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Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 08 Mai 2017 00:00
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Victoire ou triomphe ?

Emmanuel Macron a remporté une victoire   attendue, mais sans panache puisque les jeux étaient faits d’avance avec le ralliement des Républicains, des Centristes et des Socialistes, et la grande peur de « l’extrême droite ». Je dois reconnaître en revanche que la victoire a été fêtée avec panache, tant par la première allocution du Président élu que par l’arrivée à la Pyramide du Louvre accompagnée de l’Hymne à la Joie. D’ores et déjà, qu’on le veuille ou non, cette élection est entrée dans l’histoire et le jeune président est entré dans le gotha mondial.

 

Pour autant ce n’est pas un triomphe, en dépit des deux tiers des voix exprimées. Dans ces voix exprimées ne figurent évidemment ni celles des abstentionnistes (28% des inscrits), ni même celles de ceux qui ont voté blanc ou nul (12 %), de sorte que seuls les deux tiers de 40 % des inscrits, soit un quart des inscrits, ont voté pour le Président. Encore faut-il tenir compte du fait qu’une proportion de ces suffrages se sont portés sur Emmanuel Macron pour faire barrage à Marine Le Pen, ou par résignation, ou pour les deux. Je veux bien croire que le mouvement « En marche » se soit révélé dynamique, jeune et bien organisé, mais il n’a rassemblé au mieux qu’un dixième des Français, ce qui n’est d’ailleurs pas négligeable dans un pays où l’engagement politique est réservé habituellement aux professionnels des partis. Ce réveil électoral de la société civile, fût-il passager et dévoyé, est à saluer : les affaires de la société française intéresseraient-elles enfin les Français ?

Cela dit, le Président Macron a eu la lucidité de préciser à ses militants réunis au Louvre : « c’est une tâche immense qui nous attend, j’aurai besoin de vous ». Il y a un besoin immédiat : obtenir une majorité de députés pour soutenir l’action gouvernementale orientée par le Président. Cet objectif va dépendre de l’habileté des gens d’En Marche et de la stupidité des gens d’en face.

Pour conforter la victoire du Président En Marche doit investir dans les 577 circonscriptions des candidats de qualité et remporter le pari de renouveler le personnel politique. Mais quid des éléphants et des arrivistes qui l’ont rejoint ? Les macronistes députés sortants  élus en 2012 sous l’étiquette PS, LR, UDI ou MODEM, ou Les Verts, vont-ils renoncer à se présenter ? Et quel gouvernement en perspective ? Nous ne connaissons pas pour l’instant la réponse à ces questions, mais cela participe, une fois de plus, de l’ambiguïté de la campagne du candidat Macron. Le Président Macron devrait lever toute ambiguïté cette semaine, dit-on.

Du côté des battus, des gens d’en face, ils semblent s’aventurer de façon stupide dans une nouvelle guerre des chefs. On ne parle que de juppéistes et de sarkozystes depuis qu’ils ont tout perdu. Les uns visent une cohabitation, les autres une coalition, d’autres enfin une collaboration. Certains se voient ministres d’un gouvernement macronien, d’autres premiers ministres d’un gouvernement d’opposition. Et sur quel programme ces braves gens, théoriquement guidés par François Baroin, vont-ils se faire élire ? Ils ne récupèreront pas les voix perdues en se présentant simplement comme les opposants à Macron, ou à Le Pen : arguments désormais dépassés. De la droite et du centre, ceux qui se sont exprimés depuis le 23 avril ont affirmé que leur programme serait celui de François Fillon, moyennant quelques retouches. Mais ces retouches vont toutes dans le même sens : plus de « social », plus de redistribution, bref un programme plus lissé, plus policé, plus proche de la pensée unique, plus compatible avec les intentions du Président. C’est ignorer que parmi les voix perdues ou égarées, il y a assurément celles de l’électorat libéral, et s’aligner sur le moins-disant libéral est une stupidité.

Je crois au contraire, dans l’intérêt des candidats de l’opposition future, qu’ils doivent enfin se décider à proposer une offre politique nouvelle, celle qui va bien au-delà des clivages gauche-droite, celle qui fait novation et qui est de nature à répondre aux attentes de millions de Français qui souhaitent une totale rupture non pas tant avec les politiciens, non pas tant avec les partis, qu’avec le cadre économique, social, politique dans lequel ils vivent. Trop d’Etat, trop d’administrations, trop de prélèvements, trop de dettes, trop de règlementation, trop de monopoles, trop de privilèges, trop de laxisme, trop de corruption. Bref un programme libéral dont vous connaissez déjà les détails, qui a fait ses preuves à l’étranger et qui répond aux défis du chômage, de la pauvreté, des tensions sociales, de l’insécurité et de l’irresponsabilité. Nous essaierons ensemble d’en convaincre ceux qui désespèrent des perspectives actuelles, mais aussi de faire pression sur les candidats pour qu’ils se rendent aux évidences.

Oui, la tâche est immense et bien au delà des échéances électorales. Car une fois parlement et gouvernement en place, l’échéance sociale se rapprochera très vite : la tyrannie du statu quo menacera toute réforme significative, et le drapeau européen n’y pourra rien. Emmanuel Macron ne peut réussir sans aller dans la voie libérale : de son propre chef – ce qui serait surprenant d’après tout ce qu’il a dit et fait – ou sous la poussée d’une opposition ayant osé brandir la bannière de la liberté. Les jours à venir peuvent donner l’occasion de se mettre en marche vers la liberté.

 
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Au sommaire du n°1343 du 29 novembre 2017

Editorial : Le doux commerce
Actualité
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Le libéralisme est libéral - La grande cause du quinquennat - Agir : Les constructifs se détruisent
- La leçon africaine d’Emmanuel Macrons
Connaissance du libéralisme :
Liberté et Propriété, la synthèse 
Lu pour Vous :
Assemblée Générale 2017 de l’ALEPS - Hervé Novelli lauréat du Prix Renaissance de l’économie


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