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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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Comment sauver la protection sociale PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mardi, 13 Décembre 2016 00:00
Sécu : un remède miracle ? l www.libres.org

J’ai écrit mes premiers articles sur le sujet en 1974. A mes yeux, une réponse banale s’imposait : abandonner la répartition, revenir à la logique de l’assurance privée. Hélas, voilà un demi-siècle qu’elle n’a pas été entendue en France tandis que d’autres pays ont compris la fatalité d’une réforme systémique et l’ont mise en place avec succès.

 

Aujourd’hui le débat aurait pu se terminer avec la victoire de François Fillon, mais il n’en est rien. Bien qu’il tienne un discours qui dans l’ensemble sonne bien à l’oreille d’un libéral, le favori des présidentielles (pour combien de temps ?) semble refuser les vraies réformes de nature à sauver la protection sociale.

L’article qu’il a publié dans Le Figaro hier matin « Ce que je veux pour la sécurité sociale » ni ne m’éclaire ni ne me rassure. D’une part, on y trouve des propos de bon sens : la description du système de santé actuel y est sans concession, et François Fillon se réfère au sens des responsabilités pour changer la situation, rappelant au passage que son défi prioritaire est d’en finir avec le chômage et la stagnation économique. Mais d’autre part, certaines formules vont en sens inverse : « J'entends réaffirmer le principe d'universalité dans l'esprit des ordonnances de 1945[…] Il n'est donc pas question de toucher à l'Assurance-maladie et encore moins de la privatiser. »

On ne peut en rester à ces ambiguïtés. Le rôle des libéraux est maintenant de stopper toute dérive en rappelant les principes qui doivent régir la protection sociale dans une société de libertés : rompre avec la répartition, en finir avec le monopole public.

Dans un système de répartition, qu’il s’agisse de la santé ou des retraites, le nombre de ceux qui cotisent doit être en proportion du nombre de ceux qui sont soignés ou pensionnés. Quand la population est vieillissante, le rapport baisse : il était de 4 à 1 en 1974, il est aujourd’hui de 1,3 à 1. D’où les déficits, qu’il faut combler soit en relevant les cotisations, soit en abaissant les prestations, soit en jouant sur les deux (en reculant l’âge de la retraite par exemple), soit enfin en accumulant la dette sociale : les générations futures paieront.

Cette arithmétique démographique, peu rassurante, n’est pas le seul vice du système. Car puisque l’argent est « réparti » entre contributeurs et bénéficiaires, il circule sans arrêt : les fonds entrés sont immédiatement ressortis. Ainsi des milliards s’envolent-ils chaque mois sans laisser de trace, alors que la capitalisation permettrait de les investir, finançant les entreprises et la croissance, et de rapporter des intérêts substantiels, permettant de réduire le montant des cotisations. Celui-ci pourrait diminuer d’un bon tiers : inutile alors de « réduire les charges sociales » en prélevant des impôts, qu’il s’agisse de la TVA sociale (version Fillon - Juppé) ou de la CSG sociale (version Macron - Le Maire). Le système actuel ignore la logique assurantielle pour lui substituer une logique purement redistributive. Qu’on instaure un filet social pour ceux qui ne peuvent s’assurer suffisamment, et qu’il soit financé par un impôt de solidarité, rien ne s’y oppose. Mais, comme le disait Gary Becker, prix Nobel « S’il y a des individus laissés pour compte on peut prévoir un filet social à leur intention, mais ces cas doivent demeurer marginaux et il faut se garder, comme on le fait maintenant, de construire tout un système d’Etat Providence sur des hypothèses extrêmes qui ne concerneraient normalement qu’une infime minorité de la population ».

 

Une autre réforme décisive est la fin du monopole public. La centralisation des caisses est source de bureaucratie et d’irresponsabilité. Par contraste, la concurrence et le libre choix de l’assureur réduisent les coûts, ici comme ailleurs. Cet effet bénéfique s’observe en Alsace, comme chez les Allemands voisins. Mais la capitalisation implique rapidement la privatisation, car la gestion des fonds est mieux faite par des assureurs à la recherche du meilleur rendement que par des administrations indifférentes aux résultats et bénéficiant des contribuables pour « prêteurs en dernier ressort ».

 

Ces principes ne sont pas « ultra-libéraux » : ils sont de pur bon sens. Leur préférer des mesures « paramétriques » en jouant sur les données démographiques, comptables et fiscales ne peut résister aux réalités financières et psychologiques. Oui, il s’agit de rendre les Français responsables de leur protection personnelle, de leur santé, de la gestion de leurs ressources au moment d’une retraite personnellement choisie. Mais il n’y a pas de responsabilité sans liberté, sans la tenue de comptes ou carnets personnels de santé et de retraite. C’est ce qu’il faut faire admettre à François Fillon et à son entourage. Traiter à la légère des sujets de société aussi graves que celui de la protection sociale c’est s’exposer à la « volatilité » d’électeurs trompés et déçus, c’est risquer un échec en 2017. Il faut sauver le soldat Fillon.

 
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