Commandez

Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Lettre hebdomadaire (40 numéros) qui est dans sa 31ème année : c’est le commentaire libéral de l’actualité économique, sociale et politique, en toute indépendance. C’est aussi une source d’information sur les idées de la liberté dans le monde entier. Editorial de Jacques Garello, chronique de conjoncture de Jean Yves Naudet, rubriques d’actualité, revue des livres, dossiers.

8 pages, Abonnement électronique (format pdf) 40 € (40 numéros par an)

Bulletin d'abonnement

Portait

La route de la servitude

En décembre 1943 Hayek écrit à Londres un ouvrage qui porte ce titre. En 1945, ce livre lui vaudra la célébrité :

Lire la suite...
Le CAC à 5.000 : reprise ou bulle ? PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 21 Mars 2017 00:00

Deux chiffres ont été commentés avec enthousiasme ces derniers jours : on peut prévoir pour 2017 un taux de croissance proche de 2%, et, avec un indice CAC 40 franchissant le seuil psychologique des 5.000 points ? la bourse est redevenue optimiste. L’enthousiasme n’est pas innocent dans le contexte électoral : ces bons résultats ne seraient-ils pas le fruit du tournant pris en 2015 grâce à un jeune ministre de l’Economie ? En réalité le CAC à 5.000 s’inscrit dans un contexte financier mondial artificiel et dans une conjoncture économique fragile.

 

La lecture électorale

Avec 5013 points atteints vendredi dernier, l’indice de la Bourse de Paris retrouve son niveau du 11 août 2015, effaçant les secousses liées depuis lors à la crise grecque, la dévaluation du yuan chinois, le Brexit. Pourquoi cette belle conjoncture ? Est-elle réellement belle ?

La première explication est électorale. Il y a eu concomitance des 5.000 points avec l’issue des élections aux Pays Bas, et les opérateurs en bourse auraient été rassurés par la défaite du populisme. Ce serait un signal donné aux électeurs français pour les éloigner du vote Le Pen : les oracles de l’économie veulent écarter le spectre du populisme en France et ailleurs (en Allemagne notamment). Voilà qui tombe à point ! Mais c’est oublier, d’une part, que s’il y a incertitude sur l’évolution politique en Europe, c’est bien parce que l’Europe elle-même est en crise grave – et que le populisme n’est que le sous-produit de cette crise structurelle ; c’est négliger, d’autre part, que toutes les bourses du monde sont à la hausse, y compris Wall Street qui n’a pas l’air de s’inquiéter outre mesure du populisme Trump, tant s’en faut.

 

La lecture de la reprise

Précisément c’est Trump qui serait à l’origine de l’optimisme boursier. Son grand programme d’investissements publics est une promesse de commandes pour les secteurs des BTP et de l’industrie. Mais Trump peut-il obtenir du Congrès le financement des grands travaux envisagés ? L’endettement budgétaire américain atteint le plafond fixé par la législation, et il faudra peut-être retarder le démarrage du programme. Le budget de patriotisme économique « America first » aura des retombées incertaines ; on invoque à l’inverse la bonne nouvelle que représente pour les Etats-Unis la hausse du baril de pétrole à 50 dollars (due une fois de plus à la réduction de la production de l’OPEP) puisque la dépendance énergétique du pays est désormais assurée par les gaz de schiste. Au demeurant, il y a un signe qui ne trompe pas : c’est que sur toutes les places ce ne sont pas essentiellement les entreprises industrielles qui flambent, mais bien les valeurs financières : nous y voici.

 

Les taux d’intérêt en balance

Nous n’avons cessé ici de dénoncer le caractère artificiel et dangereux des taux zéro. Evidemment, la gratuité du loyer de l’argent est toujours très appréciée en bourse, puisque la masse de liquidités disponibles permet des spéculations plus audacieuses. L’argent est la matière première des financiers. On peut observer qu’à Paris, comme à New York, ce sont souvent les valeurs financières qui ont flambé. Les boursiers ont été rassurés par la position de la FED sur les taux d’intérêt. Alors qu’on craignait une remontée brutale et ruineuse des taux, Madame Yellen a rassuré : on ira progressivement. Elle a donné un calendrier précis : deux hausses en 2017 et trois en 2018. A partir du moment où on peut anticiper l’évolution, il n’y a pas à trop s’inquiéter, l’anticipation est intégrée dans les cours. De son côté, Mario Draghi a confirmé que les taux de BCE seront maintenus au plus bas, ce qui permet aux banques européennes d’être à l’aise pendant quelque temps. Oui, mais jusqu’où ?

C’est ici que l’euphorie boursière devient trompeuse. On peut toujours imaginer que la course à la relance sera sans fin, que l’inflation est une bonne chose (alors qu’elle brouille les signaux du marché), mais le discours de Janet Yellen peut aussi être lu différemment : on tourne la page de la politique accommodante parce que l’inflation doit être tenue « rampante », et la valeur du dollar ne peut trop se déprécier. En fait l’histoire monétaire démontre que l’on passe vite de l’inflation rampante à l’inflation ouverte, avec son cortège de distorsions et d’injustices. Le CAC à 5.000 : à utiliser avec modération.

 

 
More Articles :

» L’économie française aux couleurs de l’Elysée

« L’économie française retrouve des couleurs » : titre des deux pages que le Figaro de mercredi dernier consacrait à la conjoncture, assorties de deux photos géantes du Président et de son Premier Ministre. Même enthousiasme à la une...

» La France attire les capitaux étrangers

Les investissements étrangers en France ont augmenté en 2016. Bonne ou mauvaise nouvelle ? L’agence publique Business France se réjouit : la France est devenue attractive. Mais il y a deux revers à la médaille : l’un politique (la...

» Brexit : un défi pour la City ou pour les Européens ?

Demain mercredi, les négociations entre Theresa May et Bruxelles vont commencer. Les conséquences politiques du Brexit sont considérables : le Royaume Uni peut exploser sous la pression des Ecossais et des Irlandais. Mais quid des conséquences...

» Le marché de l’immobilier en 2017

Le marché de l’immobilier a connu un dynamisme sans précédent en 2016. Est-ce un signe de reprise économique, une promesse de croissance ? La crise du logement est-elle en voie de solution et va-t-elle s’atténuer en 2017 ? Ces questions...

» Croissance : les alarmes du FMI sont-elles justifiées ?

Mardi dernier le Fonds Monétaire International révisait à la baisse ses prévisions de croissance mondiale pour l’année 2017. Il n’en fallait pas plus pour que les places boursières accusent le coup. Mais en une semaine, les cours ont...

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1341 du 15 novembre 2017

Editorial : La voix de son maître
Actualité
:
Y = C+I+ [X-M]  - Refondation sur un socle boîteux  - Que se passe-t-il à Riyad ? - Merkel-Macron : front commun à la COP 23
Connaissance du libéralisme :
La transmission de la propriété
Lu pour Vous :
La tyrannie de la redistribution


Acheter le numéro

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...