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Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Lettre hebdomadaire (40 numéros) qui est dans sa 31ème année : c’est le commentaire libéral de l’actualité économique, sociale et politique, en toute indépendance. C’est aussi une source d’information sur les idées de la liberté dans le monde entier. Editorial de Jacques Garello, chronique de conjoncture de Jean Yves Naudet, rubriques d’actualité, revue des livres, dossiers.

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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Repenser l’économie
Philippe Herlin ne se contente pas seulement de nous donner les clefs pour comprendre l’économie. Dans ce dernier ouvrage, il appelle à une grande réforme. Il a tout à fait raison.
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Couverture du livre Repenser l’économie
Catégorie: Année 2012
Editeur: Eyrolles
N° du Catalogue: 4
Année: 2012
Visites: 4691
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Commentaire
Ecrit par Bogdan Calinescu

Il faut le dire d’emblée. C’est un livre de théorie économique. Mais écrit avec clarté, pédagogie et – surtout – passion. L’auteur, chercheur en finances et chargé de cours au CNAM, est un admirateur de Mandelbrot, celui qui a découvert les fractales et qui est, malheureusement, trop peu connu en France. Ses travaux sur les marchés financiers ont même été boudés par les économistes universitaires réticents à l’idée d’« incertitude » en économie. Philippe Herlin rend justice à Mandelbrot et à sa théorie qui explique mieux que d’autres ce qui se passe depuis 2008. « Notre économie est fractale », écrit l’auteur. Les variations de cours des actifs financiers répondent à des lois de puissance. Il faut en comprendre les conséquences sur l’activité économique aussi. Les fractales remettent en cause le concept d’efficience des marchés. Trop souvent on oublie de prendre en compte les anticipations qui sont multiples et peuvent changer régulièrement. Le marché est aléatoire, on ne peut pas vraiment prévoir.

Que faire ? Philippe Herlin n’hésite pas à proposer des solutions. Il faut se débarrasser de la vision gaussienne de l’économie et prendre conscience des lois de puissance. « Si je suis élu Président de la République, je m’engage à développer les monnaies complémentaires en France », c’est l’appel lancé par Philippe Herlin aux candidats à l’élection présidentielle à travers cet ouvrage. On sait très bien que la crise n’est pas finie. On sait moins comment en sortir. L’auteur ne se contente donc pas de rappeler les principales causes de l’effondrement du système, il donne aussi des pistes pour le remplacer. Il vaut mieux penser déjà à l’après euro, cette monnaie politique et étatique, à « cours forcé », et favoriser la concurrence monétaire grâce aux monnaies complémentaires. Elles pourraient faciliter des transactions et créeraient de la richesse économique. La plus ancienne monnaie complémentaire en service date de 1934, il s’agit du wir en Suisse. Elle a été lancée au moment où les banques diminuaient les crédits à cause de la crise économique de l’entre deux-guerres. Seize entrepreneurs se sont réunis pour voir comment ils pouvaient sauver leurs sociétés. Ils ont compris que ce qui leur manquait c’était l’argent pour payer les fournisseurs. Aux Etats-Unis, en 1933-1934, quatorze villes adoptent des monnaies locales et connaissent un redressement spectaculaire jusqu’à ce que le New Deal interdise cette expérience. Mandelbrot, Pareto, cygne noir, monnaie complémentaire : les nouveaux concepts pour sortir de la crise. Voici un essai rafraîchissant face à un discours économique ambiant complètement déphasé.

Date d'insertion: Vendredi, 02 Mars 2012 23:06

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
Actualité
:
Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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