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La crise est inéluctable

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Art, vérité et politique
Prix Nobel 2005, Harold Pinter se déclare dans Art, vérité et politique « ennemi des Etats-Unis ». Mais il est surtout un adversaire de la réalité historique.
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Couverture du livre Art, vérité et politique
Catégorie: Année 2007
Auteur: Harold Pinter
Editeur: Gallimard
Année: 2006
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Commentaire
Ecrit par Bogdan Calinescu

L’aveuglement des intellectuels en politique restera probablement l’un des plus grands mystères de l’Histoire. Pourquoi autant d’esprits libres, d’individus intelligents et cultivés se sont régulièrement trompés dans leurs choix idéologiques ? Pourquoi ont-ils embrassé (pour la plupart) les pires idéologies de l’histoire de l’humanité et ont rejeté les démocraties et les libertés ? J’avoue que je n’ai pas d’explication logique (est-ce qu’il en existe une ?). Un récent exemple de ce fourvoiement dans les marécages du totalitarisme intellectuel nous est donné par le prix Nobel de littérature (2005), l’écrivain britannique Harold Pinter.

Après avoir fait l’apologie de la vérité et exprimé son envie de « citoyen » d’être informé et de connaître les réalités, Pinter se livre, dans ce court pamphlet, à une diatribe violente contre les Etats-Unis, « un immense goulag de prisons ». On a tous le droit de ne pas aimer ce pays mais on a tort de déformer le passé pour rendre les Américains responsables de crimes imaginaires. « La recherche de la vérité ne peut jamais cesser. Elle ne peut être différée. Elle doit être affrontée tout de suite, sur-le-champ ». En effet, les faits et la vérité sont essentiels. Néanmoins, Pinter se livre à un exercice totalement différent. Pour lui, c’est l’idéologie anti-américaine qui prend les devant et écrase les vérités historiques. Il s’ensuit une série de dénonciations que feraient pâlir de jalousie le Sartre des années 1950 en pleine croisade contre « l’occupant yankee ».

En faisant une comparaison avec l’URSS, Pinter affirme de façon solennelle : « Je déclare ici que les crimes commis par les Etats-Unis pendant la même période (depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale) n’ont été signalé que d’une façon mineure, et ont été moins décrits, encore moins admis, encore moins reconnus comme crimes en tant que tels. Je crois qu’il faut aborder cette vérité et qu’elle a un lien considérable avec la situation où se trouve maintenant le monde. Même en partie limités (sic) par l’existence de l’Union soviétique, les Etats-Unis ont clairement montré par leurs interventions à travers le monde qu’ils estimaient en fin de compte avoir carte blanche pour agir comme bon leur semblait ». En d’autres mots, heureusement que les Soviétiques étaient là pour empêcher les forfaits des Américains dans le monde ! Pour ma part, et si mes connaissances historiques sont bonnes, j’ai surtout remarqué pendant la guerre froide, de nombreux crimes communistes sur tous les continents et des peuples entiers qui n’auraient souhaité qu’une chose : fuir l’enfer soviétique. Malheureusement, le rideau de fer et les gardes armées les ont empêchés de le quitter…

Le cadre historique bien fixé, notre prix Nobel commence une série d’exemples d’interventionnisme américain à la suite duquel, les militaires et (ou) les multinationales auraient pris le pouvoir dans de multiples pays : Indonésie, Grèce, Uruguay, Brésil, Paraguay, Haïti, Turquie, Philippines, Guatemala, Salvador et, bien sûr, Chili. L’horreur infligée au Chili pat les Etats-Unis ne pourra jamais être expiée, ni oubliée ». Rien que cela. Mais dans cette liste farfelue, Pinter oublie un pays : Cuba. L’arrivée de Castro (qui n’était pas socialiste au début) au pouvoir s’est faite avec l’aide la CIA ainsi que le renversement du dictateur – de droite – Batista. Le gouvernement américain fut le deuxième au monde (après celui du Venezuela, à reconnaître, dès le 7 janvier 1959, le nouveau régime de La Havane). De même, un autre dictateur de droite, Rafael Trujillo, a bien été chassé de son trône de Saint-Domingue par les Américains.

La grande obsession de Pinter est le Nicaragua, « un havre de paix sous les Sandinistes ». Or, la réalité est que ces derniers ont accaparé le pouvoir pour le transformer en un régime de répression tout en installant une économie socialiste. La pénurie et la faim apparurent après les Sandinistes. L’auteur aurait mieux fait de mentionner les ravages faits par les économies marxistes dans cette région et aurait même pu se rappeler[1] que, avec une économie exsangue, Daniel Ortega, l’ancien leader sandiniste (qui vient d’être élu) a fait la manche dans les pays européens début 1988 en prétextant que son pays souffrait de la disette à la suite d’une « longue sécheresse ». Tout de suite, la plainte du dictateur incita la Suède à faire passer de 35 à 45 millions de dollars son aide annuelle. Sans même s’interroger sur l’invraisemblance des déclarations de Daniel Ortega dont le pays, le Nicaragua, connaît un climat tropical chaud et humide bien loin des sécheresses du Sahel. Et Pinter oublie aussi de mentionner que lors des premières élections organisées dans le pays en février 1990, ceux-ci perdirent de façon éclatante. 

Harold Pinter rejoint de manière éclatante la liste de quelques autres prix Nobel (Bernard Shaw, Sartre, Neruda, Dario Fo, Günter Grass, pour ne citer qu’eux) aveuglés par les idéologies marxisantes et attirés par les utopies révolutionnaires. C’est devenu une tradition intellectuelle et on peut être certain que cette liste n’est pas encore complète.

__________________________________

[1] Cet épisode est délicieusement raconté Jean-François Revel dans La Connaissance inutile, Grasset, 1988, pages 383-384.

Date d'insertion: Vendredi, 09 Février 2007 18:03

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