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La crise est inéluctable

A la différence d’Adam Smith et Turgot qui pensaient que l’activité économique apporte le progrès en permanence, grâce à des adaptations permanentes voulues par le marché, Malthus estime que la crise est inéluctable dans un pays industrialisé.

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Macron et Poutine PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 30 Mai 2017 00:00

Poutine n’a pas reçu la leçon d’un Macron russophile sans l’être

 

Les Français sont habitués aux louvoiements de leur Président. Il a montré tout au long de la campagne et dans ses premiers actes de gouvernement qu’il pouvait tout dire et tout faire sans souci de cohérence ni de vérité. Vladimir Poutine allait-il être dupe des habiletés de son hôte ?

Il n’en a rien été, pour plusieurs raisons.

La première, et c’est un trait de courage d’Emmanuel Macron, parce que sur deux sujets au moins il a affirmé dans sa conférence de presse qu’il désapprouvait la position de Poutine : sur l’usage des armes chimiques, et sans ménagement, sur l’application des accords de Minsk (février 2015) qui liaient Russie, Allemagne, Ukraine et France pour veiller à la paix dans les régions séparatistes de l’Ukraine (on parle encore de Format Normandie pour désigner le principe d’une présidence tournante de l’Organisation de Sécurité Collective en Europe chargée d’observer la situation ukrainienne). A vrai dire, les accords de Minsk ne contraignent pas férocement la Russie, même si la naissance d’un Etat Ukrainien fédéraliste souhaitée par le Kremlin a été écartée ; l’indépendance ukrainienne est toujours menacée aujourd’hui.

La deuxième raison est que le Président français a (volontairement ?) humilié son hôte en rappelant que c’est en venant en France que le tsar Pierre 1er a pris les leçons de liberté apprises de la philosophie des Lumières : la Russie ne se serait jamais réformée ni modernisée sans l’illumination française. Là encore, l’histoire est très sollicitée par notre Président, puisque la philosophie des Lumières a été avant tout écossaise, et au 17ème siècle, tandis qu’en 1717, date de la visite du tsar, Voltaire était prisonnier à la Bastille (il avait 23 ans) et Rousseau avait 5 ans. Poutine lui a renvoyé la balle en rappelant qu’au 11ème siècle, Anne de Kiev avait été reine de France avec Henri 1er pour époux et que la princesse russe avait ainsi été à l’origine des dynasties de Valois et de Bourbon. La Russie n’a donc pas à recevoir de leçon de la France.

La troisième raison est que Poutine a esquivé tous les coups que Macron voulait marquer. D’une part, s’agissant des sévices et discriminations contre les homosexuels en Tchétchénie, une affaire qui avait mobilisé plusieurs manifestants aux portes du Palais, Macron s’est entendu dire que les responsabilités sont certainement celles du gouvernement local, et le Kremlin fera une enquête. De même le siège d’Alep, qui ressemble à un massacre pour Macron, est au contraire une victoire sur le terrorisme pour Poutine. La lutte contre le terrorisme semble pourtant le lien le plus étroit entre les deux présidents, mais il faut savoir que Poutine considère comme terroriste tout ennemi du Kremlin, les indépendantistes tchétchènes sont aussi dangereux que les gens de Daech, et pourquoi pas les Ukrainiens ?

La quatrième raison est l’intransigeance de Poutine en ce qui concerne les représailles économiques adoptées par l’Union Européenne contre la Russie, à la suite de l’annexion de la Crimée et en parade contre une invasion de l’Ukraine. Certes l’économie russe est en pleine débâcle, avec ou sans représailles, à cause d’un capitalisme d’Etat qui étouffe toute créativité, mais les représailles heurtent naturellement l’orgueil du Kremlin et leur levée est une exigence fortement rappelée par Poutine.

Enfin et non le moindre, Emmanuel Macron était en représentation ici comme à Bruxelles ou au Mali. Il est vrai que la France et la Russie ont des liens d’amitié historique à certains égards. Mais il ne faut pas oublier que les deux pays ont été dans des camps opposés à l’occasion de nombreuses guerres : avec Napoléon et Alexandre bien sûr, mais aussi avec la guerre de Crimée, puis en 1917 quand les Soviets ont cessé d’attaquer l’Allemagne, puis en 1930 avec le pacte germano-soviétique et enfin, et non le moindre, après 1944, quand la France a trouvé l’URSS alliée du Vietminh, puis des Fellagas, et pendant toute la guerre froide. Il ne faut pas oublier non plus que durant toute la campagne Macron a attaqué François Fillon accusé de russophilie, puisque le candidat Républicain voyait dans El Assad le protecteur des Chrétiens du Moyen Orient et soutenait qu’aucune solution au conflit ne pouvait exister sans la participation de la Russie. Il semblerait que le Président ait ici oublié ce qu’il avait dit pendant qu’il était candidat. Est-ce surprenant ?

 
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Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


Editorial : La Reconquête

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