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Jacques Garello l www.libres.org

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Climat. La fausse menace ?
Pour se rafraîchir par ces temps de réchauffement climatique, rien de mieux que la lecture du livre de Jean-Paul Croizé, Climat. La fausse menace ?
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Couverture du livre Climat. La fausse menace ?
Catégorie: Année 2007
Editeur: Editions Carnot
Année: 2007
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Commentaire
Ecrit par Bogdan Calinescu

Ancien journaliste au Figaro, Croizé est spécialiste des questions de l’environnement. Sauf qu’il n’aime pas l’écologiquement correct. Il préfère les faits et la vérité. Et pour cela, il s’appuie sur le passé qui montre une incertitude évidente de l’évolution du climat. Au XVIIIe siècle, on pouvait franchir la Seine en hiver à cause d’une épaisse couche de glace, il y a déjà eu une grande montée des océans totalement étrangère aux activités humaines, au XIIIe siècle, du blé poussait au Groenland, il y a toujours eu du CO2 dans l’atmosphère et ce n’est pas l’homme qui en est la cause. Et les exemples s’appuyant sur des études scientifiques sont très nombreux.

S’il existe un domaine dans lequel le bombardement médiatique est d’une efficacité redoutable c’est bien celui de l’environnement et, en particulier, celui du réchauffement climatique. Tous les jours, à la radio, dès 6 heures du matin, dans la presse, tous les soirs au journal du 20 heures, les médias déversent un tapis de bombes sous forme d’articles, reportages, témoignages, interviews, etc. pour nous convaincre de l’imminence d’un réchauffement qui se produira dans quelques années (là, les positions divergent) et qui condamnera la planète. Il ne s’agit pas ici de contester ce phénomène. Mais lorsque l’on sait que de nombreux scientifiques le contestent, qu’il existe des études qui prouvent que ce réchauffement ne serait pas du tout évident ou bien que des savants mettent en doute le rôle de l’homme, on peut se demander pourquoi les médias n’en parlent pas ou ne donnent pas la parole à ceux qui soutiennent le contraire. Leur rôle est de nous informer non pas de ce qu’ils veulent mais de nous dire la réalité. Le plus grave dans cette histoire de réchauffement climatique c’est qu’elle a dépassé le stade de simple « information » sur l’état éventuel de la planète : c’est devenu une idéologie, un totalitarisme imposé par une catégorie de personnes (journalistes, scientifiques qui en ont fait leur beurre, politiques qui l’utilisent comme thème de campagne) et qui ne tolèrent aucun point de vue différent.

Et quel spectacle grotesque de voir pratiquement tous les candidats à l’élection présidentielle se prosterner le 31 janvier 2007 devant Nicolas Hulot, ce personnage médiatique pour signer son Pacte écologique qui les engage « à placer l’environnement au cœur de la campagne électorale ». Ses qualités de « défenseur de la nature » ne sont pas en cause, c’est le côté dictatorial de l’écologisme qui est dangereux, cette nouvelle idéologie qu’on est obligé de suivre, sinon on est considéré comme ennemi de la planète

Tous ces « compagnons de la route écologique » devraient se rappeler que dans les années 1970, on a pu assister à la même hystérie généralisée sur le délabrement supposé de la planète. C’était l’époque du Club de Rome, un « machin » composé de plus de 80 personnalités dont une quarantaine de chercheurs qui s’est mis à prêcher au monde entier que l’Apocalypse ne tarderait pas à arriver sur Terre si nous ne prenons pas de mesures drastiques. Fondé en 1968 par un industriel italien, Aurelio Peccei, le club publie en 1972 un rapport intitulé « Halte à la croissance » dans lequel il prévoit la fin imminente des ressources planétaires dans un délai d’environ 25 ans et, si l’on ne réagit pas, « pratiquement la fin du monde en l’an 2000 ». « La population mondiale aura doublé en l’an 2000 et il n’y aura pas suffisamment de nourriture pour tout le monde », dit le Rapport. Les conclusions sont largement reprises par les médias, le rapport est vendu à plus de 10 millions d’exemplaires dans 37 pays et les politiques de premier plan commencent à être sommés de s’engager derrière les recommandations du Club. En février 1974, la Club de Rome organise une grande manifestation à Salzbourg afin de rédiger une « déclaration commune destinée à faire prendre conscience à l’opinion des nouveaux devoirs de l’humanité ». Il faut, précise le texte, « constituer des stocks d’aliments « stratégiques » pour faire face aux pénuries de nourriture qui menacent la planète, l’opinion publique doit être mobilisée également en faveur de la limitation des naissances et aussi pour empêcher le « refroidissement (sic) de la planète ». Huit chefs d’Etat ou de gouvernement ont participé à cette manifestation : Den Uyl (Pays-Bas), Echeverria (Mexique), Kreisky (Autriche), Leburton (Belgique), Palme (Suède), Senghor (Sénégal), Trudeau (Canada), ainsi que Nello Celio, ancien président de la Confédération helvétique.

« L’humanité va vers un déclin progressif » », était le titre que donnait Le Monde[1] à un entretien avec Aurelio Peccei pour lequel le Sud-Est asiatique allait sombrer dans la famine généralisée. En octobre 1988, lors du vingtième anniversaire du Club de Rome, une conférence réunissant des personnalités du monde entier se tient à la Sorbonne sous le patronage de Michel Rocard le Premier ministre de l’époque.

Encore en 1993, le Club de Rome continuait à répandre les fruits de ses « recherches ». Dans une interview à la Croix[2], son secrétaire général, Bertrand Schreiner, n’hésite pas à affirmer que « la baisse relative du niveau de vie dans les pays riches permettra, à certaines conditions, de mieux vivre dans les pays du Sud ». Ou bien que « les nouvelles technologies (la micro-électronique et l’informatisation) supprimaient de manière irréversible des postes de travail ». Le bien-être du tiers-monde a toujours été l’une des préoccupations majeures des chercheurs du Club qui préconisaient dans un Rapport[3] de 1980 d’éloigner ces pays le plus possible de la société de consommation en empêchant la fuite des paysans vers les villes et le développement du capitalisme et des technologies car, d’après les éminents membres du Club, « cette société porterait en elle les germes de la crise actuelle ».

Que reste-t-il presque quarante ans après les rapports « scientifiques » publiés par le Club de Rome ? Ni « fin de ressources naturelles de la planète », ni « refroidissement du monde » et encore moins « famine dans le Sud-Est asiatique » qui est devenu, au contraire, une région en plein boom économique qui domine commercialement le monde entier. Faut-il conclure que dans trente ans, les rapports sur le réchauffement climatique subiront le même sort ? C’est bien probable mais ce qui est le plus important aujourd’hui c’est de privilégier l’information au détriment de l’idéologie et des sentiments. En épluchant le dossier de presse sur le Club de Rome, j’ai pu réaliser la complaisance des médias qui n’hésitaient pas à reprendre à la Une les bobards des rapports pondus par les membres. Aucun journal n’osait dénoncer la fumisterie de leurs propos. Peur d’être traité de « réactionnaire » ? De nier des « informations idéologiquement correctes » ? C’est ce qui est arrivé à Claude Allègre - qui est un scientifique – lorsqu’il a osé contester les causes et les dangers d’un éventuel réchauffement climatique de la planète. Ses chroniques dans l’Express ayant suscité des réactions violentes, il a été obligé de s’en expliquer[4] (ce qui n’a pas empêché le nouveau Directeur de l’hebdomadaire, Christophe Barbier, de se séparer de lui). Allègre réfute la thèse selon laquelle le réchauffement climatique serait causé par le gaz carbonique (CO2) émis par l’homme suivant le phénomène physique dit l’effet de serre. Il considère qu’il est impossible de prévoir à long terme l’évolution du climat, « car il dépend de la logique des phénomènes chaotiques ». Et des périodes de réchauffement, la Terre en a connu d’autres, bien avant le XXe siècle, comme le rappelle les minutieux travaux de l’historien Emmanuel Le Roy Ladurie qui « relève l’existence de phénomènes de canicule mortelle au XVIIIe siècle, lors du Petit Age glaciaire ».

La désinformation et la mauvaise foi sur ce sujet frôlent même le ridicule. Le titre du livre de Croizé est changé dans sa présentation sur le site de vente de livres en ligne amazon.fr. Son ouvrage ne s’intitule pas Climat. La fausse menace mais Le climat. La planète condamnée. C’est plus écologiquement correct même si ce n’est pas vrai.

_______________________________________________
[1] 2 juin 1979. 

[2] 21 mars 1993. 

[3] « Tiers-Monde-trois-quarts du monde » 

[4] Dans l’Express du 5 octobre 2006.

Date d'insertion: Vendredi, 16 Février 2007 12:13

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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