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En 2007, l’ALEPS décide douze thinks-tanks libéraux français à proposer en commun un « Guide du candidat ». Six chapitres s’adressent respectivement au chômeur, au contribuable, à l’assuré social, à l’écolier, au citoyen et à l’Européen. Une grille permet de noter  les programmes des divers candidats. Sur 180 points théoriques, le premier est arrivé à 80 points, et Ségolène Royal à 5. On savait déjà que Nicolas Sarkozy ne serait pas libéral.
 

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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Cheminots et paysans : quelle réforme ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mercredi, 28 Février 2018 00:00

On ne parle plus ces jours-ci que de la SNCF et du Salon de l’Agriculture. Il y a deux points communs à ces sujets : d’une part, cheminots et paysans sont en colère ; d’autre part, il est évident qu’il y a urgence et risque de réformes sans lesquelles l’économie et la paix sociale de notre pays seraient gravement menacées.

 

 

 

Le sens des réformes est clair. Dans les deux cas la situation est due à une seule et même cause : depuis un siècle au moins l’Etat a voulu soustraire le transport ferroviaire et l’agriculture à la loi du marché. Dans les deux cas, c’est l’Etat qui a conduit des centaines de milliers de gens à une impasse. Ces milliers de gens sont bien entendu les premiers concernés, cheminots et paysans. Mais ce sont aussi les contribuables français et, au-delà, l’ensemble des Français qui perdent chaque année un point de croissance par rapport à leurs voisins.

Le risque des réformes est tout aussi clair, c’est encore l’Etat : comment peut-il organiser la transition du dirigisme à la liberté sans en assumer les coûts sociaux et financiers ? Comme toujours, le conflit est ouvert entre chirurgie et médecine douce. Il ne concerne pas seulement cheminots et paysans mais aussi fonctionnaires, retraités actuels et futurs, chômeurs et autres exclus. Il ne concerne pas seulement la France, mais tous les pays englués dans l’Etat Providence – et il est sans doute instructif de voir comment ils s’en dépêtrent. Il y a bien une autre solution : accepter la tyrannie du statu quo et s’en tenir à des réformes cosmétiques. Je redoute le mal français : l’Etat répugne à se retirer des domaines qu’il a colonisés.

Pourtant il y a urgence, née de l’irréversible ouverture à la concurrence. La SNCF a accumulé 50 milliards de dettes, a laissé se dégrader la qualité des équipements et des services, a multiplié retards, pannes et accidents mortels. Elle affronte maintenant la concurrence non seulement celle des trains étrangers (elle sera totale pour les voyageurs en 2020), mais aussi celle des autocars (loi Macron). Un statut impopulaire Les cheminots eux-mêmes sont devenus impopulaires, à cause des privilèges statutaires en matière de retraites, de temps et de conditions de travail, d’avantages en nature. D’ailleurs, au Salon de l’agriculture, Emmanuel Macron a comparé le sort des cheminots à celui des paysans qui travaillent tous les jours de la semaine et tous les mois de l’année, qui n’auront pas de retraite et ont des revenus très inférieurs au SMIC. Diviser pour régner…

Mais, précisément, que faire avec les paysans ? Tous sont menacés par la concurrence mondiale et les accords passés pour l’importation de viandes d’Amérique Latine inquiètent ; tous sont mécontents de l’insécurité des prix, des marges des intermédiaires, de la baisse de leurs revenus ; tous sont pénalisés par les normes écologiques (et l’interdiction des glyphosates en particulier). Cependant, certains tirent leur épingle du jeu en innovant sur les produits, les techniques et les modes d’exploitation. Les paysans sont plutôt sympathiques aux urbains, parce qu’ils représentent la France profonde, la nature et la bonne table. Enfin, le culte de la qualité et de l’excellence tranche ici avec l’irresponsabilité qui marque la SNCF.

La vraie réforme de la SNCF doit s’inspirer de ce qui s’est fait à l’étranger, où les situations étaient aussi désespérantes (en Allemagne après la réunification et en Angleterre après la ruine des installations). C’est la privatisation. Or, pour l’instant, l’objectif retenu est celui d’une société de statut privé mais dont les actions seraient détenues par l’Etat, pour permettre au contribuable de pérenniser son soutien à la SNCF (dernière disposition annoncée : il remboursera la dette d’ici 2022 !) Quant à la vraie réforme de l’agriculture, elle devrait commencer par la suppression des 35 instances parasitaires qui tuent les paysans au prétexte de les aider. Libérer les exploitations agricoles Elle devrait se poursuivre par une refonte du crédit aux exploitants, qui les a encouragés à un endettement mortel jusqu’à présent et devrait permettre une diversification des cultures et des activités dans les régions en difficulté. Enfin, et non le moindre, les vestiges de la Politique Agricole Commune doivent disparaître. Protectionnisme et subventions ont les mêmes effets que la cortisone : on finit par mourir du remède.

Donc, la réforme sera conforme à la logique du marché et aux exigences de la concurrence ou elle ne sera pas. Je suis navré de conclure sur ce truisme, en gommant les modalités et les coûts de la transition. Mais je suis sûr que la transition est facilitée en disant la vérité et en allant vite et profond. Bastiat évoquait le paysan qui devait couper la queue de son chien Bourguignon : « Mon pauvre chien, je dois te couper la queue. Pour te faire moins mal, je vais t'en couper un petit bout tous les jours ».

 
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Au sommaire du n°1360 du 18 avril 2018

Editorial : Un an après
Actualité
:
L’interview de trop - Des interviews pour rien
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Jean Baptiste Noé, La parenthèse libérale


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