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Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

En 2007, l’ALEPS décide douze thinks-tanks libéraux français à proposer en commun un « Guide du candidat ». Six chapitres s’adressent respectivement au chômeur, au contribuable, à l’assuré social, à l’écolier, au citoyen et à l’Européen. Une grille permet de noter  les programmes des divers candidats. Sur 180 points théoriques, le premier est arrivé à 80 points, et Ségolène Royal à 5. On savait déjà que Nicolas Sarkozy ne serait pas libéral.
 

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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La mondialisation est-elle remise en cause ? PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 09 Mai 2017 00:00

Aux Etats-Unis, en Europe, les idées et discours protectionnistes ont progressé. Antimondialistes et altermondialistes ont la cote, et l’Organisation Mondiale du Commerce s’inquiète. Non seulement cette inquiétude n’est pas justifiée, mais la mondialisation, en dépit de ses imperfections actuelles, continuera à garantir le développement et la paix dans tous les pays du monde.

 

Le faux procès de la mondialisation

La mondialisation est mise en cause : source de concurrence sauvage, facteur de désindustrialisation dans les pays les plus avancés, mais aussi de pillage des pays les plus pauvres. Si l’on définit la mondialisation par l’ouverture de tous les pays du monde au libre-échange, sans considération de la nationalité des producteurs et des consommateurs, elle est loin d’être achevée. Les entraves au libre-échange sont encore très nombreuses, pour des raisons politiques, pour des raisons économiques.

Politiquement, la mondialisation guide les Etats vers le protectionnisme. D’une part, les producteurs nationaux constituent une clientèle électorale qu’il faut choyer. Chaque gouvernement se présente en protecteur des nationaux menacés dans leur emploi, dans leur revenu, et confrontés à une concurrence généralisée et de plus en plus active. D’autre part, les Etats eux-mêmes sont mis en concurrence, puisque c’est du poids de leurs impôts (donc de leurs dépenses), de leurs réglementations, de leur gestion financière, que dépend la compétitivité de leurs nationaux. Voilà l’origine des délocalisations, punition exemplaire des Etats, mais qui retombe finalement sur tous leurs sujets.

Economiquement, les règles de l’échange sont en fait fixées par les Etats ainsi motivés. Leur ingérence prend paradoxalement la forme des « traités de libre échange », qu’ils s’appellent NAFTA pour l’Amérique du Nord ou NAFTA pour l’Atlantique du Nord. Les Etats cherchent à constituer des chasses gardées à partir de négociations sur les normes, sur les quotas, sur la qualification des produits (stratégiques, écologiques). Entre les producteurs et consommateurs du monde entier il y a nécessairement l’écran des Etats ou des cartels d’Etats. Ainsi va-t-on imputer à la mondialisation ce qui est en fait retour au protectionnisme.

Quant aux flux financiers et boursiers, leur rapidité ne doit pas donner l’illusion d’une liberté sans borne : la réglementation (Bâle) et les politiques monétaires faussent le marché et font redouter des crises comme celle de 2008.

 

La mondialisation a-t-elle ruiné le monde ?

 

REVENU PAR TÊTE

1990

2015

PROGRESSION

Allemagne

19.031 US $

47.268 US $

248 %

Royaume Uni

17.446 US $

41.324 US $

236 %

États-Unis

23.954 US $

55.836 US $

233 %

France

17.505 US $

39.678 US $

226 %

Des chiffres présentés par Yves Buchsenschutz et Claude Sicard, membres de l’association Emploi 2017 dirigée par Bernard Zimmern, et ayant pour sources les très officielles statistiques de l’OCDE et de la BIRD, montrent que la période qui s’écoule de 1990 (Gorbatchev) à 2015 a été marquée par une progression spectaculaire du revenu moyen par tête (chiffre en pouvoir d’achat, donc corrigé des variations monétaires). Plus spectaculaire encore : pendant la même période le passage au marché mondial a permis le développement des pays les plus pauvres : le revenu du Chinois a été multiplié par 14, celui de l’Indien par 6, celui de l’Indonésien et du Thaïlandais par 4. Certes, ils étaient partis de très bas, mais les Chinois ont aujourd’hui un niveau de vie égal à celui de la France en 1980. Mais dire que la mondialisation, plus forte que le protectionnisme, aurait causé la misère et accru les inégalités est un mensonge. A l’exception de l’Afrique et d’une partie de l’Amérique Latine ravagées par les guerres et les dictatures, c’est l’humanité entière qui a bénéficié de la mondialisation.

Productivité et information

Faut-il s’en étonner ? Nous voici revenus à Adam Smith : l’échange crée la richesse. La mondialisation s’est accompagnée d’une double évolution : hausse de la productivité et diffusion de l’information. Les progrès réalisés dans le domaine de l’agriculture et des transports sont bien au-delà de ceux qu’a produits la révolution industrielle du 18ème siècle. Non seulement les produits ont circulé plus facilement (révolution dans les transports, transferts de technologie) mais l’information sur les produits s’est déjouée des frontières grâce au numérique. De la sorte, le marché mondial est parfaitement instruit des possibilités offertes dans les diverses régions de la planète, et la concurrence a obligé chacun à s’aligner sur les plus performants. Les consommateurs en ont profité, mais tout autant les producteurs mieux avertis des techniques et des débouchés possibles.

Dans ces conditions, il est vain de penser que la mondialisation puisse être remise en cause, et tôt ou tard les efforts désespérés des Etats ou des cartels d’Etats (comme l’Union Européenne) ne résisteront pas à la dynamique de l’innovation et du progrès social. On parlera toujours de dumping social, fiscal, environnemental, mais ce discours politique sonnera de plus en plus creux – à moins que l’on revienne aux années 1930, comme le voudraient les populistes. S’il y a un risque majeur pour la paix, c’est certainement le totalitarisme islamique.

 

 
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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
Actualité
:
Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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