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Le chômage est un scandale doublement public. D’une part, il n’a pour origines que des initiatives publiques : politiques budgétaires, monétaires, droit social. D’autre part, il est scandaleux d’avoir tant de chômeurs alors que la science économique donne une réponse claire au défi du chômage . « On a tout essayé contre le chô-mage » disent les gouvernants. Tout, sauf ce qui marche… En 1996 déjà un colloque tenu à Paris par des économistes de renom mondial rappelait cette évidence.

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Le fondateur de l’école autrichienne

Carl Menger est souvent associé à Stanley Jevons et Léon Walras comme l’un des piliers de la « révolution marginaliste » qui a fait rupture avec le classicisme anglais de Ricardo et Mill. Il est vrai qu’il cherche, comme ses contemporains, à rendre compte de la rationalité des choix individuels.

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MILTON FRIEDMAN (1912-2006) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 10 Juin 2011 01:00

Le monétarisme de l’école de Chicago

« L’anti-Keynes » : ainsi a-t-on qualifié Milton Friedman, bien que Keynes ait été contesté dès les années 1930 par l’école autrichienne.

Mais les coups portés par Friedman seront d’autant plus mortels qu’ils viennent du sérail de l’Université de Chicago, où la macro-économie keynésienne était plutôt à la mode dans les années 1940. D’ailleurs Friedman, au moins dans un premier temps, garde le même cadre d’analyse que celui de la « Théorie Générale » : équilibre macro-économique, rôle moteur de la demande. Mais Friedman va relever deux erreurs graves dans la construction de Keynes : d’une part l’idée que la consommation augmente moins vite que le revenu, ce qui conduirait à la réduction des débouchés, donc de l’emploi, d’autre part l’effet positif d’une injection de monnaie sur le volume des affaires. Avec de nombreuses études statistiques à l’appui, Friedman démontre que l’expansion monétaire n’entraîne que l’inflation et, pire encore, le chômage. Dès lors, la politique à suivre est simple : assurer la stabilité monétaire jusqu’à ce que la monnaie soit « neutre », c'est-à-dire n’ait aucune influence sur le volume de la production. « Rien n’est moins important que la monnaie…quand elle est bien gérée ». Cette politique dite « monétarisme » triomphera à partir de la fin des années 1970 : l’inflation disparaîtra et le chômage diminuera sans cesse.

Les élèves de Friedman (Chicago Boys) persuaderont les dirigeants de nombreux pays, notamment en Amérique Latine et dans la zone Pacifique, d’adopter la rigueur monétaire comme base d’une saine croissance économique.

Le néo-quantitativisme et la « règle d’or »

Mais qu’est-ce que « bien gérer » la monnaie ? Ici comme ailleurs l’offre doit s’ajuster à la demande. Or cette demande obéit à une loi simple : quand le revenu augmente, les gens « consomment » proportionnellement plus de monnaie. Explication : l’argent n’est pas plus tôt entré dans les poches des pauvres qu’il en ressort, tandis que les riches ont les moyens de différer certains achats dans le temps, de sorte qu’ils gardent plus de liquidités par devers eux. Voilà qui amène à définir une règle d’or : la quantité de monnaie créée par le système bancaire doit croître à un taux régulier, légèrement supérieur au taux de croissance du revenu pour tenir compte de ce phénomène de « baisse de circulation de la vitesse de la monnaie ».

Dès lors le vrai problème devient politique. Les gouvernants se croient investis de la mission de soutenir la croissance alors que ce sont leurs dépenses et leurs déficits qui affaiblissent l’activité économique. Ayant besoin de plus d’argent, ils poussent la banque centrale à émettre plus de monnaie qu’il n’en faudrait normalement. Il faut donc protéger les banques en constitutionnalisant la règle d’or : interdiction d’émettre de la monnaie de façon « discrétionnaire », et obligation d’accroître la masse monétaire de façon automatique. Ce point opposera un temps Friedman à Hayek, qui pensait que la barrière constitutionnelle serait enfoncée à la première crise venue.

Le néo-libéralisme et la réduction de l’Etat

Friedman juge très sévèrement l’économie dirigée. Dans « Capitalisme et Liberté » il dénonce les menaces que l’Etat Providence fait peser sur les libertés, alors que le capitalisme respecte le libre choix personnel et les libertés publiques. Friedman va donc multiplier les propositions pour faire reculer l’Etat Providence, tout en prêtant attention à ceux qui sont dans le besoin. La liberté économique est source de progrès social. Par exemple, il recommande l’usage des « vouchers », bons destinés à donner aux familles pauvres les moyens d’envoyer leurs enfants dans les écoles de leur choix, ou d’habiter un logement décent. Son succès politique (avec Reagan) et médiatique (son émission hebdomadaire « la liberté du choix » sera vue par des dizaines de millions de téléspectateurs) s’explique par le caractère très concret de ses recommandations : Friedman est partisan de l’économie « positive », pour lui la bonne théorie est celle qui donne les meilleurs résultats.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1343 du 29 novembre 2017

Editorial : Le doux commerce
Actualité
:
Le libéralisme est libéral - La grande cause du quinquennat - Agir : Les constructifs se détruisent
- La leçon africaine d’Emmanuel Macrons
Connaissance du libéralisme :
Liberté et Propriété, la synthèse 
Lu pour Vous :
Assemblée Générale 2017 de l’ALEPS - Hervé Novelli lauréat du Prix Renaissance de l’économie


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