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Etes-vous adeptes et satisfaits de la pensée unique ? Ces portraits montrent l’extrême richesse de l’histoire de la pensée économique, d’Adam Smith à nos jours. Ils vous font découvrir les permanences (les problèmes économiques) et les oppositions (les doctrines économiques).
Dépenses publiques et impôts d’un côté, ou libre échange et libre entreprise de l’autre : ce débat actuel s’est noué avec Say et Malthus, se poursuivant entre Bastiat et Marx, puis aux 20ème siècle par Keynes et Hayek – par exemple.

48 pages, 22 portraits, 5€

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Voir la vie comme un économiste

Ce thème de l’allocution prononcée lorsqu’il fut honoré du prix Nobel d’économie (1992) résume l’originalité de Gary Becker.

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CENT VINGT JOURS POUR RIEN ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jean Yves Naudet   
Mardi, 28 Août 2012 01:00

Voilà environ cent vingt jours que François Hollande a été élu Président de la République. Cent vingt jours pour rien : c’est thèse dominante des médias, d’une large fraction de l’opposition et même de la gauche de Mélenchon.

Est-ce bien certain ?  La méthode Hollande est certes douce sur la forme, mais en fait nombre de décisions économiques ont été prises ou annoncées, qui vont toutes dans le même sens : détruire les fondements de l’économie de marché, au moment où, au contraire, la crise nécessite un surcroit de marché et de liberté.

2012 n’est pas 1981

2012 n’est pas 1981, François Hollande n’est pas François Mitterrand et le gouvernement Ayrault n’est pas le gouvernement d’union de la gauche de Pierre Mauroy. Le monde a changé, le mur de Berlin est tombé, les communistes sont décrédibilisés. La crise est là, et la prudence dans la forme s’impose pour ne pas effaroucher les marchés. Le gouvernement avance donc à petits pas. Il n’en fallait pas plus pour que l’extrême-gauche crie à la trahison et pour que l’opposition, à de rares exceptions près, accuse le gouvernement d’immobilisme.

Et si la réalité était différente ? Bien sûr la méthode a changé, et les communistes ne sont plus là. Mais la gauche socialiste ou écologiste garde une grande méfiance, pour ne pas dire plus, à l’égard de l’économie de marché, contrairement à la gauche social-démocrate européenne. Au mieux, elle ne comprend pas le marché, au pire, elle veut sa disparition. Si les mesures annoncées, prises séparément, semblent anodines, la vision d’ensemble ne laisse aucun doute. 

Les faux prix se multiplient…

Le premier fondement de tout marché, c’est la liberté des prix. Il n’y a pas d’autre régulateur du marché, et l’entrepreneur lui-même est incapable d’agir si le signal des prix ne l’alerte pas sur les changements et les besoins des clients. Le prix indique les raretés, incite à agir dans la bonne direction et permet ainsi de répondre aux libres choix de chacun, faisant disparaitre les pénuries ou les excédents potentiels. Nous avions déjà signalé, dès la conjoncture du 16 juin, « le retour des faux prix ». Depuis la situation s’est aggravée.

Les prix des facteurs sont largement de faux prix. C’est évident sur le marché du travail et la revalorisation du SMIC n’a pas arrangé les choses. Le plafonnement de la rémunération des patrons des entreprises publiques non plus et la chasse aux « rémunérations excessives » des entrepreneurs idem. Il en va de même pour le marché des capitaux, où les taux d’intérêt fixés administrativement ou manipulés par diverses techniques sont là plus que jamais.

Pour les biens et services, on a eu droit aux faux prix des logements, avec contrôle des loyers, aux attaques contre les honoraires libres des médecins et à l’annonce d’une action « modeste et provisoire » sur le prix des carburants. Le gaz n’échappe pas à cette tendance, en dépit des positions du Conseil d’Etat.

La liste est loin d’être close. On trouvera pour cela tous les prétextes, à commencer par le maintien du pouvoir d’achat. Tout cela est habile. Pas question de s’attaquer de front au marché. Lénine avait compris que le plus sûr moyen de détruire le capitalisme était de détruire la monnaie. Hollande choisit une méthode plus soft, mais équivalente : les faux prix. 

Le secteur public omniprésent…

Les prix ne sont rien si la propriété n’est pas libre, c’est-à-dire privée : des droits de propriété exclusifs et transférables, qui permettent la liberté d’entreprendre et la liberté des échanges. Là encore, pas de nationalisations brutales. Juste des grains de sable dans la machine. Le plus visible est Arnaud Montebourg. Tel superman, il vole d’entreprise en entreprise pour sauver les emplois détruits par des patrons « avides de profit ». On ne les nationalise pas : on convoque juste les patrons pour leur dire ce qu’ils doivent faire. S’ils obéissent, on aura gardé les canards boiteux au lieu de jouer la carte des entreprises compétitives.

Comme nous le soulignions dès la conjoncture du 30 juin, c’est le retour de tout ce qui est public, au détriment du privé. Bien sûr la banque publique d’investissement est sensée bien mieux savoir que les « banquiers irresponsables » ce qu’il faut faire pour financer les entreprises. Le développement du Fonds stratégique d’investissement. Le maintien ou l’accroissement des participations de l’Etat dans un nombre invraisemblable d’entreprises. Là encore, on agit en douceur grâce à des intermédiaires publics. Les plafonds des livrets A et leurs avantages fiscaux sont relevés : l’épargne remplira la Caisse des dépôts qui la dilapidera dans la construction de logements sociaux aussi coûteux qu’inefficaces.

Pour résumer le tout, on retiendra  le lièvre soulevé le 9 juillet par Les Echos, titrant « Vers le retour du Commissariat du Plan », pour recréer « une instance de réflexion et de dialogue transverse avec les partenaires sociaux ». Comme dit le bon M. Mailly, de Force ouvrière, « un lieu où l’on peut discuter de tout de manière démocratique ». A quand le retour de l’autogestion, chère dans les années 60 au PSU de M. Rocard et à la CFDT ? 

lLa spoliation fiscale complète le tableau

Comme toujours, l’arme la plus subtile de ce détricotage reste l’arme fiscale. Aux yeux de l’opinion, elle présente deux avantages : réduire les déficits et réaliser la « justice sociale». Augmenter les impôts est toujours populaire, s’il s’agit des impôts des autres. On commence donc par les « riches » : l’explosion de l’ISF et l’annonce de la future tranche d’impôt sur le revenu à 75%. Cela permet de masquer le reste, qui touchera bien entendu les classes moyennes, puis peu à peu tout le monde. Or la hausse des impôts n’a jamais réduit le moindre déficit, puisqu’elle détruit l’activité économique, donc les recettes fiscales. Quant à la justice, même le Conseil constitutionnel s’est inquiété du caractère confiscatoire des mesures sur l’ISF, qu’il a accepté si elles gardent un caractère « exceptionnel » (donc une seule année) et qu’il n’est pas prêt d’accepter pour les revenus sans au moins un « dispositif de plafonnement », sinon il y aurait « rupture de l’égalité devant les charges publiques ». L’avertissement sera-t-il entendu ?

C’est l’élément clef : la France est championne des dépenses publiques et des prélèvements obligatoires. L’urgence est donc de réduire les dépenses et les impôts. Le gouvernement ne s’attaque pas sérieusement aux dépenses (sauf sous forme anecdotique). Quant aux impôts, il n’est question que de hausses : ceux qui le peuvent partent à l’étranger, les autres travailleront moins, la matière imposable se réduira et avec elle la croissance, alors que nous sommes déjà en récession. Surtout, le lien entre d’une part le service rendu et apprécié par le client à son juste prix, et d’autre part sa rémunération sera encore plus distendu. Le mérite du service rendu n’est plus pris en compte. 

Alors, 120 jours pour rien ? Pas vraiment, 120 jours pour placer des bombes à retardement pour miner le marché. Certes François Hollande ne fait qu’accentuer la dérive des gouvernements précédents, droite comprise. C’est vrai. Mais ce n’est pas une excuse ni une raison pour aller plus loin encore dans l’erreur économique, au moment où la crise réclame un surcroit de marché et de liberté. Errare humanum est, diabolicum perseverare. Et comme chacun le sait, le diable est dans les détails ou plutôt dans ce que l’opinion considère comme des détails.

 
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