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Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Ce livret destiné à des militants libéraux avait deux objectifs : d’une part, rappeler le contenu du contrat que des candidats libéraux devraient passer avec les électeurs, d’autre part, imaginer deux scénarios de l’alternance : la gauche reconduite en 2002 et en 2007, mais devenue libérale, ou la droite au pouvoir en 2002 et pour longtemps. En fait, la droite a gagné en 2002, mais le scénario « Thatcher » n’a jamais fonctionné, et la gauche reprend le pouvoir en 2012 !

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Les produits s’échangent contre les produits

Cette formule est aujourd’hui connue sous le nom de « loi de Say ».

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L'Abécédaire...

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Terme Définition
RESSOURCE

Une ressource est une source d’offre de services et de biens (de consommation ou d’ordre plus élevé). La ressource suppose une connaissance de son utilisation comme moyen adéquat pour atteindre un objectif. Une chose dont nous ne savons pas nous servir n’est pas une ressource. Mais elle le deviendra peut-être. La ressource première est donc l’esprit humain, qui permet la découverte des liens de causalité entre les choses et des services qu’elles sont susceptibles de rendre.

RESULTAT

En comptabilité privée, le résultat est le solde du "compte de Résultat". Il peut être positif (solde créditeur) si les recettes (en crédit) dépassent les charges (en débit) ; il est négatif dans le cas contraire (solde débiteur). Ce résultat exprime l'aboutissement de l'activité de l'entreprise. L'ensemble des comptes n'est pas établi librement, mais obéit à des règles strictes définies dans un plan comptable.

RETRAITE

Période qui suit, au cours d'une vie, la phase d'activité professionnelle. Les systèmes modernes ont fixé, dans nos pays, deux principes : celui de l'âge de départ en retraite et celui d'une rémunération, assurée par un système de répartition, pour les retraités.

En ce qui concerne l'âge de la retraite, ce qui frappe le plus, c'est la volonté d'uniformiser les situations (comme en France avec le passage de l'âge de la retraite de 65 à 60 ans). On peut s'interroger sur ces pratiques, qui n'ont aucun sens pour des situations personnelles très diversifiées (type d'activité, niveau de revenu, santé de la personne, intérêt du travail, etc...). Il parait absurde, contraire aux libertés individuelles et, en même temps, antiéconomique de vouloir uniformiser des situations, par nature, très différentes.

La question de la rémunération est plus délicate. Peu à peu, les pays occidentaux ont mis en place des systèmes de retraite par répartition : ce sont les actifs du moment qui cotisent, non pour leur propre retraite, comme ils le pensent à tort, mais pour les retraités du moment. Ce système est très sensible à la répartition démographique entre actifs et inactifs. Il est donc destiné inévitablement à exploser lorsque ce rapport deviendra défavorable, c'est-à-dire lorsque les classes nombreuses arriveront à l'âge de la retraite (vers 2005-2010) tandis que les classes creuses arriveront sur le marché du travail. C'est dans cette perspective qu'ont été mis en place des systèmes de retraites complémentaires, qui reposent en général sur le principe de capitalisation, c'est-à-dire que chacun cotise pour lui-même, suivant un simple principe d'épargne à long terme. Mais, plus généralement, c'est tout le système qui est .menacé à terme. La question du passage généralisé à la capitalisation (y compris pour le régime de base) se pose donc. L'objection courante (peur de la dévalorisation de l'épargne à long terme face à l'inflation) n'est pas fondée, car il existe des systèmes d'indexation et, de toute façon l'inflation est un phénomène monétaire que l'Etat crée artificiellement. Mais, par contre, se pose la question de la transition d'un régime à un autre : une génération risque-t-elle d'être sacrifiée, puisqu'elle devrait payer deux fois ? Pour les autres, par la répartition, et pour elle-même, par la capitalisation. Cette génération risquerait de supporter une nouvelle fois les conséquences du "marché politique", qui ne s'intéresse qu'au court terme (en fonction des échéances électorales immédiates) et néglige les questions à plus long terme; mais plus on retardera la solution du problème, plus il deviendra insoluble et explosif. En outre, de nombreux exemples étrangers montrent qu’il existe des techniques de passage à la capitalisation acceptables pour tous, pourvu qu’on veuille bien ne pas avoir de blocages étatiques et idéologiques (refus des fonds de pension, etc).

REVENU

Les revenus constituent les ressources régulières des ménages. Ces revenus peuvent être des revenus primaires, c'est-à-dire qu'ils proviennent de l'activité d'un facteur de production : il s'agit alors des salaires (revenu du travail), de l'intérêt (revenu du capital) et des profits (revenus de l'entreprise). On parle dans ce cas de répartition primaire ou fonctionnelle des revenus. Cette répartition est modifiée par la redistribution, due essentiellement aux administrations, sous forme de transferts positifs (prestations sociales) ou négatifs (cotisations sociales et impôts). On parle alors de répartition secondaire ou personnelle, puisque les revenus sont redistribués en fonction des caractéristiques de la personne destinataire. Les discussions sur les écarts de revenus sont très souvent faussées parce que l'on ne précise que rarement de quoi il s'agit. C'est ainsi que l'on peut calculer des écarts entre catégories socio-professionnelles ou, au contraire, des écarts entre tranches de population (toutes catégories confondues), par exemple par déciles (entre les 10 % ayant les plus faibles revenus et les 10 % ayant les revenus les plus élevés). De même, on peut calculer les écarts des revenus primaires, c'est-à-dire avant toute redistribution, ou, au contraire, des revenus personnels. La différence est essentielle et les écarts sont beaucoup plus faibles après redistribution. Cela signifie que toute discussion ne précisant pas de quel écart on parle n'a pas de signification, et surtout que toute discussion sur les seuls revenus primaires, ou, par exemple, sur les seuls salaires, n'a aucun sens ; plus d'un ménage sur deux a un deuxième salaire ; la plupart des salariés ont d'autres revenus primaires (intérêts, loyers) ; ils bénéficient de prestations sociales. Ce qui compte pour un ménage, ce sont les revenus (et non pas seulement les salaires), et les revenus après redistribution, c'est-à-dire les revenus personnels. Enfin, toutes les études sur les écarts de revenus en France (par catégories ou par tranches) montrent que les écarts vont en diminuant dans le temps, si l'on prend soin de tenir compte de cette redistribution.

REVENU MINIMUM

La garantie d'un revenu minimum est considérée par la plupart des gens comme une manifestation naturelle de la solidarité qui existe entre les membres d'une même communauté.

Les libéraux (HAYEK en particulier) en ont toujours fait un contre-poids indispensable aux inégalités de revenus et aux aléas qui peuvent résulter du fonctionnement de l'économie de marché. Les socialistes le prônent au nom de leur conception de la "justice sociale". Mais socialistes et libéraux s'opposent sur la façon de garantir un revenu minimum. Pour les libéraux, le revenu minimum doit se substituer à toutes les autres formes de transferts sociaux, et en particulier à la gratuité : il vaut mieux généraliser les procédures marchandes, et donner à ceux qui ne l'ont pas un pouvoir d'achat suffisant pour acquérir l'indispensable. D'autre part, le revenu minimum doit être donné de préférence sous forme d un impôt négatif, et dégressif avec le temps, pour ne pas encourager les personnes sans ressources à s'installer dans leur précarité. Le revenu minimum est donc destiné à régler des difficultés passagères. Le bon fonctionnement de l'économie de marché doit à terme pourvoir chacun en ressources minimales; il existe de plus des contrats d'assurance pour prévenir les individus et les familles contre les risques majeurs. Pour les socialistes, le revenu minimum est un droit social supplémentaire, qui vient s'ajouter aux transferts sociaux déjà existants. Comme on redoute l'incitation à l'inactivité, l'octroi du revenu minimum est suspendu à un effort d'insertion de la part de ceux qui le touchent : on a ainsi le RMI ("revenu minimum d'insertion"). Mais il est évidemment très difficile de mesurer la volonté d'insertion des personnes concernées. Il s'agit donc en fait d'une allocation pour personnes nécessiteuses, et destinées à le demeurer. Loin de simplifier la procédure des transferts sociaux et de diminuer leur poids, le RMI alourdit encore les charges administratives et financières qui pèsent sur l'ensemble de la société, et son développement rapide s’est accompagné d’une explosion des phénomènes d’assistance et de précarité.

REVOLUTION

Il s'agit de la substitution plus ou moins soudaine et plus ou moins violente d'un pouvoir à un autre.

Les deux modèles reconnus de révolution sont la Révolution française de 1789 et la Révolution soviétique de 1917. En dehors de ces deux modèles, il est difficile de définir des critères (violence, soudaineté, degré de bouleversement, action collective) susceptibles de décrire précisément si un changement de régime politique constitue ou non une révolution.

Le terme de révolution est parfois utilisé dans des usages métaphoriques. On parle notamment de Révolution Industrielle (transformation rapide et importante des moyens industriels) et de Révolution Agricole (transformation profonde de l'agriculture).

RHETORIQUE

Procédés et techniques permettant de s’exprimer avec éloquence en détournant le sens des mots. La critique hegelienne, en particulier, se portait sur la signification non littéraire de certaines œuvres en considérant que ² le mot se suffit à lui-même ² (B. EICHENBAUM).

S.M.I.C.

Le S.M.I.C. (Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance), qui a remplacé le S.M.I.G. (Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti) en 1969, constitue un salaire minimum, fixé, au niveau national, par les pouvoirs publics, et s'impose à l'ensemble des activités économiques. Le S.M.I.C. est indexé sur l'indice des prix, comportant donc une garantie de maintien du pouvoir d'achat. Mais la politique des pouvoirs publics consiste à augmenter chaque année le S.M.I.C. plus rapidement que les autres salaires.

Du point de vue économique, le S.M.I.C. doit s'analyser comme un prix bloqué, et donc comme un facteur déséquilibrant sur le marché du travail : un S.M.I.C. élevé encourage les demandes d'emploi et décourage les offres d'emploi (et cela d'autant plus que les charges sociales pour l'employeur augmentent en même temps) : cela se traduit alors par un chômage plus élevé. Vouloir garantir un salaire minimum, identique pour toutes les régions et branches, est un facteur de rigidité, de déséquilibre et de chômage, et va à l'encontre des intérêts de ceux que l'on prétend protéger. Si la nation souhaite assurer aux ménages les plus mal lotis des conditions de vie décentes, la solution consiste à leur garantir un revenu familial minimum versé sous forme de prestations financées par l'impôt. On peut aider les personnes, on ne doit jamais intervenir dans le mécanisme des prix.

SALAIRE

Le salaire représente la rémunération du facteur travail. Comme l'intérêt, rémunération du capital, mais à la différence du profit, rémunération de l'entreprise, le salaire est un revenu fixe et contractuel. Les salaires, contrairement à une confusion courante, sont loin de constituer la totalité des revenus des salariés, qui peuvent aussi percevoir des revenus d'autres facteurs de production et qui perçoivent des prestations sociales. Si le salaire est un revenu, il est aussi un prix : le prix du travail. Comme tout prix, le salaire se fixe sur un marché : le marché du travail. Mais ce marché est loin d'être parfaitement concurrentiel. L'Etat y joue un rôle important, ne serait-ce qu'en fixant un salaire minimum, qui produit les mêmes effets qu'un blocage des prix, et crée du chômage. En outre, les syndicats, surtout lorsqu'ils ont une position monopolistique, rendent ce marché peu concurrentiel. Enfin, le marché du travail est loin de constituer un tout homogène. Toutes ces imperfections et interventions administratives contribuent à expliquer les déséquilibres visibles sur le marché du travail. Il semblerait cependant qu'à long terme le niveau de salaire ne saurait s'écarter durablement de la valeur de la productivité marginale du travail considéré.

SCIENCE ECONOMIQUE

L'économie concerne l'ensemble des principes d'organisation permettant de vaincre la rareté. Elle est donc caractérisée par une succession de choix à effectuer, que ce soit dans le domaine marchand ou dans le domaine non marchand et par la nécessité de coordonner les diverses décisions. L'économie est en outre une science. Il est déjà évident, puisque l'économie s'intéresse aux situations de raretés, qu'il faut effectuer les divers choix nécessaires de la façon la plus rationnelle possible et que l'on peut rechercher quelle est la solution optimale à un problème de rareté quelconque (concernant le producteur ou le consommateur). L'économie devient aussi une science du comportement et explique les phénomènes sociaux à partir des décisions sous contraintes. L'économie est également une science parce qu'elle est susceptible de confrontation avec la réalité empirique : quand on affirme, on doit pouvoir constater la validité de cette affirmation ; on doit observer des régularités de comportement, des lois économiques. Mais la science économique demeure une science humaine, dans laquelle l'expérimentation est plus difficile que dans les sciences physiques. Ce n'est pas cependant parce que la science économique a des caractéristiques spécifiques, qu'elle n'est pas une science ; les difficultés que l'on observe parfois viennent souvent d'utilisations abusives de l'économie à des fins idéologiques.

SECTEUR PUBLIC

Ensemble réunissant les entreprises dont le capital appartient en proportion majoritaire ou intégralement à l'Etat, à des organismes publics ou assimilés. Ces entreprises peuvent avoir pour objet la production de biens considérés (le plus souvent à tort) comme "publics", mais elles peuvent opérer aussi dans le secteur concurrentiel, c'est-à-dire où fonctionnent déjà ou pourraient fonctionner des entreprises privées (banques, assurances, transports, télécommunications, poste, télévision etc.). Les « monopoles » publics n’ont cette caractéristique que parce que la loi interdit artificiellement toute libre entrée sur ce marché.

SECURITE SOCIALE

Système créé en 1945 et reposant au départ sur le principe de l'assurance, et qui s'est peu à peu transformé en instrument de redistribution des revenus. La Sécurité Sociale comporte trois éléments essentiels: -le régime d'assurance maladie, qui a peu à peu pris en charge la quasi-totalité des dépenses de santé, limitant progressivement le ticket modérateur assumé par le malade lui-même, et organisant un système de quasi-gratuité des soins; -le régime vieillesse, qui s'est organisé sur la base d'un système de retraites par répartition (les actifs du moment payant pour les retraités du même moment). Ce système est très sensible aux évolutions démographiques et ne résistera pas au passage des classes creuses à l'âge actif et à celui des classes pleines à l'âge de la retraite; -le régime familial, qui vise à organiser une redistribution des revenus des célibataires ou personnes sans enfants vers les couples avec enfants. Mais, ici encore, le système a été détourné de son esprit, puisque, en dehors des allocations familiales (et encore ce point a été un temps remis en cause), la plupart des autres prestations sont soumises à des conditions de ressources, transformant la « politique familiale » en simple « politique sociale ».

La Sécurité Sociale est menacée de disparition, car c'est un système qui ne comporte en lui-même aucun effet régulateur, aucun frein aux dépenses (par exemple en matière de santé), ce qui fait que les déficits sont permanents (excès des prestations sur les cotisations). Pour résorber les déficits, on oscille entre la hausse des cotisations (qui atteignent déjà plus de 20 % du P.I.B.) et la réduction des prestations, par le rationnement des dépenses. La tare essentielle du système vient d'une irresponsabilité généralisée, doublée de tous les défauts du monopole public. C'est pour quoi, il devient impératif de supprimer le monopole de la Sécurité Sociale, pour ouvrir la porte à des systèmes plus souples d'assurances (volontaires, mutualistes ou privés), comportant, comme pour l'assurance automobile, la possibilité de choisir plusieurs clauses suivant les risques que l'on veut couvrir et les modalités de cette couverture. La concurrence, la responsabilité et la décentralisation doivent remplacer le monopole, l'irresponsabilité et la centralisation de l'actuelle Sécurité Sociale.

SERVICE

C'est le sens courant d'une action accomplie par un individu à l'avantage d'un autre. On distingue assez souvent les "services" des "biens", et l'on dit alors que les produits sont faits tantôt de biens matériels (qui ont une consistance physique, que l'on peu voir, toucher, peser etc.) tantôt de services immatériels. On dit encore qu'après l'ère industrielle nous sommes entrés dans l'ère des services. A vrai dire, la distinction entre le matériel et l'immatériel est ambiguë car il y a de l'immatériel dans la plupart des "biens" : dans le prix d'une automobile, le coût des bureaux d'études, des designers, des publicitaires, des vendeurs, des banquiers, des assureurs, est bien plus élevé que celui de la tôle ou des matières plastiques. D'autre part, le concept de service tend à supplanter aujourd'hui ceux de "bien" ou de "produit". En effet, comme l'a montré Gary Becker, ce que nous désirons et ce que nous consommons ce ne sont pas des produits (automobile, réfrigérateur, école), mais les services que nous rendent ces produits : transport, froid, connaissance. On insiste donc sur la satisfaction recherchée à travers la consommation, et non pas sur la consommation elle-même ; ce que visiblement n'ont pas compris les adversaires de la "société de consommation". On ne produit ni ne consomme pour le plaisir de produire ou consommer, mais pour offrir ou obtenir des services. Dans une économie de marché, la règle veut que l'on puisse obtenir les services souhaités qu'en rendant des services aux autres ; on peut ainsi reformuler la "loi des débouchés" de Jean Baptiste Say en disant que "les services s'échangent contre les services". Cette présentation met l'accent sur la nécessaire interdépendance des individus dans une société marchande.

SERVICES PUBLICS

Les services publics sont des services non marchands, payés par l'impôt. Les administrations qui rendent les services publics ne sauraient se confondre avec "le secteur public" tel qu'il existe à un moment donné: EDF est une entreprise publique, mais l'électricité n'est pas pour autant un produit non marchand. De même, la confusion entre biens collectifs et services publics est courante; or, un bien collectif (c'est-à-dire un bien dont la consommation par un individu ne prive pas les autres) peut parfaitement être marchand et privatisé, (c'est le cas des théâtres ou cinémas) ou être exploité par des groupes autres que les services publics. La notion de service public est donc floue et elle est souvent le prétexte d'une extension de l'intervention étatique.

SOCIAL DEMOCRATIE

Socialisme allemand, de tendance réformiste par extension socialisme réformiste (Petit Robert). La social-démocratie veut étendre les principes de la démocratie à la sphère privée (entreprises et familles) pour réduire la prétendue inégalité de pouvoir entre patrons et salariés ou entre hommes et femmes, adultes et enfants... L'exemple le plus élaboré de social-démocratie est le modèle suédois.

SOCIALISME

Ensemble de doctrines préconisant une appropriation collective des moyens de production. Parmi les nombreuses variantes du socialisme, on distingue le socialisme utopique du socialisme scientifique. Les socialistes utopiques, présents surtout en France au XIXème siècle, préconisent des communautés idéales et irréelles, comme le Phalanstère de Fourier, ou souhaitent une société gouvernée par des élites comme la Société de savants et d'industriels de Saint- Simon. Le socialisme scientifique, ou marxisme, repose sur une méthode se réclamant de la science : le matérialisme historique et dialectique. L'évolution des sociétés ne peut s'expliquer que par la lutte des classes qui, elle-même, provient des contradictions qui existent entre l'infrastructure économique, qui évolue sous l'effet des techniques, et les superstructures mentales et institutionnelles, qui reflètent la domination d'une classe. L'évolution des sociétés dans le "sens de l'histoire" a donc un caractère inéluctable. Le capitalisme est fatalement condamné à disparaître, en raison de ses contradictions, et doit lui succéder un nouveau système dominé par la classe ouvrière. La phase transitoire de dictature du prolétariat est une phase de socialisme, qui précède la phase finale ou communisme, qui doit voir apparaître une société d'abondance, ("à chacun selon ses besoins"), dans laquelle l'Etat va dépérir de lui-même, puisqu'il n'aura plus de besoin d'être, les contradictions entre classes ayant disparu. On peut se borner à faire deux remarques ; d'une part, le caractère matérialiste et fataliste du marxisme s'oppose à toutes les philosophies croyant à un libre-arbitre de l'homme, à toutes les formes d’humanisme et à toutes les religions spirituelles. D'autre part, toutes les "lois" mises en évidence par le marxisme, depuis la paupérisation du prolétariat jusqu'à la baisse tendancielle du taux de profit en passant par le salaire fixé spontanément au minimum vital, ont été démenties par l'évolution de nos sociétés capitalistes, tandis que les systèmes socialistes évoluaient à l'inverse de ce qu'indique le marxisme, par exemple en renforçant toujours plus le rôle de l'Etat, et en prenant le chemin de la pénurie plutôt que de l'abondance. L'échec des pays socialistes marxistes, évident depuis les événements de l989 et la chute du mur de Berlin, et depuis la transition de ces pays vers le marché, pousse les partisans du socialisme à chercher d'autres formes de socialisme "à visage humain". Mais ces formes atténuées de socialisme ne résolvent pas le dilemme centralisation- liberté. Elles gardent le côté le plus caractéristique du socialisme : la soumission des choix individuels à "l'intérêt social collectif", tel que le définissent les dirigeants politiques, et portent donc en germe une dynamique de négation des droits individuels, voire de totalitarisme.

SOCIETE

Au sens de la philosophie politique, la société naît de l'action humaine concertée, de la coopération. Elle est le résultat imprévu d'un comportement conscient et intentionnel. Cela ne veut pas dire pour autant que les individus ont conclu des contrats en vertu desquels ils ont fondé la société humaine (contrat social). Les actions qui, continuellement, entraînent une coopération sociale ne visent à rien d'autre que la coopération et l'entraide avec les autres en vue d'atteindre des fins singulières définies. Le complexe total des relations mutuelles créées par de telles actions concertées est appelé la société. Par conséquent, la société n'a d'existence que dans les actions des hommes, elle n'est pas anthropomorphique (à l'image de l'homme), car elle n'est en rien un être doté de volonté et d'intérêts autonomes, comme le suggère l'approche "holiste".

Au sens juridique, la société est une "personne morale" constituée par contrat entre des entités individuelles ou collectives. Ce sont les "statuts" mis en place par les membres de la société, les associés ou sociétaires. Les formes juridiques des sociétés sont nombreuses ; on les classe souvent en sociétés de personnes (Sociétés en nom collectif, Commandites simples, SARL, Sociétés uninominales) et en sociétés de capitaux (Commandites par actions, Sociétés anonymes).

SOCIETE CIVILE

Ensemble des relations sociales qui s'organisent sur la base du contrat et de l'association volontaire entre personnes privées, à l'exclusion de toute intervention publique. Ainsi définie, la société civile se distingue de la société politique qui entend régler les rapports sociaux par les interventions et les arbitrages des pouvoirs publics. Tocqueville soulignait les bienfaits de la société civile pour assurer le progrès et la liberté des individus, tandis que la doctrine sociale de l’Eglise reprenait le même thème sous le terme plus traditionnel de « corps intermédiaires », voire, selon Jean Paul II, de « personnalité de la société ». Malheureusement, la société civile a été peu à peu détruite par "l'hégémonie politique", et la France en particulier est devenue un pays du "tout-Etat" : Etat Providence, prélèvements obligatoires et réglementations ont étouffé les communautés constituant la société civile. Mais, pour redonner vie à la société civile, il ne suffit pas de faire reculer l'Etat. Il faut aussi laisser se développer les communautés professionnelles, locales, culturelles, associatives, qui permettent aux individus de s'organiser entre eux pour régler des problèmes communs, voire même pour fournir des biens publics. A l'heure actuelle, ces communautés sont, elles aussi, soumises à la tutelle très étroite des pouvoirs politiques centraux. La société civile suppose de la part des citoyens la volonté et l'art de vivre ensemble. Sans cette recherche du bien commun, il est fatal que le pouvoir politique se présente en recours universel et que l'Etat Providence progresse.

SOLIDARITE

La solidarité se définit traditionnellement comme une dépendance mutuelle entre les hommes, qui fait que les uns ne peuvent être heureux et s'épanouir que si les autres le peuvent aussi. Avec l'intrusion croissante de l'Etat dans les affaires et rapports humains, la solidarité a perdu son sens originel d'obligation morale pour en faire une obligation légale de porter assistance aux autres suivant les modalités fixées par les gouvernants. Il s'agit donc de transferts sociaux involontaires, qui pervertissent le sens et les procédures de la vraie solidarité.

SOUVERAINETE

La souveraineté est la caractéristique d'un pouvoir politique absolu ; elle signifie que le pouvoir est sans partage, elle confère un monopole de la coercition et du droit à la personne ou l'organe qui la détient. Dans une société libre, la seule souveraineté qui existe est celle que chaque individu a sur lui-même, c'est-à-dire, sur sa propre personne et sa propriété. Dans une société libre, personne n'est "souverain" sur les actions des autres, mais il y a abandon de souveraineté dans la procédure d'échange volontaire.

SPECULATION

La spéculation consiste, pour un agent économique, à tirer profit du fait qu'il sait (ou croit savoir) mieux que le marché, mieux donc que les autres, ce que réserve l'avenir. En ce sens, la spéculation vient de ce que le monde économique est évidemment un monde d'incertitude et que l'on peut faire des paris sur le futur.

Tout agent économique est ainsi un spéculateur : le ménage qui consomme tout de suite parce qu'il pense que les prix vont encore monter fait un pari sur leur évolution. L'entreprise qui investit dans un secteur plutôt que dans un autre, fait un pari sur l'évolution de la demande. L'épargnant qui choisit tel titre plutôt que tel autre spécule en supposant la baisse du prix d'un titre et la hausse de l'autre. De même, pour le fait de conserver des devises (parce qu'on pense qu'elles vont s'apprécier) ou de chercher à s'en débarrasser dans le cas contraire. L'économie est par essence incertaine, donc spéculative. De plus, la spéculation a un effet rééquilibrant et atténue les à-coups de la vie économique. Car en se comportant aujourd'hui comme l'on devrait se comporter demain, on avance les événements, et on prépare l'économie à les assumer. Les spéculateurs ne créent pas les déséquilibres : ils les devancent. Ils assument des risques que certains ne veulent pas prendre (marchés à terme). Ils résorbent des écarts de prix injustifiés d’une place à l’autre (arbitrages). On comprend mal dans ces conditions, le procès fait aux "spéculateurs". Ce procès témoigne soit de l'ignorance de l'économie, qui pousse à imaginer un monde économique manipulé par des forces occultes, soit d'une confusion entre spéculateurs et escrocs. Les escrocs existent dans le domaine de la finance, du commerce et de l'industrie au même titre que ceux qui sévissent dans d'autres domaines (et en proportions comparables sans doute).

STAGFLATION

La stagflation est une situation caractérisée à la fois par une stagnation de la production (faible croissance économique, chômage élevé) et par une inflation (hausse des prix). Cette situation est relativement nouvelle et est apparue dans les années soixante. Elle est un démenti infligé aux politiques keynésiennes prétendant lutter contre le chômage par l'inflation et réciproquement (courbe de Phillips). On s'est interrogé sur les raisons de cette situation. Il semble certain qu'une large responsabilité incombe justement aux politiques d'inspiration keynésienne, les politiques conjoncturelles de relance et de freinage. Sous leur influence, les hommes politiques ont longtemps cru que l'on pouvait manipuler l'économie à sa guise, freinant en sur-emploi et en accélérant en sous-emploi. Cette politique a en fait aggravé les fluctuations de la conjoncture, faisant perdre à l'économie tout réflexe d'adaptation, introduisant une incertitude continuelle du fait de l'action des pouvoirs publics., aggravant l’inflation avec la relance et le chômage avec le freinage, d’où l’apparition de la stagflation. La lutte contre la stagflation passe à la fois par une stabilisation de la politique conjoncturelle (« stabiliser les politiques de stabilisation »), qui doit laisser la place à des politiques à moyen terme, et par le rétablissement de structures concurrentielles, qui sont seules à même de rétablir les équilibres automatiques du marché.

STOCK-OPTION (SYSTEME DE)

Le système de stock-option permet à une entreprise d'offrir à ses salariés (cadres et dirigeants en principe) l'option de souscrire ou d'acquérir des actions de la société, à un prix et dans un délai fixés d'avance et à des conditions avantageuses au lieu de percevoir un salaire plus élevé. C'est donc un salaire différé. Ce système, né aux Etats-Unis dans les années 50, n'a fait son apparition en France qu'en 1970 au travers de la loi 70-1322 du 31 décembre 1970 complétée par les lois 84-578 du 9 juillet 1984 et 87-416 du 17 juin 1987. Cependant, d'importantes modifications fiscales ont été apportées par les lois de finances de 1990 et de 1993 qui réduisent la portée des avantages fiscaux accordés à l'origine aux bénéficiaires de stock-options ; ceux-ci sont fortement ramenés au régime général d'imposition du salaire des cadres et des plus-values sur actions d'un actionnaire personne physique.

STRATEGIE

Terme utilisé dans la gestion des entreprises. La stratégie est un jeu permanent entre le potentiel de l'entreprise, plutôt figé, et l'environnement de l'entreprise, très changeant. Cette stratégie reste à un niveau assez général et ne doit pas être confondue avec le détail des décisions de mise en application. De plus, elle s'établit dans le cadre de la longue ou moyenne période : on ne la modifiera pas sans cesse. En effet, la gestion contemporaine des entreprises opère deux distinctions importantes : d'une part entre objectifs et moyens. Une entreprise doit se fixer des objectifs précis, par exemple un certain rendement des capitaux propres, ou encore une certaine part du marché, avant de rechercher comment réaliser ces objectifs. La deuxième distinction concerne les moyens ; il faut clairement juxtaposer plusieurs niveaux de décisions : les décisions stratégiques, qui, seules, remettent en cause l'orientation générale de l'entreprise (par exemple la décision de produire un nouveau modèle ou d'en retirer un de la fabrication) ; les décisions administratives (comme la réorganisation d'un service, par exemple le service commercial) ; enfin, les décision courantes ou opératoires, qui concernent les actions quotidiennes. La stratégie est arrêtée au plus haut niveau de décision dans l'entreprise.

STRUCTURES

Relations et proportions fondamentales qui caractérisent durablement un espace donné. Les structures démographiques, par exemple, permettent de caractériser une population: composition par âge ou par sexe, statut professionnel, situation matrimoniale, etc. Les structures de production se rapportent à la répartition de la production par branches et secteurs, à la répartition de la population active, à la taille des entreprises, au degré de concurrence ou de concentration... On oppose souvent le terme de structure à celui de conjoncture. La conjoncture, ou état de la situation d'un pays à un moment donné, est largement le reflet des structures économiques. Par exemple, les structures démographiques ont un impact sur l’évolution du chômage. De même, c’est largement pour des raisons structurelles (faibles exportations de biens d'équipement) que le commerce extérieur français a été longtemps en déficit. C'est pour des raisons structurelles (concurrence insuffisante, poids du secteur public) que l'on observe certaines rigidités au niveau des prix. Cependant, bien des difficultés des économies occidentales sont qualifiées à tort de structurelles alors qu'elles ne sont souvent que le reflet de réglementations administratives abusives et d'interventions étatiques excessives. Mais cela s'explique aussi par des structures politiques !

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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
Actualité
:
Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

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Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...