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Lettre ouverte aux retraités actuels et futurs, cet opuscule est un véritable condensé de tout ce que Jacques Garello a écrit sur le sujet. A lire absolument si vous vous interrogez sur le futur du système des retraites par répartition.

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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Du commerce international au libre-échange mondial PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mercredi, 14 Mars 2018 00:00

La « guerre commerciale » fait craindre un recul du libre échange mondial. C’est ce que l’on pense en général après les initiatives de Donald Trump et les réactions des partenaires commerciaux des Etats Unis.

 

 

 

En réalité, le libre-échange mondial n’existe pas aujourd’hui et nous sommes toujours sous le régime d’échanges internationaux largement régis par les Etats ou groupes d’Etats. C’est que les Etats se font un devoir de protéger leurs habitants contre les conduites « déloyales » (unfair) ou « dommageables » (harmful) de producteurs étrangers.

Le problème de fond est que ces interventions sont légitimées par de fausses idées sur la concurrence. La première idée se trouve dans les manuels d’économie qui se réfèrent à ce que serait une « concurrence pure et parfaite » : les concurrents devraient être sur un pied de rigoureuse égalité (de taille, de technique, d’information, de coûts, etc.). Cette conception est évidemment à l’opposé de l’esprit de concours ou de compétition régissant le sport, le savoir, la beauté et…le commerce.

La deuxième idée est que les Etats ont en charge de faire respecter la concurrence tant sur leur territoire que dans le reste du monde. Ils devraient lutter contre les « distorsions de concurrence », contre toutes sortes de « dumpings » : le social, le fiscal, l’environnemental, le monétaire.  A cet effet, ils devraient obtenir « l’harmonisation », par exemple mêmes salaires et même droit du travail, mêmes impôts, mêmes formalités, mêmes normes, même monnaie.

Or, ce projet d’harmonisation est en fait hors de portée des Etats. Un essai a été fait à travers des négociations multilatérales, comme l’Organisation Mondiale du Commerce (OMS) ou les Nations Unies (CNUCED) au niveau mondial, et les accords de libre-échange au niveau continental ou intercontinental (ALENA, MERCOSUR). L’échec est aujourd’hui complet : avec plus d’une centaine d’Etats présents, il est impossible de trouver une solution et les litiges portant sur le contentieux de l’OMC mettent plusieurs années à se régler. Donald Trump veut changer le système et revenir à des négociations interétatiques. Mais sa solution n’est pas meilleure : les accords bilatéraux sont difficiles à trouver et souvent à respecter.

Car la mondialisation, au sens précis de suppression des barrières douanières et de libre circulation des produits, des services, des entreprises, des hommes et des capitaux, a mis les Etats eux-mêmes en concurrence. Non que ce soient les Etats qui commercent, puisque ce sont des entreprises ou des particuliers qui achètent ou vendent, et l’obsession de la « balance commerciale » est un héritage stupide du mercantilisme (qui a ruiné la richissime Espagne du 16ème siècle). En fait, la concurrence entre Etats vient de ce que les entreprises et personnes sont localisées dans des Etats qui veulent contrôler l’activité économique – bien qu’il ne s’agisse pas d’une mission « régalienne ». Ainsi les impôts et cotisations sont-ils variables d’un pays à l’autre, et les législations modifient-elles les coûts et les comportements. Il n’y a donc désormais que trois solutions :

-  La délocalisation : exil des entreprises et personnes vers des cieux plus cléments ; c’est la solution individuelle.

-  Le recul puis le retrait du contrôle de l’Etat sur l’économie ; c’est la solution institutionnelle et vertueuse, qui débouche à terme sur des compétitivités comparables et à un niveau élevé : une harmonisation réelle, non artificiellement imposée.

-  Le protectionnisme généralisé : destructions d’emplois et de pouvoir d’achat, puisque les entreprises nationales importent plus cher et leur compétitivité diminue, et les consommateurs nationaux perdent du pouvoir d’achat et restreignent le marché intérieur.

Choisir la « préférence nationale » ou « le patriotisme économique » est une stupidité fatale. Stupidité puisque ce qui est produit aujourd’hui sur le sol français contient des éléments venus du monde entier (en France la moitié de l’énergie, la plupart des matières premières, les composants et matériels électroniques, mais aussi des médicaments, des informations, des techniques). Stupidité fatale parce que non seulement elle appauvrit le pays (et les pauvres par priorité), mais surtout parce qu’elle désigne l’étranger comme la cause de l’appauvrissement, et la xénophobie s’installe, les discours belliqueux se multiplient, la guerre (la vraie) menace : c’est le scénario des années 1930.

Il reste aux libéraux à convaincre les Français de ces évidences. Etre fier de son pays, de son histoire, de sa beauté, de son patrimoine, et être solidaire de ses semblables n’autorise ni l’autarcie ni le chauvinisme. La liberté appelle ouverture et diversité, elle garantit la paix.

 
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