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Un triste gouvernement centriste PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 15 Mai 2017 00:00
Macron invente le gouvernement "équilibré" l www.libres.org

Sans surprise le gouvernement provisoire de la République Française sera centriste. Centriste dans notre pays, c’est être à la gauche de la droite, qui est déjà à gauche. On est donc dans la pure logique macronienne : ni droite ni gauche, mais tout de même plutôt à gauche.

 

 

Le parcours d’Edouard Philippe est déjà éloquent : rocardien et jupéiste. Il a donc tous les brevets de bonne conduite requis. Quant aux membres du gouvernement, ils sont tantôt les fidèles d’En Marche, tantôt le fruit de la « transgression », c'est-à-dire mutation d’un centriste de droite en centriste de gauche. Certes il y a quelques exceptons, dans les deux sens : d’authentiques gauchistes ou écologistes révolutionnaires, mais au moins un libéral avéré à l’Economie Thierry Breton, chef d’entreprise compétent et estimé de tous, jadis membre de l’équipe Madelin.

Ce qui est triste, c’est le jeu politicien avec lequel beaucoup d’électeurs pensaient qu’on allait rompre. Mais non : la manœuvre est bien menée pour faire éclater le parti Les Républicains, il faut effacer le mauvais souvenir de François Fillon. La « transgression » est le nom poli pour trahison, mais on va fermer les yeux : le rassemblement des Français n’est-il pas une urgence ? L’urgence passe par le rassemblement des politiciens de tous bords.

Ce qui est triste, c’est que la composition de ce gouvernement pourrait annoncer cinq ans de « centrisme », c'est-à-dire d’une politique excluant toute réforme libérale et entraînant la nation vers toujours plus d’Etat et toujours plus de déclin économique et sociétal. Ce centrisme n’est pas nouveau, nous le vivons au moins depuis Chirac (c'est-à-dire 1995). Nous voici revenus à la « troisième force » unissant MRP et SFIO, avec une touche de gaullisme pour relever la sauce.

Ce qui est triste, en fin de compte, c’est que la preuve est déjà faite qu’Emmanuel Macron va gouverner sans avoir de cap, sans se donner une ligne de conduite autre que celle d’exercer le pouvoir, et de l’exercer en monarque absolu, lui « le maître des horloges ». La France souffre depuis des décennies de cet « empirisme organisateur » cher à Maurras, de cet « adoxalisme » dénoncé par Daniel Villey, et je n’ai cessé dans ces colonnes de montrer tout le mal de ce refus de la doctrine, que l’on assimile à tort à un refus de l’idéologie. On demeure dans la grande tradition et du gaullisme et de la Cinquième République « La doctrine du gaullisme c’est de ne pas en avoir », disait Michel Debré.

Maintenant la question qui se pose aujourd’hui est : ce gouvernement est-il provisoire ? Il a été certainement conçu dans la perspective des législatives : propulser les candidats d’En Marche pour avoir une majorité docile à l’Assemblée Nationale. Grâce à des ministres « transgressés », vieilles gloires de la droite et du centre, qui ont prouvé naguère leur art subtil de la politique, il faut semer trouble et division dans les rangs des candidats, mais surtout persuader les électeurs « de la droite et du centre », qu’ils n’ont rien à craindre d’une majorité centriste rajeunie.

Il est évident que le succès de cette opération dépendra de la qualité de la campagne des opposants à Macron. D’une part vont-ils exploiter les failles béantes du programme du Président : sur le code du travail, sur le sort des services publics et les économies budgétaires, sur l’avenir des retraites, sur la liberté scolaire, sur les mesures sécuritaires, sur la lutte contre le totalitarisme islamique ? Pour l’instant Emmanuel Macron ne peut guère se prévaloir que de sa détermination européenne, et c’est pourquoi les premières relations avec Angela Merkel seront déterminantes. Encore faut-il savoir qui imposera ses vues à l’autre, elles ne sont guère compatibles pour l’instant.

D’autre part, quel programme mettre en face ? J’ai exprimé déjà mes souhaits et mes craintes sur ce point. Mes souhaits, comme ceux de tous les libéraux : des réformes de rupture dans tous les domaines. Mes craintes : un affadissement du programme Fillon, déjà bien édulcoré après Novembre. De la sorte les électeurs auront le choix entre deux programmes Macron, deux programmes centristes : celui présenté par En Marche et celui présenté par les « opposants », dont on ne sait pas encore s’ils cohabiteront, ou collaboreront, ou…transgresseront. Tristesse.

Mais la tristesse n’est pas un sentiment durable chez les hommes et les femmes qui défendent et diffusent les idées de la liberté. La cause que nous avons épousée est trop noble et trop utile pour se laisser aller au découragement. Nous avons, dès maintenant, à nous tourner vers les candidats pour les encourager dans la bonne voie : rejeter le centrisme, choisir le pari sur la liberté.

 
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Au sommaire du n°1341 du 15 novembre 2017

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