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Lettre ouverte aux retraités actuels et futurs, cet opuscule est un véritable condensé de tout ce que Jacques Garello a écrit sur le sujet. A lire absolument si vous vous interrogez sur le futur du système des retraites par répartition.

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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Fin du modèle allemand ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mercredi, 14 Février 2018 00:00

La constitution de la Grande Coalition a été saluée comme un succès pour les socialistes du SPD. Victoire à la Pyrrhus : d’une part, les dirigeants du SPD sont très mal en point au sein de leur propre parti (à tel point que Martin Schutz a démissionné vendredi dernier de la présidence) ; d’autre part, les concessions faites par la Chancelière sont de plus en plus critiquées parmi les membres de l’Union CDU-CSU. Finalement, le gouvernement envisagé à la suite de « l’accord de coalition » (177 pages) verra-t-il le jour ?

 

 

 

La question se pose, mais à supposer que ce gouvernement voit le jour, je m’interroge sur un point dont dépend peut-être l’avenir de l’Europe et de la France. L’Allemagne était à ce jour une sorte de « modèle » (je n’aime pas ce terme, mais il permet de faire court) : libéralisme économique, consensus social, fédéralisme interne et équilibre européen. Le modèle avait été conduit dans l’esprit de « l’ordo-libéralisme » de Conrad Adenauer et Ludwig Erhard, mais renforcé par la rupture des socialistes et syndicalistes allemands avec le marxisme (charte de Bad Godesberg en 1959) et encore par les réformes Schröder (lois Harz sur le marché du travail en 2003-2005). Le modèle a valu à l’Allemagne Fédérale sa place de leader mondial des exportations, ses excédents budgétaires par la maîtrise des dépenses et les privatisations, son plein emploi.

Le modèle semble avoir explosé avec les élections de septembre dernier, marqués par un net recul des deux grands partis (Union CDU-CSU, et SPD), la réapparition en force des libéraux (le SPD de Christian Lindner), la montée des souverainistes (AFD), des Verts et des extrémistes de tous bords. Deux thèmes ont dominé la campagne : l’immigration massive et le souverainisme. Une première tentative de coalition autour de l’Union, avec les libéraux et les Verts a échoué ; on l’avait dénommé « jamaïque » parce que réellement hétéroclite et, de fait, Lindner n’a pas accepté les conditions posées par les Verts. Angela Merkel a donc dû se rabattre sur la « Grande Coalition » dont Martin Schutz avait pourtant écarté toute éventualité. Mais « l’accord de coalition » était trop tentant.

Il s’agit d’abord d’un recul sur le droit du travail : après avoir obtenu lors de la précédente édition de la Grande Coalition le rétablissement du SMIC, voici que la durée d’un CDD est réduite de 24 à 18 mois. Ainsi la liberté du contrat de travail, qui était totale depuis les lois Hartz, est encadrée par une réglementation de plus en plus rigide. Encore sur le plan social, le régime des retraites (par répartition et par points) peut autoriser certains salariés à prendre leur retraite à 63 ans au lieu de 65, et la part patronale des cotisations d’assurance maladie est alignée sur la part salariale. Enfin les allocations familiales et scolaires sont relevées.

Sur le plan budgétaire, les socialistes obtiennent le ministère des Finances avec Olaf Scholz, maire de Hambourg, avec mission de rompre avec « l’austérité imposée » (Schutz) et une série d’investissements publics est d’ores et déjà programmée, tant au niveau national qu’européen (la participation au budget de la Commission serait augmentée aussi). D’ailleurs sur l’Europe, rien ne doit changer dans la gestion de l’Euro, et c’est toujours vers Bruxelles qu’il faut regarder. Néanmoins le projet de budget européen commun prôné par la France n’est pas accepté, et le néo protectionnisme européen est rejeté.

Il y a enfin un domaine où les socialistes ont gagné : l’immigration est limitée par un quota annuel autour de 200.000 personnes, et par une restriction du regroupement familial.

Certes, compte tenu de l’incertitude qui règne sur les positions du SPD l’accord de coalition peut voler en éclat, et Angela Merkel devrait en venir soit à de nouvelles élections soit à une coalition minoritaire (avec les seuls libéraux). Mais, quant au fond, l’Allemagne Fédérale bénéficie d’atouts acquis depuis des décennies : une industrie florissante, une formation efficace des jeunes, un tissu de PME de tailles appréciables, une large décentralisation, un attachement au libre-échange. En revanche, le prestige de l’Allemagne a souffert de la vague migratoire acceptée par Angela Merkel, du soutien apporté au « club Med » européen et des bonnes relations avec Poutine : les pays d’Europe Centrale et des Balkans sont rebelles à la domination de l’Europe par Berlin.

Je me risque donc à un pronostic prudent mais plutôt optimiste : le modèle allemand va souffrir, mais il va survivre au prix d’une transition délicate. Le pire serait qu’il s’aligne sur le « modèle social français » fait de chômage, de dettes et de prélèvements.

 
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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1361 du 25 avril 2018

Editorial : La sueur des autres
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Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Pierre Bentata, Les désillusions de la liberté


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