Mario Monti démissionne : pourquoi ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par La rédaction   
Mercredi, 19 Décembre 2012 00:00

Il pense surtout à devenir Président de la République

Toute la classe politique européenne s’est émue de cette démission. Cela ne risque-t-il pas de remettre l’Italie en position de fragilité sur les marchés financiers ? Nouvelle crise de l’euro en perspective ? François Hollande s’est empressé de rassurer les Français : il veille au grain.

Il a eu raison sur un point : cette démission n’est pas liée à l’annonce de Sylvio Berlusconi de revenir sur la scène politique. Il est vrai que le gouvernement d’union nationale avec le « parti du peuple de la liberté » n’a pas résisté à la volonté de rupture dudit Cavaliere. Mais les chances de Berlusconi de revenir au pouvoir sont aujourd’hui minimes, les sondages parus il y a deux jours sont catastrophiques, non seulement à cause des scandales successifs qui l’ont concerné, mais aussi parce que ses alliés (en particulier la Lega Norte) et sa formation elle-même ont subi des échecs électoraux très lourds depuis deux ans au moins. La « droite populaire », voire libérale, a pris des coups en Italie. Berlusconi aurait continué à « soutenir » Monti si celui-ci avait accepté une politique du centre, mais Mario Monti pense plutôt à un pacte avec Bersani, le leader du Parti Démocrate (socialiste) et de la gauche italienne.

En fait, le cœur de l’affaire c’est Monti lui-même, et son ambition de devenir Président de la République, dont l’élection est prévue en mai 2013. Monti a désiré partir en pleine gloire. Il apparaît aux yeux des Italiens et de l’Europe comme l’homme courageux qui a imposé la rigueur budgétaire et réhabilité le crédit de son pays à travers des réformes qualifiées de libérales. En particulier, il a repoussé l’âge de la retraite à 66 ans. Mais les caractéristiques structurelles de l’économie italienne n’ont pas disparu : hypertrophie de l’administration locale et corruption, fonctionnaires d’Etat trop nombreux, économie parallèle et fraude fiscale, etc. La crainte de Monti c’est que, les faits l’emportant sur les apparences, il perde sa réputation en restant trop longtemps Premier Ministre et Ministre de l’Economie et des Finances. La cote des hommes politiques monte quand ils ne font plus rien.

 
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Voir la vie comme un économiste

Ce thème de l’allocution prononcée lorsqu’il fut honoré du prix Nobel d’économie (1992) résume l’originalité de Gary Becker. A la différence de la plupart des néo-classiques de l’école de Chicago à laquelle il appartient, Gary Becker ne propose pas un modèle d’homo oeconomicus stéréotypé. Quand il parle d’un décideur rationnel, cela ne veut pas dire qu’il fonctionne de façon mécanique, mais qu’il prend sa décision en mesurant avantages et inconvénients. Certes il n’a pas une information parfaite sur le pour et le contre, mais au moment où il choisit il ne peut s’empêcher de mettre en balance ce qui lui en coûtera et ce qui lui portera profit. C’est cela qui est « voir la vie comme un économiste ».

L’intérêt de l’œuvre de Becker est de montrer que cette rationalité s’applique dans la plupart des décisions, quelles que soient leur objet. Economie du crime : quelle est pour le criminel la probabilité d’être arrêté, condamné et d’exécuter sa peine et le crime est-il « payant » ? Economie de la fertilité : le travail de la femme et les coûts de l’éducation dissuadent-ils les époux d’avoir des enfants ? Economie de la nuptialité : quel avantage y a-t-il à passer devant le maire plutôt qu’à vivre en union libre ? Ces exemples sont frappants, et pourraient peut-être choquer. Mais Gary Becker essaie simplement de nous aider à comprendre comment se comportent la plupart des gens.

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