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La tyrannie fiscale
Pascal Salin a toujours été un guide de la pensée libérale française, parce qu’il a toujours orienté son œuvre vers l’explication du libéralisme. Et voici son dernier apport.
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Couverture du livre La tyrannie fiscale
Catégorie: Année 2014
Edited by: Pascal Salin
Editeur: Odile Jacob
Année: 2014
Commentaire
Ecrit par La rédaction

Pascal Salin a toujours été un guide de la pensée libérale française, parce qu’il a toujours orienté son œuvre vers l’explication du libéralisme. Son magistral « Libéralisme » décrit avec clarté et conviction en quoi consiste ce courant de pensée, dont les dimensions philosophique et morale valent bien la dimension économique.

Universitaire très connu dans le monde entier (il a été Président de notre prestigieuse Société du Mont Pèlerin), il n’a pas en France l’influence que mériteraient ses connaissances scientifiques et son engagement doctrinal. Dès les premiers mois de la crise, il publiait un ouvrage intitulé « Revenir au capitalisme » : ce titre venait à point nommé souligner que la crise n’était pas due au capitalisme, mais au dirigisme ; aujourd’hui un nombre croissant de personnes en conviennent enfin.

Spécialiste de relations internationales, Pascal Salin est également connu pour ses nombreux travaux sur la fiscalité. Il avait écrit il y a quinze ans « l’arbitraire fiscal ». Il récidive aujourd’hui avec la « tyrannie », indiquant que si l’arbitraire s’est atténué dans de nombreux pays, il est toujours la règle en France parce que la coalition des hommes de l’Etat et des privilégiés du système économique « motivés par des objectifs électoraux à court terme ou la recherche d’intérêts spécifiques » bloque tout essai de réforme.

Vous lirez avec attention, puis passion, cet ouvrage, et vous le ferez lire. Vous direz autour de vous que le mal français est fiscal à plusieurs égards : le poids global des impôts, parce qu’en France il ne s’agit pas de financer les services publics (au demeurant pléthoriques) mais de redistribuer au prétexte de satisfaire à la mythique « justice sociale », alors qu’il est « impossible de définir a priori une répartition qui puisse être considérée comme socialement juste ».

La redistribution se fait à travers la progressivité, dont la nocivité est certaine : elle incite à moins travailler, entreprendre et épargner. L’impôt sur le revenu n’est payé, et très lourdement, que par une minorité de « riches ». Il devrait être ramené à deux tranches d’imposition avec le taux le plus élevé à 35 %, qui devrait ensuite baisser jusqu’à ce qu’on arrive à la flat tax. Pascal Salin montre tous les avantages dont ont bénéficié les pays européens libérés du communisme qui ont pu bâtir un système fiscal nouveau et ont choisi la flat tax.

Mais l’analyse la plus courageuse dans cet ouvrage, à l’opposé de la pensée unique, est la condamnation de tout impôt sur le capital, car le capital mérite d’être protégé, encouragé, rémunéré.

Il faut non seulement supprimer l’ISF et les droits de succession, mais aussi l’impôt sur l’épargne. C’est une idée que Salin défend avec talent et opiniâtreté depuis des années : l’impôt sur la dépense. Sur une colonne le contribuable déclare ses revenus, sur une autre l’épargne qu’il a constituée, et il paie sur la différence. Le revenu transformé directement ou indirectement en capital est en effet la source de tout investissement, donc de tout emploi et de toute croissance. L’accumulation du capital permet de donner valeur, c'est-à-dire de mieux servir les besoins exprimés sur le marché. Défenseur du capitalisme, Pascal Salin nie toute responsabilité de l’économie de marché dans la crise qui a atteint tant de pays. En revanche, les pays restés fidèles au libre échange et à la libre entreprise ont évité ou digéré la crise.

Et pourquoi pas en France ? La tyrannie fiscale sera-t-elle éternelle ? Pascal Salin croit au succès d’une politique de libération fiscale « Réduire la fiscalité, c’est rendre aux hommes leur pleine volonté, c’est leur permettre d’agir conformément à leur nature. Une politique de libéralisation pourrait donc être plus rapidement menée et mieux acceptée qu’on ne le croit bien souvent. Et elle répondrait en tout cas à une exigence morale ». Quels sont les moyens juridiques pour déboucher sur une libération fiscale ? Pour l’instant, en France, l’impôt n’est pas consenti ni voté, les décrets de Bercy sont respectés et appliqués sur-le-champ. « Le bulletin de vote ne sert plus à contrôler les hommes de l’Etat, mais à spolier les autres par leur intermédiaire. » Le vrai changement à réaliser est d’ordre constitutionnel : limiter le pouvoir de l’exécutif, introduire de la démocratie directe, développer la fiscalité décentralisée, comme en Suisse. Mais cela n’est possible qu’au prix d’un changement intellectuel et moral. Que les Français soient mieux informés de l’enjeu d’une fiscalité de liberté : un vrai choix de société. Pascal Salin contribue à cette formation, qu’il pousse jusqu’à la passion, et nous pouvons l’en remercier.

Date d'insertion: Mardi, 28 Janvier 2014 10:40