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Si le libéralisme n’est pas assez attractif dans notre pays, c’est qu’il n’est pas connu. Pas enseigné, pas pratiqué, le libéralisme est caricaturé.
Ce livret rétablit la vérité : non le libéralisme n’est pas la loi du plus fort, non la propriété n’est pas le vol, non l’intérêt personnel n’est pas l’égoïsme, non l’inégalité n’est pas l’injustice, etc. Au contraire, le libéralisme a une dimension éthique : c’est une doctrine de la dignité de la personne humaine et de l’harmonie sociale.

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Les sentiments, bases de la société

Charles Fourier a inspiré Proudhon, mais Marx l’a méprisé. Marx l’économiste rejettera avec violence les « utopies » des Français, construites en ignorance totale des lois de l’économie. Il est vrai que Fourier part du principe qu’une société ne peut être harmonieuse que si elle rencontre les sentiments des individus.

 

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Du commerce international au libre-échange mondial PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mercredi, 14 Mars 2018 00:00

La « guerre commerciale » fait craindre un recul du libre échange mondial. C’est ce que l’on pense en général après les initiatives de Donald Trump et les réactions des partenaires commerciaux des Etats Unis.

 

 

 

En réalité, le libre-échange mondial n’existe pas aujourd’hui et nous sommes toujours sous le régime d’échanges internationaux largement régis par les Etats ou groupes d’Etats. C’est que les Etats se font un devoir de protéger leurs habitants contre les conduites « déloyales » (unfair) ou « dommageables » (harmful) de producteurs étrangers.

Le problème de fond est que ces interventions sont légitimées par de fausses idées sur la concurrence. La première idée se trouve dans les manuels d’économie qui se réfèrent à ce que serait une « concurrence pure et parfaite » : les concurrents devraient être sur un pied de rigoureuse égalité (de taille, de technique, d’information, de coûts, etc.). Cette conception est évidemment à l’opposé de l’esprit de concours ou de compétition régissant le sport, le savoir, la beauté et…le commerce.

La deuxième idée est que les Etats ont en charge de faire respecter la concurrence tant sur leur territoire que dans le reste du monde. Ils devraient lutter contre les « distorsions de concurrence », contre toutes sortes de « dumpings » : le social, le fiscal, l’environnemental, le monétaire.  A cet effet, ils devraient obtenir « l’harmonisation », par exemple mêmes salaires et même droit du travail, mêmes impôts, mêmes formalités, mêmes normes, même monnaie.

Or, ce projet d’harmonisation est en fait hors de portée des Etats. Un essai a été fait à travers des négociations multilatérales, comme l’Organisation Mondiale du Commerce (OMS) ou les Nations Unies (CNUCED) au niveau mondial, et les accords de libre-échange au niveau continental ou intercontinental (ALENA, MERCOSUR). L’échec est aujourd’hui complet : avec plus d’une centaine d’Etats présents, il est impossible de trouver une solution et les litiges portant sur le contentieux de l’OMC mettent plusieurs années à se régler. Donald Trump veut changer le système et revenir à des négociations interétatiques. Mais sa solution n’est pas meilleure : les accords bilatéraux sont difficiles à trouver et souvent à respecter.

Car la mondialisation, au sens précis de suppression des barrières douanières et de libre circulation des produits, des services, des entreprises, des hommes et des capitaux, a mis les Etats eux-mêmes en concurrence. Non que ce soient les Etats qui commercent, puisque ce sont des entreprises ou des particuliers qui achètent ou vendent, et l’obsession de la « balance commerciale » est un héritage stupide du mercantilisme (qui a ruiné la richissime Espagne du 16ème siècle). En fait, la concurrence entre Etats vient de ce que les entreprises et personnes sont localisées dans des Etats qui veulent contrôler l’activité économique – bien qu’il ne s’agisse pas d’une mission « régalienne ». Ainsi les impôts et cotisations sont-ils variables d’un pays à l’autre, et les législations modifient-elles les coûts et les comportements. Il n’y a donc désormais que trois solutions :

-  La délocalisation : exil des entreprises et personnes vers des cieux plus cléments ; c’est la solution individuelle.

-  Le recul puis le retrait du contrôle de l’Etat sur l’économie ; c’est la solution institutionnelle et vertueuse, qui débouche à terme sur des compétitivités comparables et à un niveau élevé : une harmonisation réelle, non artificiellement imposée.

-  Le protectionnisme généralisé : destructions d’emplois et de pouvoir d’achat, puisque les entreprises nationales importent plus cher et leur compétitivité diminue, et les consommateurs nationaux perdent du pouvoir d’achat et restreignent le marché intérieur.

Choisir la « préférence nationale » ou « le patriotisme économique » est une stupidité fatale. Stupidité puisque ce qui est produit aujourd’hui sur le sol français contient des éléments venus du monde entier (en France la moitié de l’énergie, la plupart des matières premières, les composants et matériels électroniques, mais aussi des médicaments, des informations, des techniques). Stupidité fatale parce que non seulement elle appauvrit le pays (et les pauvres par priorité), mais surtout parce qu’elle désigne l’étranger comme la cause de l’appauvrissement, et la xénophobie s’installe, les discours belliqueux se multiplient, la guerre (la vraie) menace : c’est le scénario des années 1930.

Il reste aux libéraux à convaincre les Français de ces évidences. Etre fier de son pays, de son histoire, de sa beauté, de son patrimoine, et être solidaire de ses semblables n’autorise ni l’autarcie ni le chauvinisme. La liberté appelle ouverture et diversité, elle garantit la paix.

 
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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1361 du 25 avril 2018

Editorial : La sueur des autres
Actualité
:
La vraie nature de l’impérialisme américain - Jeunesse et éloquence : Macron a séduit les Américains - Gentils étudiants et méchants CRS
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Pierre Bentata, Les désillusions de la liberté


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