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Le chômage est un scandale doublement public. D’une part, il n’a pour origines que des initiatives publiques : politiques budgétaires, monétaires, droit social. D’autre part, il est scandaleux d’avoir tant de chômeurs alors que la science économique donne une réponse claire au défi du chômage . « On a tout essayé contre le chô-mage » disent les gouvernants. Tout, sauf ce qui marche… En 1996 déjà un colloque tenu à Paris par des économistes de renom mondial rappelait cette évidence.

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Pourquoi la croissance de l’Etat ?

Au début du 20ème siècle, Adolph Wagner avait formulé une « loi économique » : les dépenses publiques occupent une proportion croissante du produit national. Une nation plus civilisée appelle un Etat plus dispendieux.

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Les propos d’Emmanuel Macron demain sur TF1 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mercredi, 11 Avril 2018 00:00

Je vous les donne en avant-première. J’ai en effet mes entrées à l’Elysée, et j’ai pu me procurer les notes préparées pour le Président, qui sera demain au Journal Télévisé de 13 heures pour un entretien avec Jean Pierre Pernaut sur le thème : Quel cap, un an après ? Vous allez pouvoir le constater : il s’agit d’un changement de cap radical. Grâce à la pression des immams libéraux, Emmanuel Macron s’est radicalisé.

 

 

« J’ai tenu à ce jour toutes les promesses du programme que j’ai présenté il y a un an et qui m’a valu un large succès démocratique. Je l’ai fait avec le soutien permanent de Français de toutes opinions, de toutes conditions, car j’ai rompu avec les vieux démons de la politique française et j’ai pu compter sur des élus et un gouvernement libérés de tout esprit partisan, décidés à réformer notre pays pour lui rendre prospérité économique, sécurité civile et leadership international.

« J’observe cependant que les réformes engagées, comme il fallait s’y attendre, se heurtent à la tyrannie du statu quo. Cheminots, étudiants, fonctionnaires, retraités, voire même politiciens et de façon plus générale tous ceux qui naguère pensaient leurs privilèges légitimes et durables conjuguent leur opposition et se liguent, comme jadis les patriciens contre César. Je crains Castaner en Brutus.

« J’en ai déduit qu’il me faut maintenant changer non pas le rythme des réformes – puisque notre pays doit relever des défis immédiats, mais leur contenu. J’ai essayé d’avancer avec prudence, j’ai admis de reporter à plus tard certaines mesures que j’aurais souhaitées immédiates, j’ai atténué la rigueur des annonces pour proposer des textes plus souples, j’ai adapté avec soin mon discours aux publics rencontrés. Pourtant, je vois comme vous le danger d’une France divisée, inquiète, alors que je suis le Président de l’unité nationale et de la vision d’avenir. J’ai fait un rêve, je vous ai compris, nous avons fait ensemble un rêve. Je ne le laisserai pas se dissiper.

« Je voulais, et je veux toujours, rendre au marché du travail toute sa flexibilité. Mais je n’ai pas vraiment inversé la hiérarchie des normes, et je n’ai pas rétabli la pleine liberté du contrat de travail (embauche et licenciement, durée hebdomadaire, salaire, conditions de travail).

Je voulais stimuler l’esprit d’entreprise et les premiers de cordée, mais j’ai envisagé d’encourager les sociétés à avoir d’autres « raisons d’être » que la rentabilité.

Je voulais redonner à l’école sa double vocation : instruire et éduquer. J’ai demandé que l’Education Nationale dispense le savoir de base et que la discipline soit respectée. Mais je n’ai pas ouvert les établissements à la concurrence, et la tutelle sur l’enseignement libre demeure. Je voulais redonner une valeur au baccalauréat et offrir aux universités autonomie et concurrence, mais j’ai instauré un bac incontrôlable et un « parcoursup » ingérable.

Je voulais diminuer le nombre de fonctionnaires et réviser le statut de la fonction publique, mais j’ai recruté beaucoup, et j’ai remis à plus tard la réforme du statut.

Je voulais réduire les dépenses publiques et le déficit budgétaire en réduisant la sphère de l’Etat, mais je n’ai amorcé aucune privatisation.

Je voulais en finir avec les privilèges des cheminots et la scandaleuse gestion de la SNCF, mais j’ai reporté l’ouverture à la concurrence et la dette sera payée par le contribuable.

Je voulais alléger les charges des entreprises et des particuliers, mais j’ai compensé la baisse des cotisations sociales par une hausse de la CSG, et j’ai différé la fin des taxes d’habitation.

Je voulais supprimer les impôts sur le capital, mais j’ai taxé la fortune immobilière, et suggéré d’asseoir la taxe foncière sur le revenu et de confisquer les plus-values potentielles.

Je voulais rendre aux régions et communes leur autonomie financière et réglementaire, mais j’ai ouvert une crise des finances locales et imposé une limitation nationale des vitesses.

« J’ajoute enfin que j’ai remis à l’an prochain (ou plus tard) des réformes encore plus importantes et urgentes, comme celles des retraites (que je veux par capitalisation) et du logement (que je ne veux plus social).

« Voilà donc quelques exemples du décalage entre, d’une part, ce que je voulais et que je veux toujours et, d’autre part, ce que mon gouvernement et ma majorité ont fait en un an. Et je laisse volontairement de côté le zèle de Madame Schiappa pour promouvoir la GPA et la réticence de Madame Merkel pour en finir avec la dictature bruxelloise, et la mauvaise foi de Donald Trump pour mondialiser le protectionnisme et intervenir en Syrie.

« J’en tire donc dès aujourd’hui, cher Monsieur Pernaut, deux conclusions définitives :

La première c’est que les demies-réformes vous attirent toutes les oppositions sans rien régler quant au fonds ; elles se transforment en mesures cosmétiques tout en mettant le feu aux poudres.

La deuxième c’est qu’on ne peut « en même temps » prétendre changer la France et renforcer le pouvoir de l’Etat technocratique entre les mains des hauts fonctionnaires »

Pcc. Jacques Garello

 
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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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