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La société ouverte et ses ennemis
Alain Laurent, part en guerre contre les nouveaux radicalismes qui menacent nos sociétés libres et démocratiques. Il a raison. Dans cet essai d’une saisissante lucidité il dénonce les attaques de ceux qui veulent détruire notre monde libre.
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Couverture du livre La société ouverte et ses ennemis
Catégorie: Année 2008
Editeur: Les Belles Lettres
Année: 2008
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Commentaire
Ecrit par Bogdan Calinescu

Cet ouvrage se veut un hommage à Jean-François Revel. Il est d’ailleurs parsemé de nombreuses citations tirées des ouvrages ou des articles du philosophe-journaliste. Je connais l’attachement d’Alain Laurent à Revel et nous avons eu l’occasion d’en parler plusieurs fois et reconnaître qu’il nous manque énormément. Son esprit libre et combatif faisait tellement du bien au sein d’une presse politiquement correcte soumise aux diktats de la bien pensance. Notre société est assaillie par les ayatollahs du radicalisme et l’on se couvre les yeux pour ne pas en voir les dangers. Il ne s’agit pas seulement de la France mais de la plupart des pays occidentaux. Alain Laurent fait d’ailleurs une incursion très utile dans plusieurs pays occidentaux y compris aux Etats-Unis et en Australie pour montrer comment les gouvernants et les médias se sont leurrés en misant sur le multiculturalisme.

Devant les défis de l’immigration musulmane, nos sociétés ont préféré tolérer leurs valeurs en choisissant même qu’elles remplacent les nôtres. L’échec est patent : non seulement l’intégration est un échec mais, en plus, cette immigration est devenue une menace. En s’élevant contre les mœurs occidentales et contre les valeurs de la démocratie – tout en profitant d’elles – ces nouveaux ennemis sont devenus une menace pour la survie de notre monde libre. L’auteur rappelle pertinemment que ce sont les traits de la société ouverte qui ont permis en grande partie cette situation. Pour Karl Popper, « Une des caractéristiques d’une société ouverte, c’est qu’elle favorise, outre une forme démocratique de gouvernement, la liberté d’association, et qu’elle protège et même encourage la formation de sous-sociétés libres, qui défendent chacune des opinions et des croyances différentes ». Le terreau est déjà propice mais Popper avait prévu les dérives des cette ouverture en s’opposant au relativisme moral et en soulignant les valeurs fondamentales de la société ouverte : liberté, entraide, recherche de la vérité, responsabilité intellectuelle, tolérance et avait exprimé les craintes d’une société qui prêche l’intolérance. « Par nature, écrit Popper, la société ouverte ne peut qu’automatiquement s’attirer des ennemis, qui oeuvreront sournoisement ou…ouvertement à sa disparition ».

Alain Laurent a raison de souligner que tant Popper que Hayek ont sous-estimé le fait que les sociétés ouvertes sont laïques et qu’une intrusion de la foi sous une forme très dogmatique serait dangereuse. De même, ils n’ont pas imaginé les nouveaux visages des futurs ennemis de la société ouverte. Le communautarisme, le multiculturalisme ainsi que l’idéologiquement correct offre de nouveaux défis à notre monde ouvert. Revel l’avait anticipé dès la fin du communisme en écrivant dans son livre, « Le Regain démocratique » publié en 1992 : « N’en doutons pas, les ennemis de la société ouverte existent encore et existeront toujours au sein de cette société (…). Les totalitarismes du XXe siècle ont, certes, sombré dans le discrédit, non sans être allés jusqu’au bout de leur nocivité. Mais les besoins psychiques qu’ils satisfaisaient n’ont pas disparu. La haine de la liberté déguisée en progressisme anime de façon constante les humains. L’esprit totalitaire peut donc resurgir un jour prochain dans une nouvelle incarnation initialement inoffensive et vertueuse, un travestissement inédit derrière lequel très peu de physionomistes identifieront de prime abord le vieux visage messianique et maléfique de l’idéologie ».

C’est une guerre dans les civilisations que dénonce Alain Laurent. Une guerre qui fait rage à l’intérieur de l’Occident. Sa dénonciation s’appuie sur des faits irréfutables.

L’analyse d’Alain Laurent part d’un constat évident : partout dans les pays occidentaux, l’immigration musulmane de masse pose un problème. On a voulu le cacher jusqu'à ce que les réalités prennent le pas sur les fantasmes de l’intégration et du multiculturalisme. Lorsqu’en février 2006, un sondage montre que plus de 40 % des jeunes musulmans résidant en Grande-Bretagne souhaitent instaurer la charia dans les zones où ils sont devenus prioritaires, c’est la consternation totale. Les auteurs des attentats du 7 juillet 2007 sont des Britanniques musulmans travaillant au sein du NHS et considérés comme bien intégrés dans la société britannique. Ces événements poussent le gouvernement britannique à prendre des mesures radicales : les tests ADN sont généralisés et pratiqués sans états d’âme, l’attribution des visas se fait au compte-gouttes, l’arrivée des nouveaux migrants se fait sous la forme d’attribution de points en fonction de la maîtrise de l’anglais et du niveau de qualification. En mars 2008, le nouveau Premier ministre Gordon Brown décide de priver d’allocations plus de 500 000 clandestins et de créer une police des frontières. Ces mesures peuvent-elles être utiles dans la lutte contre le terrorisme islamiste ? Difficile de le savoir, vu le profil de la plupart des terroristes qui sont bien intégrés dans la société.

Il existe aussi des exemples contraires, des Etats qui, au nom du multiculturalisme n’ont fait que céder aux exigences des islamistes. Ainsi, dans l’Etat d’Ontario au Canada, sous la pression d’une fraction de l’immigration musulmane, on a accepté la mise en place de tribunaux d’arbitrage islamique qui appliquerait la charia. Seule la mobilisation de plusieurs musulmans modérés a pu arrêter le processus d’introduction d’une justice islamiste. De même, en Australie, au début des années 1990, une charte multiculturelle a été adoptée par les pouvoirs publics. Elle accorde des droits – et pas des devoirs – à tous les immigrants venus du sud-est asiatique, en grande partie des musulmans. Parmi ces droits figurait aussi le port de la burqa sur les plages australiennes (sic). Changement de cap en 2006 lorsqu’il est décidé des migrants de se soumettre à des tests de citoyenneté.

Mais où sont les Voltaire musulmans, se demandait Jean-François Revel dans un de ses éditos publié dans Le Point. A chaque fois qu’un acte terroriste se produit, on nous ressort la salade de l’acte isolé, œuvre d’une minorité. Pourtant, si la grande majorité des musulmans est tolérante pourquoi ne se manifeste-t-elle pas plus bruyamment en condamnant les fatwa contre Salman Rushdie ou Taslima Nasreen, pour ne donner que deux exemples célèbres alors que la liste des « condamnés » pour non-conformité avec les préceptes de l’islam est très longue. Pourquoi ces « masses » ne montrent pas clairement qu’elles préfèrent la société libre et démocratique au comportement moyenâgeux d’une minorité ? Pour la simple raison que la masse tolérante n’existe pas. La publication des dessins représentant Mahomet en janvier 2006 l’a montré clairement : les foules déchaînées contre les auteurs des dessins et les responsables du journal étaient très loin d’une quelconque tolérance. En France, ce furent toutes les organisations musulmanes – considérées comme tolérantes – qui condamnèrent le plus ces dessins. Et pourtant il existe une résistance contre cet obscurantisme et l’intolérance islamiste. Elle vient de la part de certains musulmans, de la part de nombreuses femmes. Le lecteur peut remercier à Alain Laurent d’avoir rappelé tous ces « résistants » dont on ne parle jamais dans les médias français. Ce sont des femmes et des hommes originaires de l’Iran, Syrie, Algérie, Somalie, Pakistan, Bangladesh… Ils ont tous en commun le courage de la lutte contre l’intolérance et la soumission. Qui connaît en France la Syrienne Wafa Sultan qui, depuis l’Amérique du Nord, explique pourquoi, devant de tels crimes, elle a perdu la foi. Ou bien Irshad Manji, une Ougandaise vivant au Canada qui mène une guerre permanente contre la tradition islamique. Aux Pays-Bas, Naema Tahir, d’origine pakistanaise, a repris le flambeau d’Ayaan Hirsi Ali obligée de quitter l’Europe et de se réfugier aux Etats-Unis. En Allemagne, Necla Kelek dénonce les tendances identitaires de la communauté turque et est l’auteur d’un Plaidoyer pour la libération de l’homme musulman. Une précision importante : tous ces « résistants » vivent protégés 24 heures sur 24 par des policiers et ne peuvent sortir qu’accompagnés de gardes du corps. Et cela dans nos sociétés ouvertes.

Comme Jean-François Revel dans ses ouvrages, Alain Laurent nous donne une leçon de liberté et de tolérance. Son essai est un éloge sans égal de la société ouverte.

Date d'insertion: Vendredi, 05 Décembre 2008 22:33

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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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