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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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La crise est inéluctable

A la différence d’Adam Smith et Turgot qui pensaient que l’activité économique apporte le progrès en permanence, grâce à des adaptations permanentes voulues par le marché, Malthus estime que la crise est inéluctable dans un pays industrialisé.

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ADAM SMITH (1723-1790) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 14 Janvier 2011 01:00

L’échange base de la richesse des nations

C’est le message essentiel de celui qui est considéré (avec Turgot) comme le père de la science économique.

Le succès de la Révolution Industrielle anglaise vient de ce que l’organisation du travail en atelier et le machinisme ont permis de diviser le travail. Désormais, chacun dépend des autres, puisque la production est partagée en un grand nombre d’individus au lieu d’être complètement assumée par un artisan isolé. Chacun des producteurs se spécialise dans une opération particulière, c’est un facteur de productivité : plus de résultats pour moins d’efforts.

Adam Smith verrait-il seulement la division du travail dans sa seule dimension technique ? Passer à la production en communauté, c’est aussi développer les compétences et le savoir, c’est accroître l’intensité et l’espace des échanges. La société s’enrichit par l’ouverture, par la diversité des connaissances. La croissance est le fruit d’une société ouverte (Karl Popper) au sein de laquelle se reconstitue un savoir éclaté (extended order de Friedrich Hayek).

Le marché réglé par une main invisible

La généralisation et l’élargissement de l’échange ne débouchent-ils pas sur le désordre ? Comment coordonner l’activité et les décisions de centaines de producteurs et consommateurs dont chacun a ses moyens et ses préférences ? C’est le marché qui joue ce rôle, grâce au jeu de l’offre et de la demande et aux signaux que sont les prix et les profits relatifs. Toute pénurie engendre une hausse des prix, qui attire les producteurs à la recherche de leur profit. Tout excès diminue les prix, et fait fuir les producteurs. Symétriquement les consommateurs délaissent les produits trop cher – ce qui détend les prix, et se tournent vers des produits bon marché – ce qui les pousse à la hausse. Ce jeu de rééquilibre est sans cesse renouvelé : voilà la régulation du marché ; il n’y a personne qui tire les ficelles, c’est tout le monde à la fois qui agit sur le marché.

Trois théories de la valeur travail : deux de trop !

Adam Smith a fait un cadeau empoisonné à la science économique avec sa théorie de la valeur travail. Qu’est-ce qui fait qu’un produit ait plus de valeur qu’un autre aux yeux des producteurs et des consommateurs ? La première réponse, la plus souvent évoquée (notamment par Ricardo, puis Marx) : c’est le nombre d’heures de travail qui ont été nécessaires à sa production. La valeur « travail incorporé (embodied) » est ici objective, elle ne se discute pas et s’impose à tous. La deuxième réponse introduit la possibilité d’un calcul subjectif : c’est le travail épargné (saved). Je suis prêt à payer un produit parce qu’il me semble que je n’ai aucun intérêt à le faire moi-même. L’appréciation est subjective : suis-je en mesure de réaliser moi-même à moindre coût de travail ce que quelqu’un d’autre me propose ? La troisième réponse, celle du travail échangé (exchanged), implique un double calcul subjectif : combien d’heures de mon propre travail devrai-je donner pour me procurer le travail de l’autre ? Il y a comparaison personnelle entre ce que je donne et ce que je reçois. Les deux échangistes font le même calcul jusqu’à s’accorder sur un prix. Il est certain que seule cette dernière acception est cohérente avec la théorie de l’échange et du marché.

Les sentiments moraux font la richesse des nations

Cette troisième version est aussi en conformité avec la Théorie des Sentiments Moraux exposée par Adam Smith dix sept ans avant la Richesse des Nations, où il expliquait la philosophie des relations entre les êtres humains. Pour Adam Smith, les hommes sont naturellement portés à la rencontre des autres, ces relations s’organisent sur la base de l’empathie, c'est-à-dire de l’effort fait pour se mettre à la place des autres. La vie sociale est faite d’interdépendance, chacun comprenant qu’il ne peut satisfaire ses besoins qu’en répondant aux besoins des autres. Seul Frédéric Bastiat verra plus tard ce principe de service mutuel qui domine la vie sociale, et notamment la vie économique et l’échange. Servir les autres est le seul moyen de parvenir à ses propres fins. Ainsi s’explique la fameuse sentence d’Adam Smith suivant laquelle on ne doit pas attendre la fourniture de la viande ou du pain de la générosité du boucher ou du boulanger. C’est bien l’intérêt personnel qui guide nos décisions, mais ce même intérêt nous pousse à entrer dans le jeu social et à rencontrer les aspirations des autres. Echange de produits et échange de sentiments appartiennent tous deux à l’univers d’Adam Smith, un univers de mutuelle compréhension et de complémentarité. C’est sans doute une erreur d’avoir opposé « deux Adam Smith » : il n’y en a qu’un, l’économiste et le moraliste se confondent et se complètent.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1341 du 15 novembre 2017

Editorial : La voix de son maître
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