue ou moyenne période : on ne la modifiera pas sans cesse. En effet, la gestion contemporaine des entreprises opère deux distinctions importantes : d'une part entre objectifs et moyens. Une entreprise doit se fixer des objectifs précis, par exemple un certain rendement des capitaux propres, ou encore une certaine part du marché, avant de rechercher comment réaliser ces objectifs. La deuxième distinction concerne les moyens ; il faut clairement juxtaposer plusieurs niveaux de décisions : les décisions stratégiques, qui, seules, remettent en cause l'orientation générale de l'entreprise (par exemple la décision de produire un nouveau modèle ou d'en retirer un de la fabrication) ; les décisions administratives (comme la réorganisation d'un service, par exemple le service commercial) ; enfin, les décision courantes ou opératoires, qui concernent les actions quotidiennes. La stratégie est arrêtée au plus haut niveau de décision dans l'entreprise.

STRUCTURES

Relations et proportions fondamentales qui caractérisent durablement un espace donné. Les structures démographiques, par exemple, permettent de caractériser une population: composition par âge ou par sexe, statut professionnel, situation matrimoniale, etc. Les structures de production se rapportent à la répartition de la production par branches et secteurs, à la répartition de la population active, à la taille des entreprises, au degré de concurrence ou de concentration... On oppose souvent le terme de structure à celui de conjoncture. La conjoncture, ou état de la situation d'un pays à un moment donné, est largement le reflet des structures économiques. Par exemple, les structures démographiques ont un impact sur l’évolution du chômage. De même, c’est largement pour des raisons structurelles (faibles exportations de biens d'équipement) que le commerce extérieur français a été longtemps en déficit. C'est pour des raisons structurelles (concurrence insuffisante, poids du secteur public) que l'on observe certaines rigidités au niveau des prix. Cependant, bien des difficultés des économies occidentales sont qualifiées à tort de structurelles alors qu'elles ne sont souvent que le reflet de réglementations administratives abusives et d'interventions étatiques excessives. Mais cela s'explique aussi par des structures politiques !

SUBJECTIVISME

Traditionnellement, le subjectivisme est un principe méthodologique qui est fondé sur le fait que les préférences varient d'un individu à un autre : tous n'ont pas les mêmes goûts ni les mêmes besoins, ni les mêmes perceptions ; par conséquent, la hiérarchisation des préférences diffère avec les personnes. Pour l'Ecole autrichienne d'économie, le subjectivisme est bien plus qu'un principe méthodologique, c'est toute une approche de l'action humaine. Il se rapporte au sens que chaque individu attache à ses actions. Le subjectivisme soutient que l'économiste sera incapable de donner une signification à l'action humaine s'il tente de la décrire sans faire référence à la division de la connaissance ni à la diversité des croyances.

SUBSIDIARITE

L'un des principes essentiels de la Doctrine Sociale de l'Eglise, défini en particulier par Pie XI dans Quadragesimo Anno (1931). Selon ce principe, qui s'applique dans le domaine économique, il n'est pas possible de faire faire par une communauté plus vaste ce qu'une communauté du "rang inférieur" peut réaliser par elle- même. Cela signifie, par exemple, qu'un Etat ne peut s'occuper de la production des biens et des services que l'entreprise - et le marché - sont capables de produire par eux-mêmes. D'un certain point de vue, ce principe donne de la société une vision hiérarchique, réservant aux communautés les plus vastes, les questions les plus importantes; en ce sens, ce principe hiérarchique est en partie opposé aux conceptions libérales, qui raisonnent plus en termes de complémentarités. Mais, d'un autre point de vue, si hiérarchie il y a, elle est en réalité inversée: le plus important, dans la doctrine sociale de l'Eglise, c'est la personne, puis les communautés "de base" de la société, à commencer par la famille. L'Etat n'est donc pas la communauté la plus importante et les communautés sont de toutes façons au service des personnes qui les composent. La subsidiarité est donc en réalité assez proche des principes libéraux, puisqu'il s'agit de laisser chacun faire ce dont il est capable, libre ment, et de ne réserver à l'Etat que les activités hors marché, c'est-à-dire en réalité peu de choses, comme l'analyse économique l'a démontré. Il faut cependant donner tout son sens à la subsidiarité, qui n’est pas une simple décentralisation au sein des organismes publics, mais qui doit rendre aux agents privés (et décentralisés) toute leur place. En ce sens, l’utilisation du terme de subsidiarité dans certains textes européens pour justifier de nouveaux transferts vers les organismes européens centraux relève d’un contre-sens total.

SYMPATHIE (PRINCIPE DE)

Notion de philosophie morale qui désigne la faculté et la capacité de l'homme à se mettre à la place d'autrui et à partager ses passions et sentiments quels qu'ils soient. Elle repose sur l'imagination et les sens de celui qui sympathise.

SYNDICAT

Association de personnes en vue de défendre des intérêts professionnels communs. Il existe des syndicats patronaux, des syndicats paysans, mais ce sont évidemment les syndicats de salariés qui tiennent la plus grande place dans la vie sociale et économique aujourd'hui. Le syndicalisme s'est développé suivant deux schémas : Le premier, politique, a donné le syndicalisme révolutionnaire. Il part du principe que le sort des salariés ne peut être amélioré dans le cadre de la société capitaliste. La Charte d'Amiens (1905) inspire en France ce type de syndicalisme, auquel se rattachent CGT, FO et CFDT. Le deuxième schéma syndical est économique, et consiste à obtenir sur le marché du travail des positions de force, et si possible des positions de monopole (closed shop) permettant de négocier des salaires et des conditions de travail plus avantageuses pour les salariés. Avec le temps, politique et économique se sont étroitement liés en France, alors qu'ils se séparaient plus nettement dans un grand nombre d'autres pays (Allemagne Fédérale, USA et Grande Bretagne). Les économistes doutent fortement de l'efficacité à long terme de l'action syndicale. Il existe en effet une loi assez stricte qui aligne le niveau des rémunérations (financières ou en nature) sur celui des productivités. Des syndicats peuvent obtenir temporairement et pour quelques activités des conditions plus avantageuses que celles qu'autoriserait la productivité; mais ce succès n'est qu'un transfert, au détriment d'autres salariés ou des consommateurs, et ne saurait durablement remettre en cause le niveau des rémunérations. Une autre source de scepticisme à l'égard du syndicalisme contemporain est l'analyse des conditions internes de fonctionne ment des syndicats. Les leaders syndicaux sont assimilables à des "dirigeants d'une entreprise non contrôlés". Les syndiqués n'ont pas vraiment le moyen de contrôler l'action des leaders. Ceux-ci procèdent donc par actions spectaculaires et de court terme qui leur permettent d'être facilement réélus sans sanction démocratique véritable. Les leaders syndicaux sont également davantage tournés vers le "marché politique" où ils obtiennent pouvoir et privilèges, que vers le marché du travail où ils se heurtent aux réalités économiques. Voilà pourquoi le rôle des syndicats est de plus en plus mal perçu dans l'opinion publique occidentale, et les privilèges syndicaux de plus en plus mal supportés. En France, le privilège qui consiste pour un petit nombre de syndicats (CGT, FO, CFDT, CFTC, CGC) à disposer du monopole de représentation et de négociation est particulièrement anachronique.

SYSTEME

Un système économique est un type d'organisation permettant de résoudre le problème de la rareté. Pour cela, un système doit répondre à trois questions essentielles : que produire, comment, pour qui ? Que produire : il s'agit de savoir qui fixe la liste des besoins à satisfaire, des biens à produire ; deux réponses sont possibles : une réponse centralisée, dans laquelle un organisme central fixera les objectifs, une réponse décentralisée, où chaque agent est libre de ses décisions et de ses choix et il est responsable de ses décisions. Comment produire : quels facteurs de production employer ? En quelle quantité ? Avec quel mode d'organisation des entreprises ? Ici encore, une réponse centralisée et une réponse décentralisée sont possibles. Pour qui produire ? Qui va répartir les biens produits ou les revenus donnant droit aux biens ? L'Etat, de façon centralisée, ou des mécanismes décentralisés, mettant en rapport les agents économiques qui échangent des facteurs de production ? Mais il ne suffit pas de répondre à ces trois questions ; il faut encore que les réponses soient cohérentes. Or, il n'y a de cohérence que si les réponses sont identiques aux trois questions, sinon le système ne peut fonctionner : De ce fait, il n'y a que deux systèmes économiques, le système centralisé, ou économie de plan, et le système décentralisé, ou économie de marché. Toutes les économies concrètes ou "régimes", découlent de ces deux systèmes, mais elles sont plus ou moins fidèles au système dont elles s'inspirent. L'ana lyse et l'expérience montrent que c'est sous leur forme la plus pure (c'est-à-dire la plus proche du système auquel ils se réfèrent) que les régimes sont les plus efficaces, alors que les systèmes mixtes sont instables et basculent vers le plan ou vers le marché. Depuis la chute du mur de Berlin et la transition vers le marché, il n’y a plus en fait qu’un seul système viable – et humainement acceptable – le marché, même si certains rêvent encore d’une illusoire troisième voie.

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Flashes du jour

Macron guérit des écrouelles

Emmanuel Macron en visite à la Faculté de Droit de Lille

 

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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1323 du 23 mai 2017


Editorial : Garder son sang froid

Conjoncture : Etat actionnaire : des privatisations en vue ?

Actualité  : Les Etats-Unis de retour au Moyen Orient

Spécial présidentielles  : Ce qui attendrait les Français après le 18 juin - La guerre du Code du Travail n’aura pas lieu - Hausse de la CSG : inefficace et injuste - Le programme des Républicains est-il attrayant ?

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