Commandez

Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

 

Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

36 pages, 5€

Bulletin de commande

Portait

La modernité de Bastiat

Les tout derniers développements de la science économique se trouvent entières dans l’œuvre de Bastiat : il a été précurseur de l’école du « public choice » (Buchanan), de l’analyse des institutions (Hayek), de la théorie des droits de propriété (Alchian, Demsetz).

Lire la suite...

L'Abécédaire...

Il y a 333 entrées dans ce glossaire.
Chercher des termes du glossaire (expression régulière autorisée)
Commence par Contient Terme exact
Tout A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V
Page:  « Préc. 1 2 3 4 5... Suiv. »
Terme Définition
CULTURE

La culture est la formation et la constitution morales, intellectuelles, et artistiques de la personne. Dans un sens moins individualiste, elle est l’ensemble des pratiques institutionnelles, des références morales, et des traditions, caractérisant un groupe d’individus ou une communauté.

CYCLE

Variations, plus ou moins régulières, de l'activité économique. Les économistes ont d'abord analysé les crises économiques comme des accidents, irréguliers et imprévisibles. Puis s'est développée la thèse de cycles économiques réguliers, de longue durée (comme le cycle Kondratief - 40 ans -) ou, au contraire, plus courts (Juglar par exemple - 7 ans -). Ces cycles comprennent quatre phases: expansion, crise, dépression, reprise. La synthèse des théories du cycle a été présentée en 1939 par Haberler. C'est justement à partir de cette époque que les cycles traditionnels, avec dépression (c'est-à-dire avec chute absolue de la production), ont disparu, pour faire place à des formes très atténuées, les simples récessions (caractérisées par un ralentissement du taux de croissance de la production). L'explication de cette atténuation des cycles économiques tient à la fois à l'existence de stabilisateurs automatiques de l'activité (liés à l'investissement ou à la consommation) et à une meilleure information économique (au niveau des entreprises ou des ménages), ce qui minimise les erreurs d'appréciation . Par contre

COMMENTAIRE Le cycle est-il une fatalité d’une économie de marché ? Dès la fin du XVIIIème siècle Malthus et Say lançaient un débat, prolongé jusqu’à nos jours. Au XXème siècle les Keynésiens ont inventé la politique dite "anti-cyclique" (par exemple les mesures de relance lorsque le taux de croissance se ralentit). Loin de stabiliser la croissance, elle a en général agi à contre-temps. En effet, la politique économique n'influence l'activité que plusieurs trimestres après son application, ce qui laisse à la conjoncture le temps de se modifier. De la sorte, on a amplifié et non atténué, les variations économiques naturelles. On peut d'ailleurs se demander si dans une économie développée multipolaire où l'Etat n'interviendrait pas, les rythmes des diverses activités ne se chevaucheraient pas sans cesse (certaines étant en expansion tandis que d'autres régresseraient), de sorte que le niveau général de l'activité ne serait que peu affecté par des fluctuations cycliques ou non. On revient ainsi à la loi de Say (loi des débouchés) niant le cycle, et imputant les dérèglements de l’économie aux maladresses politiques (notamment à l’incapacité des banques contrôlées par le gouvernement de faire correctement leur métier, comme l’avait observé Coquelin au siècle dernier).

DECENTRALISATION

Au sens administratif, la décentralisation est un mode d'organisation selon lequel l'Etat confie des pouvoirs de décision à des organismes locaux, en général élus, en tous cas largement indépendants du pouvoir central. La décentralisation s'oppose ainsi à la déconcentration, qui ne fait que confier le pouvoir à des représentants locaux du pouvoir central, soumis donc au pouvoir hiérarchique. Au sens économique, la décentralisation est l'un des principes essentiels de l'économie de marché, que l'on appelle souvent économie décentralisée (par opposition à l'économie de plan, ou centralisée). Dans ce cas, c'est le pouvoir économique qui appartient à des agents décentralisés, les consommateurs, qui ont essentielle ment le pouvoir de choix en matière de consommation, et les producteurs, qui ont ce même pouvoir sur les modalités de la production (choix des facteurs de production, de la combinaison productive optimale...).

DEDUCTIVISME

Méthode de découverte scientifique visant à poser des hypothèses, à partir de l’observation de l’action humaine, qui seront confrontées à la réalité et risqueront donc d’être falsifiées. C’est la méthode dialectique de l’essai/erreur qui veut que dans un premier temps l’homme de science bâtisse des conjonctures et qu’il les soumette ensuite à la critique.

DEFICIT

Solde négatif de l'opération : Recettes - Dépenses. On parle de déficit public ou budgétaire lorsque les ressources annuelles de l'Etat sont inférieures à ses dépenses. Ce déficit peut être soit volontaire (déficit structurel) soit dû à la mauvaise conjoncture (déficit conjoncturel). L'accumulation de déficits budgétaires entraîne l'augmentation de la dette publique à long terme qui, elle-même, par l'accroissement des charges financières de l'emprunt, grève le budget et contribue au déficit. La politique de déficit systématique a été prônée par les Keynésiens sous couvert d'effet « multiplicateur » des dépenses publiques.

DEFICIT SYSTEMATIQUE

Politique conjoncturelle, qui consiste à mettre "systématiquement" le budget de l'Etat en situation de déficit (en augmentant les dépenses ou en réduisant les recettes), chaque fois que l'activité économique se ralentit.

COMMENTAIRE On retrouve ici un thème plus général, qui est celui de la politique économique inspirée par l'économiste anglais J.M. KEYNES; pour avoir la maîtrise de la conjoncture économique, il suffirait de mener une politique "anti-cyclique", c'est-à-dire de relancer l'activité en période de ralentissement (par exemple par des dépenses publiques nouvelles, d'où le "déficit systématique") et de la freiner en période d'emballement. Les dangers d'une telle politique sont maintenant bien cernés : la manipulation permanente de l'économie ne résout aucune des difficultés économiques, mais au contraire les aggrave et amplifie en réalité les fluctuations économiques naturelles.

DEFISCALISATION

Mesure qui vise à une réduction des taxes et impôts. Une fiscalité excessive va en effet réduire l’incitation des individus à travailler, à entreprendre, à produire, à épargner, en réduisant le rendement de ces activités. Des prélèvements obligatoires trop lourds viennent donc paralyser l’activité économique et réduire les recettes fiscales de l’Etat : "trop d’impôt tue l’impôt" (A. LAFFER). La baisse des prélèvements obligatoires fut notamment observée sous le gouvernement de M. THATCHER en Angleterre et la présidence de R. REAGAN aux Etats-Unis.

DELOCALISATION

Des entreprises déménagent tout ou partie de leur production vers des pays où les conditions de production sont plus favorables (pour des raisons liées au coût du travail, à la fiscalité, aux normes de sécurité et environnementales, à la proximité de matières premières). Les adversaires de la mondialisation voient dans la délocalisation une cause du chômage dans les pays dits avancés. Pourtant elle permet d'une part de produire (et donc d'acheter) moins cher et d'autre part de transmettre la dynamique du développement économique aux pays pauvres.

DEMANDE

La demande exprime la quantité d'un bien ou d'un service que les agents économiques désirent acheter, à un moment donné, à un certain prix. La courbe de demande, en particulier, indique les réactions des agents à différents niveaux de prix. En règle générale, la courbe de demande est décroissante; si le prix s'élève, la quantité demandée diminue, parce que les consommateurs ont un revenu limité.

COMMENTAIRE Naturellement, pour certains types de biens, le consommateur sera relativement peu sensible aux variations de prix: une forte baisse n'augmentera que faiblement la quantité demandée, une hausse ne ferait que faiblement diminuer la quantité demandée. On parlera alors de demande inélastique ; c'est le cas des biens que les consommateurs considèrent comme indispensables, dont ils ne peuvent que difficilement se passer, mais aussi des produits complémentaires, dont l'usage ne va pas sans celui d'un autre. Au contraire, pour d'autres biens, les consommateurs seront très sensibles aux variations de prix ; il s'agit alors d'une demande élastique; c'est le cas de produits qui ont des substituts étroits et que l'on peut donc facilement remplacer par ces substituts. Les réactions de la demande face au prix conduisent à s’interroger sur la psychologie des consommateurs. Les analyses de Lancaster et Becker ont montré que la demande des consommateurs ne porte pas tant sur les produits que sur les services que ces produits peuvent rendre (ex : on n’achète pas un réfrigérateur, mais une machine qui fait du froid). Un même produit peut-être demandé pour des services divers (automobile), de même que la demande pour un service peut-être satisfaite par des produits divers (transport). La demande évolue en fonction inverse du prix. Considérons la courbe de demande DD. Lorsque le prix diminue de P, à P2, la demande augmente de D1 à D2. La courbe de demande D'D' est plus inélastique que DD. Cela se marque par le fait que la même baisse de prix de P1 à P2 est moins ressentie par les clients D'1D'2

DEMOGRAPHIE

Etude des populations humaines. La démographie est une discipline relativement ancienne, mais elle a été considérablement renouvelée récemment par l'analyse économique et notamment par l'application de l'analyse micro-économique aux phénomènes non-marchands (analyse économique de la fécondité ou du "marché" du mariage).

COMMENTAIRE La démographie s'intéresse en particulier aux phénomènes de natalité, de fécondité, et de mortalité. En France, depuis 1974, le renouvellement de la population n’est plus assuré. Ce recul de la fécondité a été observé dans tous les pays développés, mais aussi, de manière plus ou moins sensible,dans le tiers monde, où il est amorcé depuis plusieurs années. Ces pays connaissent, avec un décalage chronologique par rapport à nous, une transition démographique qui les mène d'un régime de forte mortalité et de forte natalité à un régime de faible mortalité et de faible natalité. La phase de transition est caractérisée par un accroissement rapide de la population - la mortalité ayant chuté avant la natalité - mais ce phénomène n'est que passager et disparaîtra à terme.

Bien des éléments expliquent la chute de la fécondité. Le développement économique a joué un rôle important, l'évolution de mentalités (notamment religieuses) aussi. Mais les explications économiques éclairent d'un jour nouveau ces analyses, en particulier, en mettant l'accent sur le coût d'opportunité considérable que représente, pour les femmes, l'abandon de leur travail (mieux rémunéré qu'avant) pour se consacrer à leurs enfants. Les politiques familiales visent à permettre aux familles d'exercer librement leur choix en matière de nombre d'enfants, en participant au financement d'une partie du coût de l'enfant. Les libéraux sont assez partagés quant à l'opportunité de telles politiques, certains considérant qu'elles permettent de développer la liberté de choix des familles, d'autres qu'il s'agit d'une intervention inopportune de l'Etat dans un domaine relevant strictement de la responsabilité individuelle.

Le vieillissement de la population est une des conséquences de la baisse de la fécondité, mais aussi de l’allongement de la durée de vie. Moins de jeunes gens, plus de personnes âgées : cette situation démographique hypothèque l’avenir des retraites et l’esprit d’entreprise.

DEONTOLOGIE

(du grec deon, -ontos = ce qu’il faut faire et logos = discours) ensemble des règles et devoirs qui régissent une profession, la conduite de ceux qui l’exercent , les rapports entre ceux-ci et leurs clients ou le public.

DEPENSES

Terme par lequel on désigne l'utilisation des ressources des ménages, des entreprises et des administrations pour l'acquisition de biens ou de services. On distingue deux catégories de dépenses : les dépenses de consommation qui regroupent les dépenses des ménages et des administrations pour satisfaire leurs besoins (dépense de consommation finale) ainsi que celles des entreprises en vue d'assurer leur exploitation courante (dépense de consommation intermédiaire) et les dépenses d'investissement qui servent à créer, augmenter, améliorer ou reconstituer les équipements servant à la production.

On notera que la distinction entre consommations finale et intermédiaire est de plus en plus contestée (surtout à la suite des travaux de G.BECKER), puisque les ménages et les administrations sont maintenant considérés comme des agents producteurs (au même titre que les entreprises), à cela près que les uns produisent des services pour eux-mêmes (ménages) et les autres pour fournir des biens publics non marchands (administrations).

DEPRESSION

L'une des phases du cycle économique. La dépression (type 1929) était en particulier caractérisée par une baisse durable de la production, des revenus, de la consommation et des prix. Elle était souvent accompagnée d'une augmentation sensible du chômage.

COMMENTAIRE Depuis la deuxième guerre mondiale, on assiste à une atténuation relative des fluctuations économiques; les dépressions disparaissent pour faire face aux récessions, caractérisées seulement par un ralentissement du taux de croissance de la production. En réalité, comme la "crise", la dépression appartient au langage macro-économique et semble appeler des politiques de stabilisation, dont la nocivité est aujourd’hui démontrée.

DEREGLEMENTATION

Suppression pure et simple de la réglementation en vigueur : la déréglementation est un retour aux principes du "laissez-faire, laissez-passer". On table sur les vertus du libre marché et de la concurrence pour obtenir de meilleurs résultats qu'à travers le contrôle des activités économiques par les pouvoirs, les administrations et les juges.

COMMENTAIRE Le mouvement de déréglementation a été lancé aux Etats Unis dans les années 70, et s'est intensifié dès lors dans un grand nombre de pays. En France, le bilan est inégal; certaines activités ont été déréglementées (banque, finances) d'autres ont subi des réglementations supplémentaires (immobilier, éducation, consommation).La déréglementation doit son succès aux théoriciens de l'économie de l'offre, qui ont expliqué le chômage par la série d'entraves qui gênent les entreprises. La réglementation bancaire, la législation du travail ont été particulièrement mises en cause, parce qu'elles bloquent les nécessaires adaptations. Mais on a vu aussi dans la réglementation une façon de fausser ou de neutraliser la concurrence. De nombreuses professions ont perdu tout dynamisme et accumulent les privilèges grâce à la réglementation. En France on ne dénombre pas moins de quinze cents professions "à statuts" Des secteurs entiers de l'activité ont ainsi échappé à toute sanction du marché. On citera les exemples spectaculaires du transport, de la santé. A l'inverse quand ces secteurs sont déréglementés, le consommateur est le grand gagnant (le tarif des transports aériens sur l'Atlantique Nord en est une illustration bien claire). La réglementation est aussi un moyen de protectionnisme : des textes précis peuvent fermer le marché national à l'entrée des produits étrangers, les normes sont la forme la plus subtile et la plus efficace du protectionnisme (bières allemandes, vins américains). La déréglementation est donc une arme de libre-échange. Enfin la réglementation vient souvent limiter voire supprimer les droits de propriété. Le code rural, le code de l'urbanisme, dévaluent arbitrairement les terrains et les immeubles et socialisent les patrimoines. La déréglementation rend aux particuliers ce qui leur appartient, et les encourage à le faire fructifier.

DESETATISATION

Mesure économique qui vise à un désengagement de l’Etat de l’activité économique. La désétatisation est une mesure qui est notamment défendue par le courant des Economistes de l’Offre qui considèrent que l’Etat, par son intervention dans la sphère économique, vient, en particulier, augmenter les rigidités de l’offre. La désétatisation fut notamment appliquée par M. THATCHER en Angleterre et R. REAGAN aux Etats-Unis.

DETTE EXTERIEURE

Dette contractée par les Etats, ou garantie par eux, auprès d’autres Etats, des institutions internationales (FMI, Banque Mondiale, Banque européenne de Reconstruction et de Développement), des banques privées étrangères.

La dette extérieure concerne surtout les pays les plus pauvres, et pose le problème du remboursement. Ces pays se sont sur-endettés, et les pays prêteurs portent ici une lourde part de responsabilité. Les crédits ont été attribués sans considération de rentabilité, simplement sur des critères politiques et stratégiques. Ils n’ont pas aidé le développement des pays endettés, ils ont été perdus dans les arcanes des finances publiques (ou dans les patrimoines des dirigeants). Aujourd’hui le « Club de Paris » essaie d’étaler le remboursement de la dette, mais une partie importante devra être purement et simplement effacée.

DETTE PUBLIQUE

Montant total de tous les emprunts de l'Etat.et des autres administrations publiques.

La dette intérieure : est contractée auprès des agents économiques intérieurs (ménages, entreprises, institutions financières). Elle sert à financer le déficit budgétaire. L'appel à l'épargne présente des effets pervers, en particulier "l'effet d'éviction": l'épargne consacrée à financer le déficit budgétaire ne peut plus servir à financer l'activité privée et notamment l'investissement productif: les dépenses privées sont en quelque sorte "évincées" par le financement des dépenses publiques. En ce sens, contrairement aux vues keynésiennes, un déficit budgétaire peut conduire à la stagnation en privant les entreprises d'un moyen essentiel de financement. C’est sans doute la raison pour laquelle l’union Européenne a retenu parmi les critères d’entrée dans le « club Euro », une dette publique inférieure à 60% du PIB. La dette est nuisible parce que son remboursement (service de la dette) devient un poids très lourd dans le budget (il augmente plus vite que toutes les autres dépenses publiques).

Comme pour la dette extérieure, on notera que la dette intérieure, lorsqu'elle est excessive, handicape durablement l'économie française, en raison des remboursements annuels. Au total, en 1992, la dette publique s'élève à 2 112 milliards de francs, dont 1 113 moyen et long terme et 999 en dette à caractère monétaire.

Le recours massif à l'endettement - intérieur et extérieur -marque, en fait, le refus des réalités économiques d'aujourd'hui et le report des problèmes sur le lendemain, hypothéquant ainsi la situation économique future.

DEVALUATION

Décision unilatérale de rupture d'un engagement de parité de la part d'un producteur de monnaie (monopoliste et public), sous la pression des circonstances. Le cadre sous-entendu du déroulement de ce processus est un système de change "fixes".

DEVELOPPEMENT

Le développement économique se caractérise non seulement, comme la croissance, par une augmentation durable de la production et des principales grandeurs économiques, mais encore et surtout par d'importants changements des structures et des mentalités; plus qu'un simple phénomène quantitatif, le développement est de nature qualitative.

COMMENTAIRE Cette idée est bien illustrée par l'analyse très connue de W.W. ROSTOW, qui distingue cinq étapes dans la croissance économique, (sociétés traditionnelles, conditions préalables au décollage, décollage, marche vers la maturité, consommation de masse). Pour chacune de ces cinq étapes, les changements décisifs concernent l'attitude des individus et les institutions. On peut simplement se demander s'il y a une chronologie nécessaire dans la marche au développement. Il semblerait qu'on puisse "brûler les étapes" si les comportements et les institutions permettent à des personnes désireuses de progresser de le faire en travaillant, en entreprenant et en commerçant .

La nouvelle théorie du développement (P. BAUER, D.LAL, J. SIMON) insiste sur l'importance des ressources humaines, loin d'être négligeables dans les pays pauvres, mais qui ne trouvent pas souvent à s'exprimer, en particulier à cause des contraintes politiques et sociales qu'elles subissent. L'erreur a donc peut-être consisté à voir le développement de manière trop macro-économique, et de sous-estimer le rôle des effets d'entraînement micro-économiques. Cette erreur a revêtu plusieurs formes. L'une a été celle de l'aide publique, en imaginant que les subventions données à des gouvernements pouvaient changer la marche des économies; une masse d'investissements publics ne débouche pas mécaniquement sur un progrès, et la plupart des fonds sont détournés ou gaspillés. L'autre forme de l'erreur a consisté à privilégier le plan comme instrument de démarrage. En fait, le plan est incapable de déclencher et d'organiser le démarrage, parce qu'il véhicule des informations de moindre qualité que celles que peuvent recueillir des entrepreneurs marchands. D'autre part les planificateurs du Tiers Monde ont toujours privilégié les investissements lourds et spectaculaires accompagnés d'une administration pléthorique et ruineuse. Il y a donc une corrélation assez nette entre la liberté économique et le niveau de développement comme le montre par exemple les calculs d’indices de liberté économique.

DEVISES

Les devises sont des moyens de paiements internationaux: monnaies étrangères ou leurs équivalents (titres de créances sur l'étranger, par exemple). Elles servent soit à régler des échanges commerciaux, soit à constituer des réserves officielles pour les Banques Centrales.

DISCRIMINATION

La discrimination est la distinction entre individus ou groupes d'individus en fonction de certaines caractéristiques particulières qui aboutit à une inégalité entre individus ou groupes d'individus et peut être renforcée par la coutume ou la loi. La plus courante des discriminations est la discrimination raciale, mais toute caractéristique particulière (sexe, religion, classe) peut faire l'objet d'une discrimination. Dans certains pays (comme les Etats Unis) on pratique une discrimination dite "positive" : des quotas doivent être respectés en faveur des personnes appartenant à tel groupe ou telle catégorie. En France l'égalité des femmes et des hommes dans la représentation électorale est une discrimination positive.

DIVISION DU TRAVAIL

Méthode de production dans laquelle les hommes et les espaces économiques sont spécialisés chacun dans un aspect ou dans une étape du processus de production. Adam SMITH (1723-1790), dans son ouvrage "Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations" (1776), mettra en exergue le rôle déterminant de l’échange dans l’apparition de la division du travail et présentera les avantages et les gains de productivité générés par l’instauration de la division du travail au sein d’une manufacture d’épingles.

DOCTRINE

Ensemble intellectuel harmonieux, mêlant jugements de faits et jugements de valeurs dans un esprit de systématisation. Selon Daniel Villey "chaque doctrine est une perspective particulière valable, légitime, encore que nécessairement partielle, sur l'ensemble du réel (...) Chacune en vérité est part de vérité, chacune systématise un aspect de la vérité ». La société du non-choix intellectuel, sous couvert de pseudo-objectivité, est caractérisée par une disparition des doctrines.

DOCTRINE SOCIALE DE L EGLISE

Ensemble des prises de position de l'Eglise Catholique concernant l'organisation de la société en général et les questions économiques et sociales en particulier. Cet enseignement puise sa source dans l'Evangile et dans la tradition philosophique réaliste a été développé par les principaux penseurs chrétiens (comme Saint Thomas d'Aquin). Mais cet enseignement a été systématisé et adapté aux conditions de notre époque par les Papes, à partir de la fin du XIXe siècle, et c'est cet enseignement pontifical qui constitue, au sens strict du terme, la doctrine sociale de l'Eglise. Bien évidemment, cet enseignement contemporain puise lui aussi sa source dans l'Evangile et la tradition de l'Eglise, comme dans la loi naturelle.

Le premier texte important dans ce domaine est celui de Léon XIII, avec l'encyclique "Rerum novarum", sur la condition des ouvriers (1891). Les successeurs de Léon XIII ont en général choisi les dates anniversaires de cette encyclique pour publier eux-mêmes des documents sur la doctrine sociale de l'Eglise: c'est le cas de Pie XI avec "Quadragesimo anno" en 1931, de JeanXXIII avec "Mater et magistra" en 1961, de la lettre de Paul VI au Cardinal ROY, "Octogesima adveniens", en 1971, et enfin de Jean-Paul II, dans son encyclique sur le travail humain, "Laborem exercens", en 1981, dans son encyclique sur le développement "Solicitudo Rei Socialis", en 1987 et surtout dans CENTESIMUS ANNUS en 1991. Il est difficile de résumer une pensée aussi riche, et, sur certains points, évolutive, en quelques lignes. On y trouve cependant, pour l'essentiel, une condamnation du socialisme, et notamment du marxisme, dans son principe même ("intrinsèquement pervers"). Le capitalisme, pour sa part, est suspecté dans sa pratique, c’est à dire non dans ses institutions, mais dans la façon dont les hommes peuvent s’y comporter, ce qui est fort différent: c'est ainsi que, conformément à la doctrine traditionnelle de l'Eglise, la propriété privée est défendue, comme étant un "droit naturel" et la mieux adaptée à la nature humaine (ce qui n'exclut pas,dans certains cas précis, la propriété publique). Mais le propriétaire est en quelque sorte considéré comme un usufruitier, qui doit user de son droit de propriété en vue du "bien commun". Dans CENTESIMUS ANNUS, Jean Paul II va plus loin en défendant, outre la propriété, l’entreprise, la marché, le profit, l’échange volontaire, dessinant ainsi les contours d’une économie de marché bien comprise. Mais il ajoute qu’il n’y a pas d’économie de marché sans état de droit et sans éthique. En ce sens, la doctrine sociale de l'Eglise, plus qu'un appel au bouleversement des institutions (I'Eglise n'a d'ailleurs pas de recette précise à offrir en ce domaine), est un appel au changement des comportements, à la modification des relations humaines, à la conversion des coeurs. En particulier, I'Eglise rappelle l'égale dignité de chaque personne humaine, ce qui ne signifie pas l'égalité des revenus ou la disparition de toute hiérarchie sociale, mais le droit pour chacun de vivre décemment et dignement. Dans cette optique, ce n'est d'ailleurs pas tant l'individu isolé qui est mis en avant, que la famille, présentée comme l'un des fondements essentiels de toute construction sociale, et plus largement les communautés volontaires (ou « corps intermédiaire »). Cette doctrine sociale vise aussi à réhabiliter la dignité du travail humain, quel qu'il soit. C'est ainsi que, dans "Laborem exercens", Jean-Paul II présente le travail humain comme une participation à I'oeuvre de la création de Dieu : par son travail, l'homme poursuit I'oeuvre de Dieu qui lui a donné mandat de "dominer la terre et de la soumettre". Le travail n'a pas alors seulement une finalité économique, mais c'est l'homme lui-même et sa dignité qui sont la principale finalité du travail. La multiplication des richesses n'est pas la fin de toute l'activité humaine, mais seulement un moyen, permettant de se consacrer à l’essentiel. Quel que soit l'intérêt de la pensée sociale de l'Eglise, elle n'est pas dans tous ses aspects un dogme de la Foi catholique. A côté de rappels doctrinaux, elle contient aussi de nombreux conseils de "prudence". L'Eglise entend ainsi laisser aux hommes une très grande liberté dans l'organisation de la vie économique et sociale, fixant avant tout les limites à ne pas franchir, c’est à dire écartant ce qui porte atteinte à la dignité de l’homme.

DON

Action d’offrir un bien, matériel ou immatériel, que l’on possède, sans attendre aucune contrepartie.

Page:  « Préc. 1 2 3 4 5... Suiv. »
Glossary 2.7 uses technologies including PHP and SQL

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


Editorial : La Reconquête

Conjoncture : Taillables et Corvéables à merci

Actualité  : Hambourg : enterrement du G 20 - Les dépenses de Monsieur Hulot - Le service national : Macron relance l’idée de génie - Macron : retour à la baisse immédiate des impôts - Les ordonnances travail présentées à l’Assemblée

Actualité  : Des leaders libéraux ? - A la recherche des intellectuels libéraux - La rentrée de la Nouvelle Lettre


Acheter le numéro

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...