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Socialiste et  macro-économiste

Issu de Cambridge et élève d’Alfred Marshall, John Meynard Keynes emprunte aux marginalistes les concepts d’équilibre général et de courte période. Mais il appartient aussi à la Société Fabienne, qui regroupe les socialistes réformateurs anglais. A ce titre, il ne croit pas aux vertus habituellement prêtées à l’économie de marché par ses prédécesseurs néo-classiques.

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L’illusionniste PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mardi, 21 Mars 2017 00:00
Les tours de carte de Macron l www.libres.org

Emmanuel Macron est un illusionniste dangereux. C’est ce qui ressort nettement de ses écrits et de sa prestation hier soir, c’est ce que nous devons démontrer à tous ceux qui sont tombés sous le charme ou qui ont l’intention de faire l’impasse sur le vote du 23 avril.

 

Les sept minutes de son intervention sur la France dans le monde lui ont valu la réplique de Marine Le Pen : « Je suis incapable de retenir une seule idée de ce que vous avez dit ». « De nouveaux visages, de nouveaux usages » nous propose l’illusionniste, mais pas de nouvelles idées puisque le projet de Macron est indéchiffrable. Il écrit dans le Figaro de vendredi un article pour expliquer ce qu’il a voulu dire : « Il n’y a pas de culture française » : oui, il y a une culture française. Après son inoubliable « crime contre l’humanité » : non je n’ai pas condamné les colons ni la présence française en Algérie.

Dans le débat, il s’est appliqué à être d’accord avec tout le monde, Fillon comme Mélanchon. Seule Marine Le Pen n’a pas eu droit à ce sage consensualisme. Il pique dans le discours des autres ce qui peut plaire à l’électorat. Il est libéral avec Fillon, solidaire avec Hamon, révolutionnaire avec Mélenchon. Certes il ne peut éviter quelques affrontements majeurs : sur le burkini avec Marine Le Pen, sur les lobbies avec Hamon, sur les 35 heures avec Fillon, mais il s’en sort par des volte faces ou des ambiguïtés. L’essentiel, c’est d’apparaître comme le conciliateur, le rassembleur (« de Robert Hue à Alain Madelin », disent les journalistes). « Je vous aime, je vous ai compris » : pour prouver qu’il est proche des Français et qu’il veut les réunir, il a les idées de tout le monde et de personne à la fois. Voilà pourquoi le « vieux clivage » entre droite et gauche ne lui convient pas – du moins en paroles. Il lui faut aller à la pêche de toutes les voix et, pour cela, se complaire dans l’incohérence, la magie du verbe, le mirage de la jeunesse sincère et généreuse. Mystique, christique.

Mais ce mystique n’est pas mystérieux, et ce christique est diabolique. Cet homme est dangereux, parce qu’il avance masqué. Derrière le paraître, il y a l’être. Et l’être Macron est finalement facile à déchiffrer pour peu qu’on se rende à certaines évidences. L’évidence de ses soutiens d’abord. Il accrédite la thèse du « vieux clivage » pour mieux masquer qu’il est le candidat de la gauche socialiste. Toutes les troupes hollandaises l’ont rejoint, à l’exception de Najat ou de Duflot ; d’ici quelques jours on verra le ministère vidé de son sang socialiste pour la transfusion macronique. Mieux encore : dimanche dernier Sigmar Gabriel, président du parti socialiste allemand (SPD) –avant de céder sa place à Martin Schultz, candidat à la chancellerie- n’hésitait pas à s’ingérer dans les présidentielles françaises en déclarant qu’une Europe dirigée par Martin Schultz et Emmanuel Macron serait « le plus beau rêve des Européens ». Pendant combien de temps Macron pourra-t-il mentir aussi effrontément en prétendant ne pas appartenir à la gauche ?

En dehors des soutiens de la classe politique, Macron devrait faire toute la lumière sur ses soutiens intellectuels et financiers. Le carré de ses premiers mentors a été constitué par Pierre Bergé, Alain Minc, Jacques Attali, Laurent Bigorgne (président de l’Institut Montaigne, où règne aussi Claude Bebear). C’est de la gauche pur jus. Son principal allié est Patrick Drahi, cet « homme d’affaires » à la tête du groupe Altice auquel Macron alors ministre a accordé l’achat de SFR, c'est-à-dire BFM TV, l’Express, Libération, Numéricable. Entre Macron et Drahi, le lien permanent est assuré par Bernard Mourad, ancien banquier de Drahi et organisateur du mouvement « En Marche ». Le milliardaire Bernard Arnault (LVMH) n’est pas indifférent à la candidature Macron puisque le secrétaire général de son groupe Michel Jamet a un œil sur Les Echos que le groupe LVMH a racheté. Michel Jamet a été directeur de cabinet du regretté Henri Emmanuelli. Répondre à l’arrogante question de Benoît Hamon sur ses liens avec les lobbies en clamant son indépendance de toute puissance d’argent aura été le mensonge majeur de Macron au cours de cette émission.

D’ailleurs tous les soutiens de Macron s’inscrivent dans un projet global que tous les électeurs devraient connaître : maintenir au pouvoir les sectes, les équipes, les élites, les princes qui nous gouvernent depuis des décennies. Enarques, hauts fonctionnaires, grands présidents de banques, de médias et d’entreprises : tous ont craint une véritable alternance qui remettrait la politique de la France entre les mains de dirigeants hostiles au système qui a conduit la France à la ruine, au chômage, à la pauvreté. Ce système est celui du capitalisme de connivence, alliance discrète mais efficace entre le monde des affaires et la classe politique. Jusqu’à quand l’illusionniste fera-t-il illusion ? Notre mission est de le démasquer, simplement en disant la vérité.

 
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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1361 du 25 avril 2018

Editorial : La sueur des autres
Actualité
:
La vraie nature de l’impérialisme américain - Jeunesse et éloquence : Macron a séduit les Américains - Gentils étudiants et méchants CRS
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Pierre Bentata, Les désillusions de la liberté


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