Hold up sur l’Assurance Vie PDF Imprimer Envoyer
Écrit par La rédaction   
Mercredi, 13 Février 2013 00:00

Le gouvernement veut obliger les assureurs à investir dans l’immobilier

L’analyse de Jean Yves Naudet s’enrichit des propos de Jérôme Cahuzac, qui vient d’annoncer une « réforme de l’épargne » à l’occasion des rencontres parlementaires sur l’épargne et la fiscalité. Le ministre du Budget a annoncé que le gouvernement allait demander aux assureurs de placer dans l’immobilier une plus grande partie de l’épargne récoltée par les contrats d’assurance vie. Pour rassurer, il a précisé que cette obligation serait assortie d’exemptions fiscales (très encadrées cependant) et ne représenterait qu’une quarantaine de milliards : peu de chose par rapport aux 1.800 milliards collectés.

Certes les placements immobiliers sont rares chez les assureurs, c’est seulement 2 % du total. On comprend facilement pourquoi : l’Etat a tué l’immobilier locatif privé avec sa fiscalité, sa réglementation (la législation sur les loyers est aberrante) et a misé sur le logement « social », de sorte que la rentabilité de l’immobilier dépasse difficilement 2%. C’est très insuffisant pour garantir un rendement honnête aux épargnants, puisqu’il faut au minimum du 4 % pour servir les pensions promises. Aujourd’hui pour l’essentiel les assureurs placent 56 % de l’épargne dans l’investissement des entreprises privées (actions et obligations) et c’est trop peu, surtout comparé aux 31 % placés en obligations d’Etat (on les y contraint).

Cet épisode démontre d’une part que l’Etat se moque éperdument des contrats privés, il se croit propriétaire de votre épargne et la dispense à sa façon et, d’autre part, que ceux qui veulent se protéger contre la ruine inéluctable des retraites publiques obligatoires de la Sécurité Sociale seront bientôt privés de la liberté de choisir ce mode de prévoyance.

 

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Voir la vie comme un économiste

Ce thème de l’allocution prononcée lorsqu’il fut honoré du prix Nobel d’économie (1992) résume l’originalité de Gary Becker. A la différence de la plupart des néo-classiques de l’école de Chicago à laquelle il appartient, Gary Becker ne propose pas un modèle d’homo oeconomicus stéréotypé. Quand il parle d’un décideur rationnel, cela ne veut pas dire qu’il fonctionne de façon mécanique, mais qu’il prend sa décision en mesurant avantages et inconvénients. Certes il n’a pas une information parfaite sur le pour et le contre, mais au moment où il choisit il ne peut s’empêcher de mettre en balance ce qui lui en coûtera et ce qui lui portera profit. C’est cela qui est « voir la vie comme un économiste ».

L’intérêt de l’œuvre de Becker est de montrer que cette rationalité s’applique dans la plupart des décisions, quelles que soient leur objet. Economie du crime : quelle est pour le criminel la probabilité d’être arrêté, condamné et d’exécuter sa peine et le crime est-il « payant » ? Economie de la fertilité : le travail de la femme et les coûts de l’éducation dissuadent-ils les époux d’avoir des enfants ? Economie de la nuptialité : quel avantage y a-t-il à passer devant le maire plutôt qu’à vivre en union libre ? Ces exemples sont frappants, et pourraient peut-être choquer. Mais Gary Becker essaie simplement de nous aider à comprendre comment se comportent la plupart des gens.

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