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Ce livret destiné à des militants libéraux avait deux objectifs : d’une part, rappeler le contenu du contrat que des candidats libéraux devraient passer avec les électeurs, d’autre part, imaginer deux scénarios de l’alternance : la gauche reconduite en 2002 et en 2007, mais devenue libérale, ou la droite au pouvoir en 2002 et pour longtemps. En fait, la droite a gagné en 2002, mais le scénario « Thatcher » n’a jamais fonctionné, et la gauche reprend le pouvoir en 2012 !

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L’économie est déséquilibre

Figure emblématique de l’école « autrichienne », ce professeur à l’Université de New York a développé l’idée de son maître Mises : l’économie est déséquilibre.

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REFORMES, VOUS AVEZ DIT REFORMES ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jean Yves Naudet   
Mardi, 02 Décembre 2014 00:00

Il n’est question, de tous côtés, que de « réformes structurelles ». C’est le sujet de prédilection du ministre de l’économie, Emmanuel Macron. C’est aussi la Commission européenne qui demande à la France un engagement précis sur un calendrier de réformes. C’est enfin ce que préconisent certains socialistes, comme le montre le rapport franco-allemand rédigé par Jean Pisani-Ferry et Henrik Enderlein, que la Nouvelle Lettre a commenté la semaine dernière. Bref, tout le monde veut des réformes. Mais lesquelles ? Car il y a fausses et vraies réformes, simples réformettes ou véritables ruptures.

 

Marché du travail : pas de réforme

Le marché du travail devrait être la priorité des réformes. On sait que les réformes faites en Allemagne du temps de Gerhard Schröder (les lois Hartz) lui ont permis de diviser par deux son taux de chômage. Rien de tel en France, en dehors de quelques mesurettes du pacte de responsabilité diminuant certains prélèvements sociaux. Pour le reste, en 2013, la loi sur la « sécurisation de l’emploi », présentée comme une évolution vers la flexisécurité, a surtout apporté davantage de contraintes.

Contrairement à ce qui s’est passé en Allemagne, rien de sérieux non plus sur les règles d’indemnisation, très peu modifiées par la tapageuse renégociation de 2014. Emmanuel Macron a évoqué un « assouplissement des 35 heures », donc quelques exceptions, mais pas de suppression de la durée légale du travail hebdomadaire. Quant à la proposition des « experts » franco-allemands de geler pendant trois ans les salaires, aussi vite retirée que présentée, elle va à l’encontre de ce qu’il faudrait faire. Il faudrait libérer le prix du travail pour en faire un vrai prix, progressant ici, diminuant là suivant les besoins des entreprises et la rareté du facteur travail.

Enfin, du fait de l’immobilisme syndical, pas question de toucher aux seuils sociaux, alors même qu’il y a 2,5 fois plus d’entreprises de 49 salariés que de 50, celles-ci hésitant à franchir le seuil en raison des surcoûts – le cinquantième embauché coûte cher !

 

Faut-il brûler le Code du Travail ?

Question pertinence, jadis posée par un éminent juriste spécialisé en droit social. Une véritable réforme du marché du travail passerait par le retour aux principes des obligations contractuelles. Le contrat tient lieu de loi aux parties qui l’ont signé. Les contractants passent un marché qui prévoit des prix librement négociés. Le prix du travail c’est le salaire au sens strict. Rien de tel dans notre Code du Travail où les prix sont à la fois rigides, à la baisse comme à la hausse, et sont le fruit de négociations collectives. La loi de l’offre et de la demande ne joue pas. Il n’y pas de « marché du travail » à proprement parler. Dans ces conditions, l’idée de gel des salaires proposée par le fameux rapport Pisani Ferry est absurde, car ce gel accentuerait le phénomène de faux prix. Seul un salaire librement négocié et flexible permettrait de réduire le chômage, en éliminant les faux prix.

Quant aux charges sociales, elles sont opaques (refus du salaire complet), ignorées des salariés et rigides avec le monopole de la Sécu. Réduire les cotisations de quelques points, sans modifier le système de protection sociale (retraites et santé), ne conduit qu’à diminuer les prestations.

Du côté des entreprises, une vraie réforme du marché du travail consisterait à ramener le droit du travail à quelques textes de base, alors qu’il est le plus contraignant d’Europe, afin de laisser place à la liberté contractuelle, permettant de répondre à toutes les situations particulières ; cela signifie aussi l’abrogation totale des 35 heures ; la liberté d’embaucher et de licencier : les entreprises, dans une situation incertaine, n’embauchent que si, en cas de difficultés, elles peuvent licencier ; la suppression des seuils sociaux, etc. Du côté des salariés, il faut les inciter à plus de flexibilité et de mobilité par une réforme véritable de l’indemnisation chômage, devenant plus incitative, et par une réforme de la formation initiale, qui n’a que peu de rapport avec les besoins des entreprises, comme de la formation continue.

 

Sécu : pas de réforme

Le problème des cotisations sociales, qui rigidifient le coût salarial, pose une question plus vaste : celle de la protection sociale obligatoire en France. Le dernier rapport de l’OCDE montre que la France a les dépenses sociales les plus élevées, atteignant 32% du PIB (contre 22% en moyenne dans l’OCDE). En même temps, nous avons les dépenses sociales les plus rigides, car passant par des monopoles publics. Chacun a perdu toute liberté en matière d’assurance sociale et lorsque le gouvernement veut diminuer le coût du travail, il a une marge de manœuvre quasi-nulle, la baisse des cotisations se traduisant par un recul des prestations. Une « vraie réforme », comme le soulignait la dernière Nouvelle Lettre, passerait par la mise en concurrence des régimes d’assurance maladie et donc la fin du monopole de la Sécu, chacun devant s’assurer, mais choisissant, comme pour l’automobile, son type d’assurance ; de même, il n’y a aucune marge de manœuvre avec les retraites par répartition ; seule une réforme radicale, consistant à passer à la capitalisation, rendrait à chacun la liberté, tout en améliorant les retraites. Il n’y aura pas de vraies réformes en France tant que la Sécu restera une vache sacrée.

 

Réduire la sphère de l’Etat

Une autre réforme concerne l’Etat, ses dépenses et sa fiscalité. Il faut réduire les taux d’imposition pour stimuler l’incitation à produire, travailler, entreprendre, investir. Réduire les taux certes, mais aussi la progressivité de l’impôt, qui est l’élément désincitatif par excellence, pour passer peu à peu à une vraie réforme, la « flat tax ». Il faut en même temps réduire drastiquement les dépenses publiques ; c’est là que les « réformettes » se heurtent à une limite : conserver le périmètre actuel de l’Etat et vouloir réduire les dépenses conduit à des « services publics » de moins en moins efficaces. La seule façon de résoudre le problème consiste à privatiser le secteur public et à le mettre en concurrence : cela réduira les dépenses et chacun choisira, la concurrence faisant baisser le coût pour tous.

 

Réformer, c’est choisir la liberté économique

Autre exemple, celui du logement : la réforme Duflot a été une catastrophe, même le gouvernement l’a compris et essaie d’échapper au piège mortel du blocage des loyers. Cela ne suffit pas : il faut certes libérer les prix, mais aussi privatiser, en particulier les logements sociaux, et libéraliser l’offre de terrains, les réglementations créant une rareté artificielle. Il faut aussi s’attaquer aux professions fermées, non pour les montrer du doigt, parce « qu’elles gagneraient trop », mais parce que la concurrence permet de rémunérer leurs activités au vrai prix ; cette réforme doit être une libération, pas une punition.

Pourquoi les Français craignent-ils les réformes ? Parce que réformer, sans changer le système, tout en réduisant ses recettes, conduit à dégrader les services rendus. De vraies réformes consisteraient à changer de logique, par la privatisation et la concurrence. Pour savoir quelles réformes il faudrait à la France, il suffit de se tourner vers les indices de liberté. Les derniers publiés, ceux du Fraser Institute, placent la France en 58° position sur 152, loin des vrais pays de libertés. La vraie réforme dont la France a besoin, c’est de choisir le chemin de la liberté, pour entrer dans « le top ten » des vraies économies de marché ; nous n’en prenons pas le chemin et nous ne cessons de reculer dans le classement. Les Français n’aiment pas les réformes, car ce sont de fausses réformes qu’on leur propose.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1360 du 18 avril 2018

Editorial : Un an après
Actualité
:
L’interview de trop - Des interviews pour rien
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Jean Baptiste Noé, La parenthèse libérale


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