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Lettre hebdomadaire (40 numéros) qui est dans sa 31ème année : c’est le commentaire libéral de l’actualité économique, sociale et politique, en toute indépendance. C’est aussi une source d’information sur les idées de la liberté dans le monde entier. Editorial de Jacques Garello, chronique de conjoncture de Jean Yves Naudet, rubriques d’actualité, revue des livres, dossiers.

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L’intérêt général, fruit des intérêts personnels

Turgot partage sans doute avec Adam Smith la paternité de la science économique ; contemporains, les deux hommes n’ont cessé de correspondre et de s’influencer mutuellement. Puisque l’économie se ramène au jeu de l’échange, les divers acteurs de la production y recherchent leur intérêt personnel. Les conflits d’intérêts sont naturels, mais ils se règlent harmonieusement par le contrat. Par contraste vouloir établir d’en haut un intérêt général et recourir à la puissance publique pour l’imposer ne fait que contrarier les intérêts des uns pour mieux servir les intérêts des autres. C’est en cela que les procédures marchandes sont supérieures aux administrations politiques.

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La monnaie peut-elle être « souveraine » ? PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 14 Mars 2017 00:00

La question est posée aujourd’hui en termes politiques et économiques. Politiquement, c’est l’idée de revenir au franc qui anime la campagne électorale. Economiquement, la conjoncture de la monnaie européenne est à la baisse : Mario Draghi a choisi de faire plaisir aux partisans de l’ « euro faible »; l’euro a perdu près de 25% par rapport au dollar. En fait, la question de la souveraineté monétaire a été réglée par la théorie et par l’histoire : si la souveraineté signifie l’ignorance des lois d’une économie libre la monnaie ne peut être souveraine.

 

Les coûts du passage à une monnaie « souveraine »

Aucune exigence immédiate ne justifie un tel passage. L’euro ne pénalise pas nos échanges extérieurs, puisque notre principal partenaire allemand a de larges excédents commerciaux, et que nous faisons les deux tiers de nos échanges avec des pays de la zone euro. Si l’euro faible peut stimuler notre secteur majeur d’exportation qu’est l’aéronautique, il renchérit notre secteur majeur d’importation qu’est l’énergie. De toutes façons, une dévaluation n’a jamais eu d’effet bénéfique durable, les prix artificiels ne résistent pas aux flux d’échanges internationaux libres.

Inutile, le passage au franc est coûteux. Le poids de la dette publique serait accru avec des prêteurs plus exigeants, le pouvoir d’achat des consommateurs serait lourdement amputé puisque le « made in France » lui-même utilise largement des produits importés. Comme les trois quarts de la dette publique ont été contractés auprès de prêteurs étrangers, en euros ou en dollars, on ne saurait imaginer que ces créanciers acceptent d’effacer l’ardoise française.

 

Le franc, monnaie forte ?

Evidemment, ces coûts supplémentaires n’apparaîtraient pas si d’emblée le Franc devenait une monnaie forte, que l’on se disputerait sur le marché des changes. Une telle hypothèse est ubuesque. D’une part, comment fabriquer du Franc ? La Banque de France, désormais maîtresse de l’émission de la masse monétaire, devrait garantir cette masse par une contrepartie faite de créances de première qualité. Mais la France n’est pas la Norvège qui possède un « fonds souverain » alimenté par les recettes pétrolières. Le portefeuille de notre Banque serait essentiellement constitué de créances sur l’Etat français. Ce même Etat, incapable de payer ses dettes aujourd’hui, pourrait-il inspirer confiance aux utilisateurs du franc ? D’autre part, si la France devenait soudainement une économie prospère, c’est qu’elle aurait réalisé les réformes des structures qui aujourd’hui inhibent la compétitivité de ses entreprises. Mais alors pourquoi changer de monnaie ?

 

Les leçons de l’histoire du Franc

La monnaie n’a pas de valeur fixée par décret (le « fiat money » comme on dit). Pourtant la France a été le premier pays à remettre la monnaie entre les mains du pouvoir politique. La création des monnaies modernes, qu’il s’agisse des monnaies métalliques, du billet de banque ou du chèque, a été à l’initiative du secteur privé : marchands de la Méditerranée, banquiers toscans et lombards, négociants hollandais et anglais. Les rois de France, dans la tradition des empereurs romains, ont fait de la frappe des monnaies un « droit régalien », et n’ont cessé de tricher sur la qualité des pièces à leur effigie : « rois faux monnayeurs ». Façon élégante de financer leurs dépenses publiques, ou de réduire les dettes qu’ils avaient accumulées. Le monopole a pu être conservé avec le billet de banque, puis le chèque et la monnaie scripturale. A la fin du 19ème siècle et au début du 20ème la qualité du Franc a été théoriquement garantie par sa contrepartie en or, mais entre le Franc Germinal (1803) et le Franc Poincaré (1928), le Franc avait perdu 80 % de son poids en or !

C’est que, même en régime d’étalon-or, la politique monétaire qui consiste à financer les dépenses et les déficits publics en émettant une masse monétaire de moins en moins convertible sur la base d’une parité fixe se heurte à la logique du marché, c’est à dire au respect des engagements pris face aux utilisateurs de la monnaie. En l’absence de parité fixe, le marché des changes se charge de recadrer les monnaies défaillantes : où est leur souveraineté ? Va-t-on demander de fermer les marchés ? La souveraineté peut faire la gloire des princes qui gouvernent, elle ne peut les autoriser à gaspiller et à voler.

 

 
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