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Lettre hebdomadaire (40 numéros) qui est dans sa 31ème année : c’est le commentaire libéral de l’actualité économique, sociale et politique, en toute indépendance. C’est aussi une source d’information sur les idées de la liberté dans le monde entier. Editorial de Jacques Garello, chronique de conjoncture de Jean Yves Naudet, rubriques d’actualité, revue des livres, dossiers.

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Essais de philosophie, de science politique, d’économie et d’histoire des idées
Les Nouveaux essais de philosophie, de science politique, d’économie et d’histoire des idées sont dans la continuité des Essais (voire notre recension sur ce site) réédités par Alain Laurent dans la collection qu’il dirige aux Belles Lettres.
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Couverture du livre Essais de philosophie, de science politique, d’économie et d’histoire des idées
Catégorie: Année 2009
Editeur: Les Belles Lettres
Année: 2009
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Commentaire
Ecrit par Bogdan Calinescu

Le volume rassemble 25 textes (des articles ou des conférences) que Friedrich A. Hayek a publiés entre 1966 et 1976. Parmi ces écrits, plusieurs retiennent l’attention. En plus du discours de réception du Prix Nobel (1974) intitulé « Le simulacre de connaissance » - qui ne me paraît pas être le meilleur – et celui sur les « erreurs du constructivisme », d’une implacable actualité, j’en ai particulièrement apprécié trois autres.

D’abord celui intitulé « L’atavisme de la justice sociale » qui est en réalité une conférence prononcée à l’Université de Sydney en octobre 1976. J’ai eu plusieurs fois l’occasion de mentionner l’expression « justice sociale » comme l’un des plus terribles détournements linguistiques faits par gauche (et aussi par la droite) afin de cautionner la redistribution d’argent public (Hayek a passé plus de dix ans a étudié la signification de l’expression). La « justice » signifie que certains auraient « volé » l’argent des autres. Il serait donc normal de leur reprendre au moins une partie de cet argent. Pour Hayek, la « justice sociale » est une formule creuse utilisée par convention ». Il s’agit d’une « corruption intellectuelle ».  Mais elle est tellement imprégnée dans l’imaginaire des gens que, même s’ils ne savent pas ce qu’elle veut dire, ils pensent que, « si presque tout le monde y croit, c’est qu’elle doit bien valoir quelque chose ». A la base du discours sur la justice sociale se trouve les inégalités, cette invoqué avec agressivité par les politiques qui veulent se donner bonne conscience. Or, comme l’explique très bien Hayek, l’inégalité a été l’une des causes de la création de richesses dans l’Occident capitaliste. Dans une démocratie capitaliste, l’inégalité est utile, stimulante. Le plus important c’est que l’Etat laisse les individus réussir. Malheureusement, « l’autre effet néfaste de la « justice sociale » dans notre société est qu’elle empêche les individus d’accomplir tout ce qu’ils pourraient  en les privant des moyens de nouveaux investissements ».

Le deuxième texte que j’aimerais mentionner ici – il ne s’agit que d’un choix purement subjectif – est celui intitulé « La confusion du langage dans la pensée politique ». Son point de départ est la distinction entre l’opinion et la volonté dans une société ouverte : « Une société ouverte n’est possible que si ses membres partagent des opinions, des règles et valeurs communes, mais son existence devient impossible si nous exigeons qu’elle dispose d’une volonté commune qui intimerait des ordres pour diriger ses membres vers des fins particulières ». C’est l’opinion et pas la volonté particulière du peuple qui serait l’autorité suprême. D’où le terme de « démarchie » que Hayek préfère à la démocratie : « Si l’on persiste à soutenir que la démocratie doit être un gouvernement illimité, alors je ne coris pas à la démocratie, mais je suis et je resterai un « démarchiste » profondément convaincu.

Enfin, le troisième texte c’est « Libéralisme ». Le rappel historique du mot « libéralisme », les explications et la clarté du texte en font une lecture obligatoire pour celui qui aimerait savoir ce que c’est que le libéralisme. C’est un « type d’organisation globale » qui s’oppose à tout privilège légal, à tout octroi à certains par l’Etat d’avantages spécifiques qui ne soient pas offerts à tous ». « Le libéralisme est préoccupé par les fonctions de l’Etat, et particulièrement par la limitation de tous ses pouvoirs. La démocratie est préoccupée de savoir qui va diriger l’Etat. Le libéralisme exige que tout pouvoir, y compris celui de la majorité, soit limité ». « Le libéralisme est incompatible avec la démocratie illimitée, tout comme il est incompatible avec toutes les autres formes de gouvernement illimité… Il est par conséquent bien probable que l’abandon du libéralisme par la démocratie conduise à long terme à la disparition de la démocratie ». Toute coïncidence avec des événements actuels…

Date d'insertion: Vendredi, 20 Mars 2009 23:25

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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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