La chute de Raqqa Imprimer
Mercredi, 05 Juillet 2017 00:00

Le califat est détruit, mais l’imbroglio politique demeure

 

Il y a toutes raisons pour se féliciter de la chute de Raqqa. D’une part la folle idée du totalitarisme islamiste de recréer un Etat musulman, de ressusciter l’empire ottoman, vient de s’effondrer. D’autre part il est mis fin à l’un des plus atroces massacres de l’histoire contemporaine : les djihadistes avaient pris la population en otage, elle servait de bouclier contre les attaques terrestres et aériennes. La « capitale » du califat est donc prise, et les chefs islamistes ont fui.

Mais les conditions mêmes de cette chute indiquent l’impasse politique dans laquelle s’engagent les acteurs de la victoire. Plus que partout ailleurs à ce jour, la rivalité a été totale entre la Syrie de Bachar El Assad, soutenue par les Russes, et l’Armée Démocratique de Syrie, soutenue par les Etats Unis et la « coalition » à laquelle participe la France. Depuis quelques mois, sur le terrain, l’ADS a fait des avancées spectaculaires et décisives. Rien n’indique que les deux forces se partageront pacifiquement la ville de Raqqa. Dans d’autres théâtres d’opération, les kurdes ont eu une intervention spectaculaire, ce qui pose le problème de l’indépendance kurde, dont les Turcs ne veulent pas, mais les Turcs sont alliés maintenant aux Russes.

Certes cette analyse n’est pas originale, les forces en présence sont les mêmes depuis des années. Mais la chute du califat pourrait provoquer un « effet domino », d’autant plus que les relations Poutine-Trump ont pris un tour plutôt aigu depuis deux mois. En tous cas, il semblé aujourd’hui difficile de trouver une solution sans y associer El Assad et les Kurdes.

Enfin, et non le moindre, il ne faut pas oublier que si le foyer central de l’offensive islamique est la Syrie et les régions limitrophes, il y a un autre centre d’offensive militaire et de terrorisme en Afrique, avec le Sahel et la Libye, et un autre centre intellectuel et religieux au Maghreb, et notamment au Maroc.

La paix ne pourra exister que lorsque le fond du problème religieux, né de la haine entre Sunnites et Chiites, ne sera pas abordé. Et en arrière fond, les problèmes de la sécurité d’Israël et du fanatisme iranien.

 

 
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