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Economiste classique

Contresens sur la valeur travail

Adam Smith avait créé une ambiguïté en juxtaposant trois lectures de la valeur travail : travail incorporé, travail épargné, travail échangé. Ricardo va lever l’incertitude en choisissant la valeur du travail incorporé, malheureusement la mauvaise ! Pour Ricardo un produit qui a nécessité 10 heures de travail vaut deux fois plus qu’un produit qui n’a nécessité que 5 heures. La valeur est donc rigoureusement fixée, la valeur est « objective », ce n’est pas l’objet d’une estimation subjective ni d’un choix personnel. Le marché, la nature de l’échange et la personnalité des échangistes n’influent pas sur la valeur d’un bien. Cette conclusion est en rupture complète avec la pensée de Smith, Turgot ou Say, qui tous trois faisaient de l’échange la base de toute activité économique. Elle explique aussi comment Ricardo articulait prix et valeur : si le prix d’un produit sur le marché augmente à cause de la pression de la demande sur l’offre, il passe au-dessus de sa valeur « intrinsèque », donc il encourage l’offre à se grossir et la demande à diminuer, on revient ainsi au prix d’équilibre, conforme à la valeur objective

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James Buchanan : la pensée libérale en deuil PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mercredi, 16 Janvier 2013 00:00

Nobel d’économie en 1986, il avait analysé avec lucidité la classe politique

Un grand économiste nous a quittés cette semaine. Un grand ami aussi, puisque j’ai eu l’occasion de côtoyer « Jim » pendant trente ans au sein de la Société du Mont Pèlerin, qu’il a présidée de 1984 à 1986. La timidité de Jim lui valait sa discrétion et son apparente raideur. Mais il se déridait volontiers dans la chaleur des échanges intellectuels, et il était d’une extrême amabilité. En 1990, il s’est réjoui de la décision d’organiser la réunion mondiale de la Société à Cannes, il aimait beaucoup la France.

L’apport scientifique de James Buchanan a été considérable. Il a été, avec son compère et ami Gordon Tullock, le grand théoricien du « public choice », qu’il ne faut pas traduire par « choix publics », mais par « analyse des décisions publiques ».

Comment se décident les hommes de la classe politique ? Ils sont des hommes comme les autres, et non pas des idoles, des prophètes ou des génies. Leur objectif premier est de prendre ou de conserver le pouvoir. Dans les pays démocratiques, une stratégie électorale doit donc être mise en place. Comment obtenir une majorité ? La recherche d’un « consensus » conduit à des compromis, voire des compromissions.

Buchanan a démasqué l’escroquerie de « l’intérêt général » qui serait sensé sortir des urnes. Il a dénoncé le « miracle de l’isoloir » : comment des citoyens égoïstes et animés de leurs vils intérêts personnels se dépouilleraient-ils de leurs vices pour dire l’intérêt général lorsqu’ils passent dans l’isoloir pour voter ?

Buchanan démontrait donc que l’Etat et les décisions des hommes d’Etat ne résultent que d’intérêts privés, soigneusement présentés aux électeurs sous forme d’intérêt général. L’Etat est sensé protéger les libertés. En fait, au prétexte de les garantir, il les dévore, comme le monstre Léviathan évoqué par Hobbes au XVIIème siècle. Quand le mur de Berlin est tombé, Buchanan a immédiatement réagi : « le communisme est mort, mais le Léviathan est toujours vivant ». Il avait raison : l’étatisation n’a cessé de progresser depuis trente ans.

Peut-on, nous Français, nous souvenir que nous avons eu aussi un grand théoricien des « public choice » ? Il s’appelait Frédéric Bastiat : « L’Etat est cette grande fiction sociale à travers laquelle chacun essaye de vivre aux dépens de tous les autres ».

 
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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1285 du 5 juillet 2016


Editorial : J – 128 : où en est-on ?

Conjoncture : Quelle reprise ?

Actualités : Les Libéraux : un programme pour rien - Un 1er Juillet en forme de 1er Avril - Voici que les Anglais déclarent la guerre fiscale ! -
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Le chômage est un scandale doublement public. D’une part, il n’a pour origines que des initiatives publiques : politiques budgétaires, monétaires, droit social. D’autre part, il est scandaleux d’avoir tant de chômeurs alors que la science économique donne une réponse claire au défi du chômage . « On a tout essayé contre le chô-mage » disent les gouvernants. Tout, sauf ce qui marche… En 1996 déjà un colloque tenu à Paris par des économistes de renom mondial rappelait cette évidence.

109 pages, gratuit

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