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Ce livret destiné à des militants libéraux avait deux objectifs : d’une part, rappeler le contenu du contrat que des candidats libéraux devraient passer avec les électeurs, d’autre part, imaginer deux scénarios de l’alternance : la gauche reconduite en 2002 et en 2007, mais devenue libérale, ou la droite au pouvoir en 2002 et pour longtemps. En fait, la droite a gagné en 2002, mais le scénario « Thatcher » n’a jamais fonctionné, et la gauche reprend le pouvoir en 2012 !

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L’intérêt général, fruit des intérêts personnels

Turgot partage sans doute avec Adam Smith la paternité de la science économique ; contemporains, les deux hommes n’ont cessé de correspondre et de s’influencer mutuellement. Puisque l’économie se ramène au jeu de l’échange, les divers acteurs de la production y recherchent leur intérêt personnel. Les conflits d’intérêts sont naturels, mais ils se règlent harmonieusement par le contrat. Par contraste vouloir établir d’en haut un intérêt général et recourir à la puissance publique pour l’imposer ne fait que contrarier les intérêts des uns pour mieux servir les intérêts des autres. C’est en cela que les procédures marchandes sont supérieures aux administrations politiques.

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De la communication à l’action PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 26 Juin 2017 00:00
Les nouveaux entrent en classe... l www.libres.org

Je dirais plutôt : du mensonge à la réalité. S’agissant du Président, de son gouvernement, de sa vision européenne, les commentateurs ne manquent pas de souligner que le temps de la communication est terminé, il va falloir passer maintenant à l’action.

 

 

Il est vrai que l’art de communiquer a été à son comble. Les Français ont élu un Président dont ils ne savaient rien sinon qu’il incarnait la jeunesse, le changement, et proposait « de nouveaux visages, de nouveaux usages ». Entre présidentielle et législative, les petits écrans ont été occupés par les embrassades internationales : Merkel, Trump, Poutine, May. Les « affaires » concernant un bon quart du premier gouvernement ont été digérées avec rapidité, l’honneur est sauf. La majorité parlementaire est assurée, et la droite serait en perdition parce qu’une quinzaine de Républicains ont fait sécession. Enfin, le sommet européen serait marqué par la rentrée fracassante du jeune Président français. Bravo pour la communication.

Mais quid de l’action ? Les mêmes commentateurs savent que les réformes en perspective doivent maintenant être arrêtées, présentées, acceptées, et ici les craintes sont plus fréquentes, car il y a incertitude sur les textes, sur les réactions : l’insignifiante ordonnance de moralisation est en grandes retouches, et l’ordonnance sur le travail n’est visiblement pas prête, ce qui fait l’affaire des syndicats, qui préfèrent organiser la riposte à la rentrée (puisque le Premier Ministre a fixé la date de la parution à fin septembre). Seules les mesures avancées par le Ministre de l’Education Nationale semblent concrètes et susceptibles d’application, au moins partielle, dès la rentrée.

Je prends le contrepied de ces commentaires convenus. Ce qu’on appelle communication n’a été que série de mensonges, et ce qu’on appelle action ne correspond à aucune réalité.

C’est grâce aux mensonges qu’Emmanuel Macron, ses soutiens et son équipe, ont passé le premier tour des présidentielles. Après, la partie était jouée d’avance, on a grossi démesurément les chances de Marine Le Pen pour faire peur aux électeurs. C’est grâce aux mensonges que les candidats d’En Marche ont été si nombreux : on a fait croire à un raz de marée qui décourageait toute opposition à l’avance : les 450 députés annoncés par Harris et Opinion Way se sont retrouvés 360. On a menti sur la qualité des candidats : la majorité n’est pas issue de la société civile, mais sont de vieux routiers ou de jeunes loups de la politique et du secteur public. On a menti sur le gouvernement, qui s’est alourdi en énarques, caciques du Parti Socialiste, et dont la coloration est rouge flamboyant, masquée par la présence de deux félons à Bercy, maintenant sous contrôle direct du Président par Griveaux interposé. Et le Premier Ministre lui-même passe pour un homme de droite, alors qu’il était juppéiste (ce qui n’est pas un brevet de libéralisme). On a surtout menti avec les affaires de Ferrand, Bayrou et Modem : la corruption a été minimisée alors qu’elle allait sans doute bien au-delà de ce qui était reproché à François Fillon dans un passé plus lointain. Voilà pour les nouveaux visages, pour les nouveaux usages.

La réalité qui nous attend est loin d’être conforme aux illusions et aux promesses. Le sauvetage des entreprises en détresse a échoué (rappelons-nous que Bruno le Maire avait tout réglé en 24 heures). La réforme du Code du Travail n’a aucun soutien dans le monde syndical, qui attend l’arme au pied les manifestations. Le budget 2018 tourne au cauchemar. Et, cerise sur le gâteau, le sommet européen n’a pas été dans la ligne française définie par Macron.

Evidemment on peut toujours espérer que Macron s’affirme progressivement comme un Tony Blair, on peut rêver que la gauche réalise des réformes libérales, comme cela a été le cas au Canada, en Australie ou en Nouvelle Zélande.

Mais cette hypothèse est peu réaliste quand on sait qui est derrière et qui est aux côtés d’Emmanuel Macron : la puissant énarchie qui nous gouvernait déjà, les milieux d’affaires liés au pouvoir politique depuis des décennies, les journalistes acquis à l’idéologie marxiste, la masse des syndicats d’enseignants et la violence de la CGT, les élus démagogues et leur clientèle électorale : tout ce qui fait la France du chômage, des privilèges et de la bureaucratie.

La seule question que je me pose : combien faudra-t-il de semaines pour que les Français réalisent que la communication n’est que mensonge et que l’action n’est qu’illusion ? Un sérieux travail d’information nous attend.

 
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Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


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