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L’Eglise et l’Etat, La grande histoire de la laïcité
Cet ouvrage s’adresse autant aux connaisseurs qu’aux novices. s’adresse autant aux connaisseurs qu’aux novices. Jean Etèvenaux, historien et enseignant, nous rappelle brillamment plus de deux millénaires de faits méconnus ou déformés.
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Couverture du livre L’Eglise et l’Etat, La grande histoire de la laïcité
Catégorie: Année 2013
Editeur: Saint-Léger Editions
Année: 2012
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Commentaire
Ecrit par Bogdan Calinescu

Persécutée, humiliée, assujettie, l’Eglise catholique a souvent été dans une situation de soumission au pouvoir politique. Elle-même reconnaît ce pouvoir car c’est bien Jésus qui dit dans les Evangiles : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».  L’empereur Néron (54-68) l’avait bien compris en désignant les chrétiens de Rome comme boucs émissaires en les accusant d’avoir allumé l’incendie qui a ravagé la ville. On les soumet à la torture, on les brûle ou on les jette aux bêtes. C’est à ce moment que Pierre et Paul sont tués. L’hostilité à l’égard des chrétiens provient du fait que de nombreuses rumeurs sur leurs « pratiques » se propagent rapidement. Ce sont des comploteurs, des barbares et des « mangeurs d’enfants ». Pourtant, dès ses débuts, le christianisme emprunte le meilleur de la civilisation gréco-latine : des concepts et des mots grecs, l’organisation sociale, les conceptions juridiques des latins et l’administration.

Après deux siècles de persécutions, c’est Galère (305-311), le successeur de Dioclétien qui signe le premier édit de tolérance accordant aux chrétiens, la liberté de conscience et de culte. Il leur demande même de prier pour l’Empire… Sous Constantin (306-337), le christianisme pourra se manifester librement ; Constantin sera d’ailleurs le seul souverain romain à avoir limité le rôle de l’Etat qu’il considère comme un protecteur de la liberté religieuse. Au cours du IVe siècle, l’Eglise chrétienne atteint même le statut de religion d’Etat. C’est la grande époque des Pères de l’Eglise : Athanase d’Alexandrie, Basile de Césarée, Ambroise de Milan, Grégoire de Nazianze…  L’empereur Justinien (527-565) fait même des évêques ses propres agents…  Le premier millénaire est d’ailleurs considéré par l’auteur comme un « accord chrétien » avec les nouveaux peuples. L’Afrique du Nord est christianisée, les Goths se convertissent à l’arianisme et les Francs au catholicisme. Quant au phénomène celte, il est sans équivalent dans l’Histoire : à partir du IVe siècle, l’Eglise celte s’est développée dans les îles britanniques et évangélise l’Europe en Bretagne. Par ailleurs, grâce à l’Eglise de l’Est, les premiers missionnaires arrivent en Inde et en Chine.

A partir du IXe siècle et jusqu’au XVe siècle, on assiste au développement de la papauté et à l’apparition des grands Etats européens. C’est aussi l’époque de l’empereur qui « va à Canossa » et de la crise cathare. L’Eglise de France est bien secouée par des mouvements communautaires qui cherchent à revenir au christianisme primitif. Jean Etévenaux revient sur la période de l’Inquisition et rétablit quelques vérités face aux élucubrations de Voltaire et à un faux du XIXe siècle. L’Histoire montre que nous sommes très, très loin des « millions de morts » dénoncés par le pape de l’athéisme, Michel Onfray et par la propagande gauchiste. On estime à quelques dizaines les condamnations à mort au nom de l’Eglise. De plus, de nombreuses condamnations ont été faites par des pouvoirs politiques (laïques), beaucoup plus sanguinaires dans leurs démarches. L’auteur aurait même pu rappeler qu’à la même époque, il n’y a pas eu d’Inquisition au sein de l’Eglise orthodoxe à l’Est de l’Europe. Au contraire, celle-ci accorde même des libertés aux popes en leur permettant de se marier et d’avoir des enfants.

Enfin, l’auteur consacre plusieurs chapitres nous rappellant les nombreuses persécutions des chrétiens un peu partout dans le monde. Les coptes d’Egypte, les Arméniens, les chrétiens dans les pays musulmans et dans certains pays d’Asie, les massacres de chrétiens en Afrique… L’auteur n’insiste pas beaucoup sur les crimes du communisme. Il aurait peut-être pu consacrer quelques pages au martyre et à l’assassinat du prêtre Popielusko en Pologne en 1984 ou au père Calciu en Roumanie qui a passé 21 ans dans les geôles communistes. Mais les souffrances de l’Eglise et des croyants sont si fréquentes qu’il faudrait plus d’un ouvrage pour en parler…

Date d'insertion: Vendredi, 22 Février 2013 17:26

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Socialiste et  macro-économiste

Issu de Cambridge et élève d’Alfred Marshall, John Meynard Keynes emprunte aux marginalistes les concepts d’équilibre général et de courte période. Mais il appartient aussi à la Société Fabienne, qui regroupe les socialistes réformateurs anglais. A ce titre, il ne croit pas aux vertus habituellement prêtées à l’économie de marché par ses prédécesseurs néo-classiques.

D’ailleurs, alors que les néo-classiques cherchent à expliquer les choix micro-économiques des  individus consommateurs ou entrepreneurs, Keynes se situe délibérément au niveau de la nation entière. Il s’intéresse à l’équilibre macro-économique, aux grandeurs « globales » encore appelées « agrégats ». Cette révolution méthodologique oriente nécessairement les économistes vers les décisions prises au plus haut niveau : celui de l’Etat. Outil de politique économique, la « comptabilité nationale » est inventée par Richard Stone, disciple de Keynes.

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