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Le général Aoun, président du Liban PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 09 Novembre 2016 00:00

Une bonne nouvelle pour ce pays martyr et ami

 

La présidence du Liban était vacante depuis mai 2014. La cause en était la division des Chrétiens (principalement maronites, orthodoxes et catholiques melkites), jadis respectueux d’un équilibre empirique et tolérant entre communautés, institutionnalisé par des accords intercommunautaires en 1943 et toujours en vigueur. C’est la guerre avec Israël puis avec la Syrie qui avait remis en cause cet équilibre.

La division s’est accentuée et radicalisée quand le conflit entre sunnites et chiites a éclaté. Les sunnites s’étaient emparés du pouvoir avec le clan des Chrétiens proches des Sunnites et ennemis de Bachar El Assad (le clan Harriri, du nom du premier ministre assassiné en 2005). Mais l’exode d’un million et demi de Syriens sunnites a changé la donne, la fragile paix civile est menacée, de sorte que le clan opposé (chiites favorables au hezbollahs soutenus par les Iraniens) a progressé sans cesse, jusqu’à ce que le clan Harriri accepte la présidence du général Aoun.

De formation et de culture françaises (diplômé de notre Ecole de Guerre), le général Aoun a été le commandant en chef de l’armée libanaise, aux côtés du président Amine Gemayel, et a mené les opérations de la « guerre de libération » contre la Syrie (avec le soutien de la France et des Etats Unis). Sa défaite, provoquée en partie par le soutien inattendu des Américains à la Syrie à l’occasion de la guerre du Golfe, le conduit progressivement à l’exil en France en 1990, où il restera « prisonnier » à Marseille d’abord, puis à Paris, jusqu’à son retour au Liban en 2005.

Au début de la semaine dernière (31 0ctobre) le général est élu président. C’est en apparence une défaite pour les sunnites et l’Arabie Saoudite et un succès pour les chiites, El Assad et l’Iran. Mais c’est le Liban qui est le grand vainqueur, les ferments d’une paix civile et d’un retour à l’unité des Chrétiens permettant de contenir la pression des immigrés syriens. Cette perspective n’efface pas pour autant les visées de l’islamisme totalitaire sur le Moyen Orient. La bataille de Mossoul et sa suite peuvent-elles neutraliser les sunnites ?

 

 
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Au sommaire du n°1337 du 14 octobre 2017

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