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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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Le fondateur de l’école autrichienne

Carl Menger est souvent associé à Stanley Jevons et Léon Walras comme l’un des piliers de la « révolution marginaliste » qui a fait rupture avec le classicisme anglais de Ricardo et Mill. Il est vrai qu’il cherche, comme ses contemporains, à rendre compte de la rationalité des choix individuels.

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Les réformes des retraites à l'étranger PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 27 Septembre 2013 00:00

« L’exception française » est un puissant argument contre toute réforme profonde dans notre pays. Les partisans du statu quo avancent toujours l’idée que ce qui a réussi ailleurs ne peut être fait en France. Mais savent-ils ce qui s’est fait ailleurs ? Je me propose de le leur rappeler et de les interroger ensuite : pourquoi pas en France ?

 

Tous les systèmes de répartition en crise

Tout d’abord, il n’y a pas d’exception française en matière de crise. Il n’est pas pire mensonge que de prétendre que notre pays a traversé les dernières années bien mieux que la plupart des pays étrangers. Certes, il y a la Grèce, le Portugal, l’Espagne ou l’Italie, mais en dehors du « club Méditerranée » la plupart des pays de l’OCDE s’en sont mieux sortis que nous.

Il y a d’abord ceux qui ont visiblement échappé à la crise : Canada, Nouvelle Zélande, Australie, Chili, Suisse, Luxembourg entre autres. Ils ont en commun d’avoir adopté la capitalisation depuis plus de vingt ans.

Il y a ensuite ceux qui avaient amorcé la transition avant la crise. Ils commencent à en toucher aujourd’hui les dividendes, c’est le cas de la Grande Bretagne, des Pays Bas, de la Finlande, de la Slovénie, des pays Baltes.

Enfin, une troisième vague de réformes systémiques a concerné nombre de pays, comme la Suède, l’Allemagne, la Pologne, voire l’Italie.

Seule l’administration américaine d’Obama va en sens inverse et essaie de rompre avec la capitalisation pour aller vers le système public de santé et de retraite – mais l’affaire n’est pas dans le sac à cause de l’opposition du Congrès.

Ce tour d’horizon montre que le même diagnostic a été posé partout : échapper à la faillite du système public par répartition. Mais le traitement a-t-il été le même ?

 

Les tendances générales des transitions à l’étranger

En effet, il y a des évolutions comparables dans les réformes lancées et réussies à l’étranger. Partout on est passé :

De la répartition à la capitalisation : la répartition n’occupe plus qu’une place résiduelle dans le dispositif des retraites.

De l’obligatoire vers le volontaire : les assurés ont le choix entre rester dans le système public obligatoire ou adhérer au nouveau système.

Du public vers le privé : on échappe aux décrets de l’administration pour adopter une logique assurantielle, les contrats et comptes d’épargne-retraite sont librement conçus et conclus.

Du monopole à la concurrence : le monopole public sur les retraites est donc brisé et la concurrence s’instaure entre assureurs, fonds de pension et autres organismes financiers.

Du budgétaire au financier : l’avenir des retraites ne se joue plus dans le cadre des finances publiques, mais sur les marchés financiers.

Au-delà de ces principes généraux, la technique qui accompagne la transition consiste à organiser un glissement progressif entre trois piliers :

Le premier pilier est celui d’une retraite publique par répartition, il est appelé à disparaître totalement ou à demeurer en qualité de « filet social ». A son sujet, il est à remarquer que beaucoup de pays ont glissé d’un régime de retraites « à pensions définies » vers un régime « à cotisations définies » : dans le premier cas l’organisme public s’engage sur un montant de pensions, dans l’autre sur un montant de cotisations : l’assuré ne saura ce qu’il touchera qu’au moment de la liquidation de sa pension – et il n’aura pas à se plaindre !

Le deuxième pilier est celui d’une retraite complémentaire, qui dans certains pays est obligatoire et par répartition (comme ARRCO et AGIRC en France), dans d’autres volontaire et en capitalisation. La tendance est d’aller vers ce dernier type de complémentaire.

Le troisième pilier est celui de la capitalisation, volontaire et presque toujours privée. C’est celui qui doit progressivement se substituer aux autres et surtout au premier pilier chancelant. Il est en train de se développer dans une trentaine de pays de l’OCDE.

 

Les choix nationaux

En pratique, aucune transition ne ressemble à une autre, il n’y a pas un « modèle » à vocation universelle. Les choix seront souvent politiques mais ils dépendent aussi de la santé économique du pays et de la situation financière des caisses de retraite. Par exemple, les pays d’Europe Centrale et de l’Est ont « bénéficié » de partir de zéro, les retraites promises par les régimes communistes n’ayant jamais été versées.

La transition peut être courte (une génération) ou longue (trois générations) : le Chili a fait très vite, on le sait.

Elle peut être obligatoire ou laissée au choix des assurés. En Angleterre la moitié des assurés ont volontairement quitté le système public.

Elle peut être proposée à tous les assurés ou seulement à certains, par exemple en fonction de l’âge, de l’activité professionnelle.

Elle laisse toute liberté à la création et à la gestion des fonds de pension ou elle impose des normes (comme en Allemagne, Suède, Pologne et tous les pays à retraites « notionnelles ») et fixe la composition des portefeuilles. 

Elle s’accompagne ou non d’un « filet social » pour les retraités les plus dépourvus. 

Ces variations sur un thème commun appellent de la part des réformateurs sincères une pleine conscience des choix à effectuer. Certes il y a l’embarras du choix, mais en France il semble que l’on ait plutôt le choix de l’embarras.

 

Et en France ?

Statu quo sur la réforme de retraites l www.libres.org
Ignorance, ignorance

Pourquoi le débat sur les retraites en France occulte t-il tout ce qui se fait à l’étranger ? Une étude minutieuse devrait permettre aux gens chargés de la retraite de puiser des idées, quitte à les adapter au contexte politique, économique et financier français. Mais il n’en est rien et on ne sort guère de l’arsenal des mesures « paramétriques » habituelles : âge de la retraite, durée et taux des cotisations, calcul des pensions, fiscalité nouvelle, etc.

J’ai à plusieurs reprises évoqué les raisons de cette « exception française » :

-  Ignorance de la plupart des salariés de ce qu’ils payent pour leur retraite

-  Ignorance de ce qu’ils perdent et perdront avec la répartition

-  Ignorance de ce qu’ils pourraient gagner avec la capitalisation

-  Opposition de ceux qui risquent de perdre leurs privilèges en cas de réforme significative

-  Désir des gouvernements de ne pas provoquer des oppositions violentes : c’est la « tyrannie du statu quo »

-  Peur d’une crise financière

-  Peur d’un saut dans le vide, et reste de confiance irraisonnée dans l’Etat

Finalement, je pense que beaucoup de Français sont résignés. Ils ne se font aucune illusion sur ce qui les attend, mais ils pensent ne pas pouvoir échapper à ce funeste destin. Vous allez vous faire arracher une dent : vous acceptez d’avoir mal. Mais arracher une dent permet sans doute d’en finir avec des douleurs et des gênes insupportables à la longue et donne l’espoir de ne plus retourner de si tôt chez le dentiste. La transition, même en douceur, implique des sacrifices, il faut payer un peu plus aujourd’hui pour perdre bien moins ou gagner bien plus demain. Une fois la transition réalisée, le cauchemar des retraites aura disparu.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1343 du 29 novembre 2017

Editorial : Le doux commerce
Actualité
:
Le libéralisme est libéral - La grande cause du quinquennat - Agir : Les constructifs se détruisent
- La leçon africaine d’Emmanuel Macrons
Connaissance du libéralisme :
Liberté et Propriété, la synthèse 
Lu pour Vous :
Assemblée Générale 2017 de l’ALEPS - Hervé Novelli lauréat du Prix Renaissance de l’économie


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