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« Il ne se dit pas en un siècle une formule aussi éblouissante. Je la tiens pour un trésor plus grand que toute la fortune des Rothschild ».

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Protection de l’industrie vieillissante PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 07 Mars 2018 00:00

Trump veut défendre la sidérurgie américaine : peine perdue, guerre perdue

Lorsque la révolution industrielle s’est étendue au-delà de l’Angleterre, l’économiste allemand Frédéric List a lancé une théorie devenue célèbre sous le nom de « protection de l’industrie dans l’enfance ». Les Germaniques, comme les Français, ne semblaient pas en mesure de concurrencer les produits industriels anglais, en avance d’un demi-siècle. Cette théorie n’a cessé de justifier le protectionnisme des pays « jeunes », comme ceux du Tiers Monde dans les années 1950 : il leur fallait se défendre contre les importations en provenance de pays riches, planification et autarcie devaient garantir le démarrage de l’industrialisation, considérée à l’époque comme signe et moyen du développement économique.

Peut-on faire un parallèle avec la « guerre commerciale » que Trump vient de lancer et dont il assure qu’elle est « facile à gagner »? L’attaque de Trump vise par priorité les Chinois. Mais ces braves gens ne seraient-ils pas en droit de se réclamer de List ? La plupart de leurs concurrents, et pas seulement américains (dont ils sont maintenant les deuxièmes partenaires intenationaux), accusent la Chine de déloyauté, puisqu’ils ne respectent aucune des disciplines que les autres sont sensé s’imposer : dumping social, environnemental, fiscal, voire monétaire, etc. Il n’en demeure pas moins que, directement ou indirectement, les consommateurs du monde entier bénéficient des exportations chinoises, et ce n’est pas par hasard que les parts de marché s’élargissent sans cesse, surtout en ce qui concerne les produits industriels manufacturés.

En fait le Président applique la doctrine « America First » et prétend mettre les intérêts économiques des citoyens des Etats Unis avant toute autre considération. Mais en quoi rend-il service aux producteurs et consommateurs américains ? L’industrie américaine, comme la plupart des industries de l’OCDE, est vieillissante, et sa part dans le PIB ou dans l’emploi ne cesse de diminuer. La sidérurgie installée dans « la ceinture de rouille » (Detroit, Pittsburg, Cleveland) est en pleine décomposition, bien qu’elle n’ait cessé d’être soutenue par les gouvernements successifs. Le secteur automobile lui-même n’a survécu qu’avec des injections massives d’investissements publics (80 milliards de $ par Obama). Voici donc un nouveau théorème de List : il faut protéger l’industrie vieillissante.

La guerre ouverte par Trump n’a aucun sens économique, puisque la croissance américaine est aujourd’hui tirée par de nouvelles industries et techniques (l’informatique et les télécommunications). Aujourd’hui l’économie américaine ne peut se passer d’acier et d’aluminium pour lesquels elle est la première importatrice du monde. Les fournisseurs ne sont pas les Chinois (moins de 2%) mais les Canadiens (20%) les Brésiliens, les Coréens du Sud.

Cette erreur politique va-t-elle exposer la mondialisation à l’éclatement ? Dans un éditorial récent (NL 1350 du 31 janvier) Jacques Garello affirmait : « la guerre économique n’aura pas lieu ». A court terme, les Américains s’apercevront du coût de la protection programmée. Les mesures de rétorsion vont être prises, dissuasives ou non elles échaufferont les esprits (Jean Claude Junker a brandi la menace d’interdictions européennes de produits américains, y compris agricoles). Les bourses ont été déjà ébranlées par l’annonce présidentielle. Les partenaires (canadiens en particulier) engageront un bras de fer diplomatique. A plus long terme, l’industrie américaine de l’acier et de l’aluminium va disparaître, car les gains de productivité des exportateurs étrangers seront supérieurs aux droits de douane. « Les Américains ne peuvent verser dans un isolationniste obsolète » dit Jacques Garello. Après les discours électoraux viennent les réalités économiques et sociales. Ces réalités consistent entre autres dans la dépendance réciproque de tous les producteurs et consommateurs du monde, mais aussi dans le déclin relatif de l’industrie dans l’activité globale. Il faut cesser de protéger l’industrie vieillissante aussi bien que naissante, parce que la révolution industrielle est terminée. L’obsession industrialiste est nocive. Trump a déclaré : « sans acier il n’y a pas de nation ». Chez nous on est persuadé qu’il faut sauver l’industrie pour défendre la nation française.

 

 
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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1361 du 25 avril 2018

Editorial : La sueur des autres
Actualité
:
La vraie nature de l’impérialisme américain - Jeunesse et éloquence : Macron a séduit les Américains - Gentils étudiants et méchants CRS
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Pierre Bentata, Les désillusions de la liberté


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