Commandez

Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Publication trimestrielle depuis plus de 40 ans, le Bulletin rend compte de la vie de l’ALEPS mais il propose aussi dans chacun de ses numéros plusieurs études de ses administrateurs, dont Fred Aftalion, Axel Arnoux, Jacqueline Balestier, Jean Philippe Feldmann, Georges Lane, Bertrand Lemennicier, Pascal Salin, Patrick Simon.

50 pages, Abonnement  annuel : 50€,  numéros anciens 5€ suivant disponibilité

Bulletin d'abonnement

Portait

 

Economiste classique

Contresens sur la valeur travail

Adam Smith avait créé une ambiguïté en juxtaposant trois lectures de la valeur travail : travail incorporé, travail épargné, travail échangé. Ricardo va lever l’incertitude en choisissant la valeur du travail incorporé, malheureusement la mauvaise !

Lire la suite...
Alexandria Book Library

Retour à la racine > Année 2007

De l'élève à l'apprenant et autres pamphlets
Si vous croyiez que vos enfants allaient à l’école pour apprendre, détrompez-vous ! L’école est faite pour « distribuer des compétences » et le travail ainsi que l’étude sont pour les ringards. Décryptage d'un système grotesque.
PDF Imprimer
Couverture du livre De l'élève à l'apprenant et autres pamphlets
Catégorie: Année 2007
Auteur: Michel Leroux
Editeur: Editions de Fallois
Année: 2007
Visites: 5117
Avis des utilisateurs:  / 0
MauvaisExcellent 
Commentaire
Ecrit par Bogdan Calinescu

Pour des raisons personnelles, j’ai assisté à la rentrée dans une école primaire privée catholique de province considérée comme une des meilleurs et des plus « sûres » du nord de la France. Durant une courte cérémonie, j’ai surtout prêté attention au discours du directeur de l’école qui a fait accroître encore plus mes inquiétudes en ce qui concerne l’état de l’école française d’aujourd’hui. Celui-ci a « assuré » les parents que leurs enfants allaient « acquérir de nouvelles compétences » durant la scolarité et que les travaux qu’ils auront à faire seront adaptés aux « exigences du monde d’aujourd’hui ».

Curieux d’en savoir plus, j’ai voulu m’instruire auprès dudit directeur. Il m’a précisé que les enfants – même ceux âgés de 3 à 6 ans – devaient être considérés comme des adultes et qu’il faut les préparer aux « bouleversements du monde » et l’école doit « s’adapter continuellement ». Je ne conteste pas la nécessaire – et inévitable – adaptation de l’école mais de là jusqu’à prendre les enfants pour des informaticiens qui « doivent acquérir de nouvelles compétences », il reste une certaine marge. A cet âge on apprend à colorier, dessiner, compter ou écrire, pour les compétences il reste encore beaucoup de temps…

Rongé par l’inquiétude grandissante, j’ai jeté un coup d’œil au programme de la maîtresse et quelle ne fût pas ma stupéfaction lorsque j’ai aperçu quelques exercices et jeux que les enfants auront à faire. Le but est de les habituer à respecter l’environnement et leur faire comprendre le…développement durable pour qu’ils deviennent des « citoyens à part entière ». Un des exercices consiste à leur montrer deux photos d’un glacier qui avait été victime du réchauffement climatique, l’une avant ce phénomène et, bien entendu, l’autre prise après. Désarmé et dépité, j’ai quitté l’école en essayant de me consoler du fait que « ça doit être sûrement pire dans les écoles publiques » et qu’il faut être confiant pour la suite de la scolarité.

Piètres espoirs, comme le démontre à merveille Michel Leroux dans son dernier livre, De l’élève à l’apprenant et autres pamphlets (Editions de Fallois, 2007). Agrégé de lettres, Michel Leroux a enseigné dans les lycées et les collèges pendant plus de quarante ans. Il a donc été un témoin privilégié du délabrement constant et irréversible de l’enseignement de la littérature. Sans parti-pris pour son métier, l’auteur rappelle plusieurs fois dans le livre que pour de nombreux chefs d’entreprise, la maîtrise de la langue est à « la base de l’efficacité professionnelle ». Plusieurs organisations patronales ont insisté auprès des grandes écoles et des universités « pour remettre leurs étudiants à niveau en syntaxe et en orthographe ». Savoir lire et écrire correctement n’est donc pas l’apanage de la « classe dominante » et peut servir à n’importe quel employé.

Mais nos fonctionnaires en ont décidé autrement. Inspirés par les théories fumistes des « pédagogistes » (Philippe Meyer les appelle des « pédagols ») comme Philippe Meirieu et des sociologues comme Pierre Bourdieu, les auteurs des programmes ont transformé l’étude de la littérature en « apprentissage des méthodes ». A la trappe, l’histoire ou la chronologie des textes, la biographie des auteurs ! Place à l’étude du « discours » et de la « grammaire des textes », des « registres, du fonctionnement et de la spécificité des genres ». L’élève devient « l’apprenant », il doit découvrir tout seul le fonctionnement du texte et, surtout, il a intérêt à s’en méfier. Le roman n’est plus l’apprentissage de la vie, la transmission d’une morale. Les personnages ne sont que des « indices », n’ont plus aucune consistance, ce sont les « acteurs » (comme d’ailleurs les élèves) d’un « processus fonctionnel ».

Ces précieuses indications qui font du développement durable en littérature ont été données par le Groupe d’experts de lettres au ministère présidé par un certain Alain Viala. Les buts - nobles au demeurant - de ces « experts » ont été d’ « apprendre le français à tous les élèves ». Sauf que l’enseignement passe par un nivellement par le bas pour tous. Si certains maîtrisent mieux la langue ou ont envie de lire plus que d’autres, gare à eux. Ils doivent se remettre au niveau des plus mauvais sinon, les différences pourraient révéler une « domination de classe » et avantager les « héritiers ». Afin d’écarter ce danger, l’étude de la littérature se résume dès lors à la « grammaire de la phrase, du texte et des discours », opération idéale pour dégoûter définitivement des élèves qui ont souvent déjà du mal à distinguer le sujet d’un complément.

Des exemples ? Leroux en donne pléthore comme cette interprétation de La Cigale et la fourmi qui privilégie « la dimension axiologique à partir d’une triple définition de la citoyenneté ». Chez Rabelais, les personnages sont des « actants », chez Maupassant, « la fiction est ancrée dans la réalité sociale » tandis que Guerre et paix, c’est du minimalisme. Vive l’enseignement de la littérature ! 

Date d'insertion: Vendredi, 21 Septembre 2007 17:27

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
Actualité
:
Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


Acheter le numéro

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...