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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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L’économie est déséquilibre

Figure emblématique de l’école « autrichienne », ce professeur à l’Université de New York a développé l’idée de son maître Mises : l’économie est déséquilibre.

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Mardi, 05 Juillet 2016 00:00

Après le « ça va mieux » du Président, voici que plusieurs conjoncturistes entrent en transes parce que « la reprise est là ». En particulier un rapport de BPI France Investissement énumérerait toutes les bonnes raisons pour les Français de se réjouir.

Cela ne peut avoir que deux significations : ou bien certains prennent leurs désirs pour des réalités et sont tellement désireux de voir Hollande se présenter qu’ils voient la courbe du chômage s’inverser à la moindre statistique, ou bien l’économie française a été touchée par une grâce providentielle, sortant de crise sans aucune réforme structurelle. Nous aurions donc le choix entre une reprise de convenance et une reprise de magie. Peut-être n’y a t-il pas de reprise, après tout…

 

Réjouissons-nous

Il faut tout d’abord observer que BPI France investissement n’est qu’une des branches de BPI : Banque Publique d’Investissement. Les gouvernants français n’aiment pas la finance, surtout quand elle est gérée par des marchands banquiers, assureurs ou boursiers. En revanche, rien n’est plus sain que la finance quand elle est entre les mains d’un organisme public. Non seulement la moralité y est respectée, mais on échappe ainsi aux erreurs et aux injustices du marché qui, on le sait, ne prête qu’aux riches. Et les petits entrepreneurs, les sans grade ? La BPI va prendre soin d’eux. Son art de la gestion est consommé puisqu’elle n’a pas à rechercher des profits, simplement accompagner les entrepreneurs. Quant à l’argent il vient d’emprunts publics, garantis par l’Etat et sa dette.

D’autre part, le rapport donne lieu à commentaire alors qu’il est sorti il y a près d’un mois, en tout cas avant le Brexit. Peut-être l’optimisme devrait-il être tempéré. Qu’importe : il y a tout lieu de se réjouir. La croissance a déjà redémarré partout dans le monde, et il est certain qu’elle sera au rendez-vous un peu plus tard chez nous, mais en 2017.

Les investissements dans les PME françaises ont repris, le climat des affaires est porteur et les entrepreneurs sont plutôt optimistes.

Sans doute le rapport de BPI France Investissement incite-t-il à une certaine prudence : même si la reprise est là, elle ne sera jamais aussi forte que par le passé. En France, la reprise consisterait à passer de 1,3 à 1,8, ce qui est mieux qu’une récession mais ce qui semble insuffisant pour éponger le chômage massif. La zone Euro se situerait en dessus de 2, mais continuerait à se traîner derrière les Etats-Unis et l’Angleterre autour de 3.

 

Les Cassandre

La Cour des Comptes, de son côté, a pour mission non pas de magnifier le rôle salvateur de l’Etat secourant les entrepreneurs, mais d’observer l’évolution des finances publiques. Et, de ce point de vue, la Cour accumule les mauvais chiffres, souvent masqués par des manipulations comptables et statistiques.

La Cour se penche sur le passé récent et met en doute les 15 milliards d’économie réalisés par l’Etat en 2015 ; les économies réelles n’ont pas dépassé 300 millions.

La Cour s’interroge sur le présent : les promesses du Président en campagne représentent au moins 4 milliards de dépenses nouvelles qu’aucune recette prévisible ne permet de couvrir. La Cour fait remarquer que toute rentrée fiscale à peine supérieure aux prévisions est considérée comme une « cagnotte » qu’il convient de dépenser au plus tôt. La Cour s’élève en particulier contre les chiffres concernant la dette annoncée par l’Agence France Trésor, qui ne voit dans ses présentations qu’une règle de bonne gestion (on appelle cela du « window dressing »).

La Cour s’inquiète pour le futur : non le déficit budgétaire ne sera pas ramené en dessous de 3 % du PIB en 2017 ; la France demeure l’un des cinq pays les plus déficitaires d’Europe.

Bien évidemment, la Cour ne prend pas en compte tous les aspects de l’économie française, son rôle n’est pas de faire de la macro-économie, ni de la prévision conjoncturelle plus large.

 

Les miracles économiques sont rares

Sans doute le frémissement de l’investissement industriel et une légère et lente reprise dans certains secteurs peuvent-ils ravir les optimistes inconditionnels. Mais, comme nous n’avons cessé de le répéter dans ces rubriques de conjoncture, aucune conjoncture n’échappe à l’état des structures. Quand les structures sont fossilisées, inadaptées, rien ne peut améliorer la conjoncture – sauf à préciser que les Ivoiriens sont heureux lorsque le cours mondial du cacao remonte. Nous n’avons aucune ressource naturelle ou agricole de nature à propulser notre croissance en quelques mois. En revanche, nous avons des charges d’une telle importance que l’économie en est paralysée : charge fiscales, sociales, réglementaires. Peut-être l’optimisme de certains se justifie-t-il par la perspective d’une alternance en 2017. Serions nous déjà entrés dans l’ère libérale ? Aurions nous réussi à sortir du socialisme, comme d’autres sortent de l’Europe (socialiste) ? Les semaines et mois qui viennent vont nous valoir un écran de fumée parce que l’incertitude européenne permettra de dire n’importe quoi. Mais une fois la fumée dissipée, la France restera en l’état, sans reprise et sans espoir. A moins qu’un séisme politique nous libère de l’Etat Providence.

 

Réjouissons-nous

Il faut tout d’abord observer que BPI France investissement n’est qu’une des branches de BPI : Banque Publique d’Investissement. Les gouvernants français n’aiment pas la finance, surtout quand elle est gérée par des marchands banquiers, assureurs ou boursiers. En revanche, rien n’est plus sain que la finance quand elle est entre les mains d’un organisme public. Non seulement la moralité y est respectée, mais on échappe ainsi aux erreurs et aux injustices du marché qui, on le sait, ne prête qu’aux riches. Et les petits entrepreneurs, les sans grade ? La BPI va prendre soin d’eux. Son art de la gestion est consommé puisqu’elle n’a pas à rechercher des profits, simplement accompagner les entrepreneurs. Quant à l’argent il vient d’emprunts publics, garantis par l’Etat et sa dette.

D’autre part, le rapport donne lieu à commentaire alors qu’il est sorti il y a près d’un mois, en tout cas avant le Brexit. Peut-être l’optimisme devrait-il être tempéré. Qu’importe : il y a tout lieu de se réjouir. La croissance a déjà redémarré partout dans le monde, et il est certain qu’elle sera au rendez-vous un peu plus tard chez nous, mais en 2017.

Les investissements dans les PME françaises ont repris, le climat des affaires est porteur et les entrepreneurs sont plutôt optimistes.

Sans doute le rapport de BPI France Investissement incite-t-il à une certaine prudence : même si la reprise est là, elle ne sera jamais aussi forte que par le passé. En France, la reprise consisterait à passer de 1,3 à 1,8, ce qui est mieux qu’une récession mais ce qui semble insuffisant pour éponger le chômage massif. La zone Euro se situerait en dessus de 2, mais continuerait à se traîner derrière les Etats-Unis et l’Angleterre autour de 3.

 

Les Cassandre

La Cour des Comptes, de son côté, a pour mission non pas de magnifier le rôle salvateur de l’Etat secourant les entrepreneurs, mais d’observer l’évolution des finances publiques. Et, de ce point de vue, la Cour accumule les mauvais chiffres, souvent masqués par des manipulations comptables et statistiques.

La Cour se penche sur le passé récent et met en doute les 15 milliards d’économie réalisés par l’Etat en 2015 ; les économies réelles n’ont pas dépassé 300 millions.

La Cour s’interroge sur le présent : les promesses du Président en campagne représentent au moins 4 milliards de dépenses nouvelles qu’aucune recette prévisible ne permet de couvrir. La Cour fait remarquer que toute rentrée fiscale à peine supérieure aux prévisions est considérée comme une « cagnotte » qu’il convient de dépenser au plus tôt. La Cour s’élève en particulier contre les chiffres concernant la dette annoncée par l’Agence France Trésor, qui ne voit dans ses présentations qu’une règle de bonne gestion (on appelle cela du « window dressing »).

La Cour s’inquiète pour le futur : non le déficit budgétaire ne sera pas ramené en dessous de 3 % du PIB en 2017 ; la France demeure l’un des cinq pays les plus déficitaires d’Europe.

Bien évidemment, la Cour ne prend pas en compte tous les aspects de l’économie française, son rôle n’est pas de faire de la macro-économie, ni de la prévision conjoncturelle plus large.

 

Les miracles économiques sont rares

Sans doute le frémissement de l’investissement industriel et une légère et lente reprise dans certains secteurs peuvent-ils ravir les optimistes inconditionnels. Mais, comme nous n’avons cessé de le répéter dans ces rubriques de conjoncture, aucune conjoncture n’échappe à l’état des structures. Quand les structures sont fossilisées, inadaptées, rien ne peut améliorer la conjoncture – sauf à préciser que les Ivoiriens sont heureux lorsque le cours mondial du cacao remonte. Nous n’avons aucune ressource naturelle ou agricole de nature à propulser notre croissance en quelques mois. En revanche, nous avons des charges d’une telle importance que l’économie en est paralysée : charge fiscales, sociales, réglementaires. Peut-être l’optimisme de certains se justifie-t-il par la perspective d’une alternance en 2017. Serions nous déjà entrés dans l’ère libérale ? Aurions nous réussi à sortir du socialisme, comme d’autres sortent de l’Europe (socialiste) ? Les semaines et mois qui viennent vont nous valoir un écran de fumée parce que l’incertitude européenne permettra de dire n’importe quoi. Mais une fois la fumée dissipée, la France restera en l’état, sans reprise et sans espoir. A moins qu’un séisme politique nous libère de l’Etat Providence.

 
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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1333 du 12 septembre 2017


Editorial : Pourquoi les Français n’aiment pas les réformes

Connaissance du libéralisme : Le renard libre dans le poulailler libre - La loi, la liberté et le droit - Droit,morale et religion

Avis à nos lecteurs : 8ème Week end de la Liberté


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