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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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Laurent Wauquiez : le meilleur et le pire PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 26 Janvier 2018 00:00

Emission politique sur France 2 ce jeudi : Laurent Wauquiez a été le meilleur et le pire. Le meilleur, c’est l’homme politique, expert en dialectique, capable de déjouer les attaques les plus sournoises, de convaincre les téléspectateurs, et de rendre crédibles sa présidence et la reconstruction de son parti. Le pire, c’est le normalien énarque philosophe et historien, qui ignore toujours les règles élémentaires de l’économie. Meilleur sur la forme, pire sur le fond.

 

Laurent Wauquiez a réellement tourné le dos au libéralisme. C’est ce qui sans doute lui a valu tant de sympathie puisque dûment instruits et manipulés les Français n’aiment pas la mondialisation, les milliards de profit des entreprises, la compétitivité allemande, l’Europe élargie. Toutefois, adepte du « en même temps » il condamne les dépenses publiques, les réglementations, les impôts, la centralisation parisienne, ce qui pourrait passer pour un propos libéral, et il tient sur les problèmes de société un discours conservateur de catholique gallican (oxymore).

Le pire s’est étalé dans son discours introductif et sa réponse à Alain Minc, « invité surprise ». Il suffit d’énumérer quelques positions (rappelées en italique) qu’aucun libéral ne saurait accepter :

1. Ecologie : La « droite » aurait abandonné l’écologie à la gauche : il existe pourtant chez les libéraux une parade efficace consistant non seulement à dénoncer les mensonges d’Al Gore, Nicolas Hulot et Emmanuel Macron sur l’avenir de la planète mais aussi à défendre les biens environnementaux grâce à la propriété privée, personnelle ou plurielle.

2. Travaillisme : La valeur économique de base est le travail, il doit être mieux rémunéré (maintenir le SMIC) et il faut reprendre la grande idée gaulliste de l’actionnariat et de la participation. L’idée est celle du Conseil National de la Résistance, des communistes et des socialistes (Louis Vallon). L’opposition entre travail et capital, salariés et actionnaires est le corollaire du mythe de la lutte des classes et de la croissance des inégalités chère à Piketty qui estime que la croissance est confisquée par les plus riches des capitalistes.

3. Couple franco-allemand Les Allemands ne sont pas des concurrents loyaux, et ils ne sont en faveur de la mondialisation que parce qu’ils y sont gagnants. Mais le peuple allemand commence à réagir contre le libre échange cher à Angela Merkel. En fait Angela Merkel a confirmé à Davos son attachement au libre-échange, et les Allemands doivent leur compétitivité aux réformes Schroeder, à leurs privatisations et à leur structure fédérale.

5. Europe La vraie Europe est celle de Jean Monnet : réduite à un petit nombre de pays, et organisée pour se défendre contre la concurrence des Anglo Saxons grâce à la « préférence communautaire ». En réalité l’Europe a été constituée par le trio Adenauer, Gasperi, Schuman pour en finir avec les luttes fratricides de nations européennes qui puisent dans de communes racines chrétiennes.

L’élargissement de l’Europe n’aurait eu aucun désavantage si on en était resté à une zone de libre circulation, et la préférence communautaire n’a jamais concerné l’industrie et les services.

6. Système social Il faut s’en féliciter, notre assurance santé est excellente, elle résulte d’un contrat social et républicain.

7. Protectionnisme Il s’impose face à la mondialisation qui ruine les classes moyennes. Il faut faire preuve de patriotisme économique, privilégier les achats de produits français, et organiser la protection au niveau de l’Europe, ce qui implique d’en limiter le périmètre. La mondialisation crée des dommages sociaux qui entraînent le populisme. Quels sont les « produits français » ou « européens » qui ne doivent rien au commerce mondial ?Les services (tourisme,santé,sportb culture,etc.) ? Les biens industriels (énergie, minerais, informatique, technique) ? Comment sont fabriqués les véhicules français achetés par la région Auvergne Rhône Alpes ? Faut-il renoncer à exporter le Saint Nectaire, la fourme d’Ambert, le Reblochon, le vin des Côtes du Rhône ? Le populisme est la rançon de l’ignorance sur les bienfaits de la mondialisation, et l’Etat se présente comme le protecteur du peuple contre l’étranger.

Le meilleur aura été cependant l’allure de Laurent Wauquiez face à des interlocuteurs que l’on a peut-être choisis pour leur agressivité, mais qui se sont révélés au sommet de la nullité. Certes Alain Minc a suggéré que Wauquiez devait choisir entre giscardisme et gaullisme, entre droites orléaniste et bonapartiste, mais le Président des Républicains a plaidé la nécessaire diversité au sein de la droite. Il sera difficile à Virginie Calmels, vice-présidente qui s’affiche libérale, d’avaliser le discours : on verra… Mais les autres agresseurs en ont été pour leurs frais, y compris Benjamin Grivaux, porte-parole du gouvernement, que l’on a connu plus brillant et que Laurent Wauquiez a piégé sur l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne.

 

Entre le pire et le meilleur, Laurent Wauquiez a pris des positions conservatrices sur les problèmes de société : sur la centralisation (critique des limitations de vitesse nées dans des cerveaux parisiens), sur la filiation (clairement contre la PMA pour les couples homosexuels et contre la GPA), sur l’immigration (limitée et choisie, et les musulmans immigrés – comme les autres - doivent respecter le mode de vie des Français).

 

Quand on dresse le bilan quantitatif de la prestation Wauquiez, il est positif, puisqu’un téléspectateur sur deux a été convaincu, et la proportion est de 75 % pour les personnes qui se réclament des Républicains. Le bilan intellectuel, même ambigu, est gravement négatif, et peu de libéraux y auront trouvé leur compte. Ce bilan pourra s’améliorer quand Laurent Wauquiez aura appris quelques rudiments de libéralisme. Il est réputé pour apprendre vite. Il soit se presser : les élections européennes arrivent. Voter à droite, cela ne signifie rien – sinon le rejet de la gauche. Un jour peut-être Laurent Wauquiez nous invitera au vote libéral : c’est la seule voie pour les Français et la France.

 

 
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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
Actualité
:
Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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