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Un Marx libéral ?

Les principaux éléments de l’économie marxiste se trouvent chez John Stuart Mill, qui a ajouté aux erreurs de Ricardo et Malthus dont il prend la suite.

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Le doux commerce PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mercredi, 29 Novembre 2017 00:00

Le libéralisme est une utopie : voilà ce que les libéraux devraient dire et se dire. Car à l’heure présente, et surtout en France, il y a un besoin d’utopie, c’est à dire d’un rêve mobilisateur et salvateur. Ce rêve c’est celui du doux commerce.

 

 

 

 

Le doux commerce c’est l’effet radical et flamboyant qu’une économie de marché libre ne manque pas d’avoir sur les relations entre les hommes : le doux commerce apporte la compréhension et la paix au sein de la nation. Vous admettrez que la France est aujourd’hui déchirée et se divise profondément sur tous les fronts : lutte des classes, lutte des sexes, lutte des religions, lutte des races. Sans que ces contours soient clairement repérés aujourd’hui, nous sommes guettés par la guerre civile, le niveau de violence sociale et individuelle est déjà insupportable. Oui, nous rêvons d’une nation apaisée, comme peuvent l’être la nation helvétique, les nations scandinaves, et quelques autres havres de concorde et de solidarité dans le monde.

Cette ode à l’utopie libérale n’est pas utopique. Elle a hanté les plus beaux esprits. Montesquieu, a inventé l’expression « doux commerce », Hayek expliquait le succès du socialisme par la séduction qu’inspire leur utopie sur les intellectuels « Ce dont nous manquons c’est d’une utopie libérale, c’est d’un vrai radicalisme libéral ». Pascal Salin présente le libéralisme comme « une utopie réaliste, parce qu’elle repose sur une conception réaliste de l’homme et de la société » (Libéralisme, Odile Jacob 2000). Début novembre à Stockholm, le Congrès mondial de la Société du Mont Pèlerin, aréopage des intellectuels libéraux du monde entier et pépinière de prix Nobel, était ouvert par le Professeur Peter Boetke sur le thème de la redécouverte de l’utopie libérale pour promouvoir la renaissance du libéralisme, et il se référait au « doux commerce ».

Il soulignait le réalisme de l’utopie libérale. Elle correspond en effet à « l’importance de la coopération entre les hommes sans frontière ». A la différence de tout autre être vivant l’être humain a besoin de coopérer, d’échanger. Ce comportement n’est pas seulement utile et efficace, chacun mettant au service des autres ses capacités pour pouvoir vivre mieux lui-même, il est aussi et surtout conforme à sa nature qui le porte à comprendre les autres, à mobiliser son empathie. Le doux commerce c’est le miracle du marché libre : la « catallaxie » évoquée par Mises, la transformation d’un ennemi en ami, les intérêts personnels et opposés qui se fondent en intérêt commun. « L’étranger devient un ami » (Boetke) Voilà toute la différence entre utopies libérale et socialiste : celle-ci, à la manière de Hobbes, voit l’humanité comme la « lutte de tous contre tous », celle-là, à la manière de Locke, la voit comme la recherche d’un accord, à travers la liberté et la propriété. Quelle est l’utopie la plus réaliste ? Quelle est la plus conforme à la dignité de la personne, en dépit des erreurs et des fautes commises par l’homme faillible mais conscient et responsable ?

La banale observation montre le réalisme de l’utopie libérale. Thomas Sowell a démontré que les conflits ethniques aux Etats-Unis se concentraient dans les régions où les allocations sociales tenaient lieu de salaire : pas de travail, pas d’entreprise, nul ne coopère et tous se haïssent. L’immigration n’a jamais posé de problème dans les pays où les devoirs accompagnent les droits. Le progrès économique s’est opéré dans les sociétés de confiance et d’entraide et a déserté les sociétés de puissance et de dépendance.

Hélas, par contraste, que de fausses images du libéralisme ! Certains qui se disent (et peut-être se croient) libéraux font l’impasse sur la sociabilité de l’homme, et vulgarisent « le modèle atomistique de l’être humain » : l’individualisme radical serait la base du libéralisme. Ils ignorent ce que chacun d’entre nous doit aux autres, attend des autres. Certains débouchent même sur « le libéralisme d’Etat », idée perverse à la mode : je ne dois rien à personne quand je reçois de l’Etat, protecteur de mon individualité. Ni étatisme ni égalitarisme

D’autres caricaturent le libéralisme au nom de l’égalitarisme. La « liberté réelle » des marxistes et socialistes est un excellent prétexte pour nier la diversité des capacités, des sentiments, des comportements, et pour instaurer la dictature des artisans de l’égalité.

L’échange, la coopération, le souci des autres, le respect de chaque personne et de ses droits, l’épanouissement de ce qu’il y a d’humanité en chacun de nous : voilà les vraies bases de la civilisation. Voilà ce qui a fait le progrès et le bonheur des nations et des phases de l’histoire où a régné le doux commerce. Le défi de notre siècle est bien celui-ci : allons-nous répéter les erreurs du siècle passé, qui a mis cent ans pour se libérer de l’esprit de lutte et des dictatures, des guerres et des génocides qu’il a engendrées, ou ferons-nous de la mondialisation l’occasion d’un doux commerce, et l’amorce d’une « civilisation de l’amour » ?

Proposons l’utopie libérale.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
Actualité
:
Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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