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Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

En 2007, l’ALEPS décide douze thinks-tanks libéraux français à proposer en commun un « Guide du candidat ». Six chapitres s’adressent respectivement au chômeur, au contribuable, à l’assuré social, à l’écolier, au citoyen et à l’Européen. Une grille permet de noter  les programmes des divers candidats. Sur 180 points théoriques, le premier est arrivé à 80 points, et Ségolène Royal à 5. On savait déjà que Nicolas Sarkozy ne serait pas libéral.
 

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L’intérêt général, fruit des intérêts personnels

Turgot partage sans doute avec Adam Smith la paternité de la science économique ; contemporains, les deux hommes n’ont cessé de correspondre et de s’influencer mutuellement. Puisque l’économie se ramène au jeu de l’échange, les divers acteurs de la production y recherchent leur intérêt personnel. Les conflits d’intérêts sont naturels, mais ils se règlent harmonieusement par le contrat. Par contraste vouloir établir d’en haut un intérêt général et recourir à la puissance publique pour l’imposer ne fait que contrarier les intérêts des uns pour mieux servir les intérêts des autres. C’est en cela que les procédures marchandes sont supérieures aux administrations politiques.

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Ceta : le libre échange organisé par les protectionnistes PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 25 Octobre 2016 00:00

Ceta : Comprehensive Economic and Trade Agreement, accord global sur l’économie et le commerce. Ce traité est en attente de signature entre le Canada et l’Union Européenne. Ses pérégrinations traduisent la profondeur de la crise européenne, dont le Brexit aura été un révélateur, mais elles ont surtout pour origine une nouvelle poussée de protectionnisme qui prend le masque du libre-échange. Le Ceta renoue avec l’insanité et les méfaits des « accords commerciaux » des années 1930 : le libre-échange n’est admis qu’à l’intérieur des limites fixées par les gouvernements. Il y a péril pour la croissance et la paix.

 

Les mésaventures du Ceta

La crise de 2008 a provoqué des réflexes protectionnistes dans de nombreux pays ; fort heureusement pour la croissance mondiale, la zone pacifique en a été globalement épargnée. Une négociation a été amorcée entre Américains du Nord (Canada et Etats-Unis) et Européens pour éliminer les nouveaux obstacles au libre échange et signer entre pays des rives Nord de l’Atlantique (North Atlantic) un traité de libre commerce (Free Trade Agreement) : le NAFTA. Avec les Etats-Unis, l’accord a été bloqué – en attente des élections, qui ne laissent présager rien de bon d’ailleurs. Qu’à cela ne tienne : on va au moins mettre les pendules à l’heure avec les Canadiens, eux-mêmes en libre échange (presque libre) avec les Américains. La base de l’accord : ouverture de l’Europe aux investissements canadiens, ouverture des marchés publics canadiens aux candidats européens, suppression des droits de douane et des contingentements pour les produits agricoles, procédure d’arbitrage accélérée et commerciale pour régler les conflits éventuels.

Restait cependant à faire accepter ce retour au libre échange par les Européens. Mais quels Européens ? Dans la logique de l’Union, c’est Bruxelles qui devait mener les négociations. Mais Bruxelles n’est pas un haut lieu de la liberté économique. Et Bruxelles a perdu toute crédibilité depuis le Brexit et la fronde des nouveaux membres d’Europe Centrale et de l’Est, d’autant que l’Europe est secouée par une vague de populisme souverainiste anti-NAFTA.

 

Le libéralisme façon protectionniste

L’or pur libre-échangiste s’est transformé en vil plomb protectionniste. Ce sont les alchimistes wallons qui ont crié tout haut ce que la plupart des gouvernements européens pensaient tout bas : ils ont voulu des éclaircissements et des apaisements sur les mesures envisagées par le Ceta. Une « déclaration interprétative » aurait dû les rassurer : le libre-échange sera très limité. Mais les Wallons socialistes (et menacés sur leur gauche par les nationalistes) ont fait leur mauvaise tête. Ils voulaient un traité encore plus protectionniste que prévu.
Pourtant, les détails du Ceta (version corrigée) sont significatifs, certains sont même ahurissants, comme le révèle notre confrère des Echos (hier matin) : on importera en Europe 30.840 tonnes de « viande bovine fraîche ou réfrigérée » et 15.000 tonnes de « viande bovine congelée ou autre », le tout étalé sur six ans. S’y ajoutent 3.000 tonnes de viande de bison dès la première année. A cette viande bovine s’ajoutent 75.000 tonnes de porc. En contrepartie, l’Union européenne pourra exporter en franchise de droits de douane 16.000 tonnes de fromage, étalées aussi sur six ans, auxquelles s’ajoutent 1.700 tonnes de fromage industriel. N’allez surtout pas croire qu’il s’agit de céder aux lobbies agricoles : c’est la santé des consommateurs européens qui est en jeu, il faut leur éviter le bœuf aux hormones et les OGM. Bastiat expliquait bien que la pétition des marchands de chandelles (pour les protéger contre la concurrence du soleil) n’était pas inspirée par le corporatisme mais par l’intérêt général.

 

Guerre ouverte ou chant du cygne ?

Il y a deux prolongements possibles à ce qui ressemble à une mascarade, mais qui est en fait un drame. Le premier est le scénario des années 1930 : le protectionnisme tue le commerce (les échanges mondiaux ont chuté de 90% en dix ans), le nationalisme économique crée la xénophobe et les peuples finissent par se haïr, puis par se battre. Les idéologies nazies et soviétiques (d’ailleurs unies en 1939) sont à base de nationalisme et de socialisme.

Le deuxième est le retour au libre échange. Les Etats ont été mis en concurrence par la mondialisation : la compétition est entre tous les producteurs de tous les pays, et les Etats perdent la maîtrise de « leur » économie, c’est à dire l’occasion de distribuer privilèges et subventions pour défendre et élargir leur clientèle électorale, au détriment du pouvoir d’achat et de la satisfaction de millions de consommateurs. Réduits à l’impuissance, les Etats essaient de constituer des cartels locaux (la forteresse Europe contre le reste du monde, l’isolationnisme américain ou russe), mais les émergents sont là et veulent accéder au marché mondial, exporter et importer, investir chez eux et ailleurs. Et quelques bonnes années de libre-échange dans le domaine de l’industrie et des services ont forgé une interdépendance qu’il est impossible de défaire – sauf à recourir à l’arme nucléaire.

 

 
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Au sommaire du n°1360 du 18 avril 2018

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