Commandez

Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Etes-vous adeptes et satisfaits de la pensée unique ? Ces portraits montrent l’extrême richesse de l’histoire de la pensée économique, d’Adam Smith à nos jours. Ils vous font découvrir les permanences (les problèmes économiques) et les oppositions (les doctrines économiques).
Dépenses publiques et impôts d’un côté, ou libre échange et libre entreprise de l’autre : ce débat actuel s’est noué avec Say et Malthus, se poursuivant entre Bastiat et Marx, puis aux 20ème siècle par Keynes et Hayek – par exemple.

48 pages, 22 portraits, 5€

Bulletin de commande

Portait

Les produits s’échangent contre les produits

Cette formule est aujourd’hui connue sous le nom de « loi de Say ».

Lire la suite...
Theresa May à Paris PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 13 Juin 2017 00:00

Cherche-t-elle un allié pour un Brexit adouci ?

 

Les Travaillistes et James Corbyn en ont été pour leurs frais : ils n’ont pas réussi à déboulonner Theresa May du 10 Dawning Street. Pourtant ils avaient joué de façon éhontée sur la série d’attentats qui avaient frappé le pays à la veille des élections. Pourtant la presse française se réjouissait de ce succès de la gauche révolutionnaire et populiste : on pouvait y voir un mélange de Mélanchon et de Le Pen, et un échec du communautarisme à l’anglaise.

En vérité, le parti conservateur, s’il n’a pas réussi à garder la majorité à la Chambre des Communes, demeure le premier parti du Royaume Uni, avec le plus grand nombre de voix et de sièges, et il ne lui a manqué que 6 sièges pour éviter un gouvernement de coalition. Voilà pourquoi l’alliance de circonstance avec le Parti Unioniste Démocrate (DUP), titulaire de 10 sièges, pourra permettre à Theresa May de faire passer un grand nombre de textes imposés par l’issue des négociations avec l’Union Européenne.

Le DUP n’a pas bonne presse dans certains milieux. Il s’agit d’un parti de l’Irlande du Nord, très attaché à l’Union Européenne parce que les frontières ont disparu avec la République d’Irlande (qui, elle, reste dans l’Union de toute façon). Les Irlandais des deux côtés ont apprécié le libre échange et le Nord bénéficie de la proximité de ce paradis fiscal qu’est l’Irlande de Dublin. Mais surtout, il s’agit d’un parti « ultraconservateur » (dans le langage des médias français), c’est à dire représentant des électeurs opposés à l’avortement et au mariage homosexuel. En foi de quoi les Travaillistes ont immédiatement lancé une pétition pour demander la démission de Theresa May. Celle-ci n’en a cure pour l’instant car toute autre coalition serait sans doute critiquée avec autant d’animosité par ses adversaires. Elle résiste d’ailleurs avec la même fermeté aux pressions internes à son parti, puisque David Cameron n’a cessé de l’attaquer ; il faut dire qu’elle a toujours été dans la minorité pro-Brexit au sein des tories ; c’est d’ailleurs pourquoi elle a été choisie pour Premier Ministre.

Libérée (presque totalement) de la crise parlementaire, la Première Ministre doit maintenant reprendre le dossier des discussions avec l’Union Européenne, qui vont reprendre la semaine prochaine. Est-ce le sens de la visite qu’elle rend ce soir à Emmanuel Macron ? Certes la visite est placée sous le signe de l’amitié entre nos deux peuples et de la solidarité dans le malheur commun du terrorisme djihadiste. Mais plusieurs commentateurs sont persuadés que Theresa May veut convaincre le Président français, qui à son tour pourrait infléchir les négociations dans un sens plus favorable aux intérêts anglais.

On peut ici émettre un double doute. D’une part les conceptions européennes des deux protagonistes sont radicalement opposées. Emmanuel Macron est partisan d’une relance européenne à partir d’une participation plus active des chefs d’Etat aux décisions concernant l’Union, tandis que la Commission serait mise entre parenthèses. Theresa May préfère discuter avec la Commission (à la différence de David Cameron) et son opinion personnelle, affaiblie par les élections et les critiques, pèse peu aux yeux du Président français. Peut-être l’air de Paris réchauffera-t-il les relations entre les deux.

Mais d’autre part, il n’est pas dit que la position française soit réellement déterminante dans le concert européen. En France on est acquis à l’idée que le jeune Président va dominer de son intelligence et de son habileté la diplomatie européenne, sinon occidentale, sinon mondiale. Mais en fait le siège politique de l’Europe est bien celui occupé par Angela Merkel, parce qu’elle seule peut imposer un rapprochement des points de vue entre Europe du Sud et Europe du Nord et du Centre, et elle seule peut tenir la dragée haute au Président américain, notamment sur les problèmes de défense.

Enfin il ne faut pas oublier que si la France peut se targuer d’avoir un bon et jeune Président, elle est aussi en position de débitrice structurelle, et qu’elle a besoin de l’indulgence de ses partenaires pour obtenir de nouveaux moratoires pour revenir à la règle des 3%. Déjà la préparation du budget 2018 se présente-t-elle comme très délicate, compte tenu des ardoises laissées par les socialistes.

L’alliance franco-anglaise sera-t-elle cordiale ? On en aura un avant goût au stade de France.

 

 
More Articles :

» Fin du modèle allemand ?

La constitution de la Grande Coalition a été saluée comme un succès pour les socialistes du SPD. Victoire à la Pyrrhus : d’une part, les dirigeants du SPD sont très mal en point au sein de leur propre parti (à tel point que Martin Schutz...

» En marche sans bouger

Je suppose que vous avez réagi à l’annonce, vendredi dernier, de l’arrêt de la Cour de Cassation précisant que le conducteur d’un véhicule à l’arrêt, moteur arrêté, pouvait être poursuivi et condamné pour tenir son téléphone...

» 2018 : une obscure clarté

L’étoile des Rois Mages a fait toute la lumière sur l’histoire de l’humanité, elle a indiqué pour les siècles des siècles la voie de l’espoir, de la vérité et de la vie. Aurons-nous une Epiphanie au cours de cette année 2018 ?...

» Pourquoi les Français n’aiment pas les réformes

Jupiter est par nature olympien. Il devait donc s’adresser aux humains du haut du Parthénon. L’héroïsme politique s’exprime plus facilement à Athènes, aujourd’hui ville de Tsipras, symbole de la démocratie européenne.  

» Pierre Bergé : la gauche caviar ?

C’est une des facettes de cette surprenante personnalité disparue vendredi dernier.Homme d’affaires, mécène, industriel, homme de presse, mais aussi « celui qui incarnait pour beaucoup une certaine « gauche caviar » : tel est le...

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1361 du 25 avril 2018

Editorial : La sueur des autres
Actualité
:
La vraie nature de l’impérialisme américain - Jeunesse et éloquence : Macron a séduit les Américains - Gentils étudiants et méchants CRS
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Pierre Bentata, Les désillusions de la liberté


Acheter le numéro

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...