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L’économie mathématique

Les études d’ingénieur de Léon Walras l’ont conduit à rêver d’une science économique qui serait plus rigoureuse, parce qu’elle utiliserait un langage mathématique. Comme Jevons, Walras utilise le principe du « calcul à la marge » pour expliquer la logique des choix individuels.

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Brexit : un défi pour la City ou pour les Européens ? PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 28 Mars 2017 00:00

Demain mercredi, les négociations entre Theresa May et Bruxelles vont commencer. Les conséquences politiques du Brexit sont considérables : le Royaume Uni peut exploser sous la pression des Ecossais et des Irlandais. Mais quid des conséquences économiques, et notamment financières ? Beaucoup de commentateurs imaginent que les Bourses du continent vont profiter de l’effondrement de la City. Cette curée est purement imaginaire et, en revanche, il faudrait s’inquiéter pour le financement de l’économie européenne sans le concours de la place de Londres.

 

La curée

Le schéma est simple et serait inéluctable : le siège boursier de Londres se viderait de sa substance et les opérations financières se délocaliseraient vers des places continentales. Le personnel devrait suivre et les plans de « rapatriement » sont en place pour plusieurs banques. Londres, c’est 360.000 emplois, à redistribuer vers Paris (actuellement 150.000) ou Francfort (65.000) ou Amsterdam et Luxembourg (48.000), voire Dublin (38.000).

Il en serait ainsi parce que les financiers installés à Londres (banquiers, assureurs, fonds de pension et autres intermédiaires) ne disposeraient plus du « passeport financier européen » délivré aux seuls membres de l’EEE (Espace Economique Européen, un peu plus large que l’Union). En vertu du principe de la « mutuelle reconnaissance des normes », la City était autorisée à opérer à l’étranger suivant ses propres techniques et le droit britannique tandis que les continentaux pouvaient travailler à la City avec les normes prévues par Bruxelles. De la sorte, nombre de financiers étrangers (Etats-Unis, Suisse, Japon, Chine) voulant investir dans les pays de l’UE passaient aujourd’hui par la City, porte ouverte sur l’Europe.

 

Le volume réel des délocalisations

En fait les dispositions prévues par les banques installées à Londres concernent quelques milliers de personnes, destinées davantage à renforcer les effectifs sur le territoire continental pour le cas où les flux financiers se tariraient à la City. Mais une réorientation massive des flux est-elle inéluctable ? Il faut tout d’abord remarquer que les passeports ne représentent qu’un outil secondaire du travail de la City. Il est également certain que les capitaux des opérateurs financiers de Londres (en particulier des compagnies d’assurance et réassurance) sont détenus par des personnes ou des sociétés anglo-saxonnes, familiarisées avec les règles de droit anglaises. Enfin, nous sommes dans un domaine où l’empirisme et la créativité sont de mise ; il est donc vraisemblable que, sous la pression des faits, des accords de réciprocité seraient conclus entre le gouvernement anglais et l’Union Européenne. On a du mal à imaginer que la finance londonienne, qui représente aujourd’hui annuellement quelque 230 milliards d’euros, s’effondre soudainement.

 

Deux cultures financières différentes

En fait, il y a une différence fondamentale dans la façon d’investir entre Anglo-Saxons et Européens. En Europe, l’essentiel des fonds passe par les banques, ailleurs c’est par les marchés financiers. Or, il se trouve que les banques européennes sont à la fois sous la double tutelle de la Banque Centrale et de la BRI (Banque des Règlements Internationaux) et que leur solidité est aujourd’hui mise à rude épreuve. Parallèlement la mondialisation a renforcé la pratique boursière, Wall Street, Tokyo, Singapour, Hong Kong, Shanghai travaillent suivant des règles très voisines, en harmonie avec celles de la City.

Les places de Paris, Francfort ou Amsterdam sont-elles capables de rivaliser à court terme ? Pierre de Lauzun, délégué général de l’AMF (Autorité des Marchés Financiers), écrivait récemment : « On peut aimer ou pas le modèle de finance qui nous venait de Londres. Mais force est de constater qu’avec le départ des Britanniques, c’est la plus grande partie du « cerveau financier de l‘Europe » qui s’en va. Le Royaume Uni apportait une expertise dans le domaine financier qui s’avérait décisive dans les réflexions sur les enjeux de marché et qui a joué un rôle majeur dans la construction du modèle européen de financement de l’économie après la crise. » et de constater « Le Brexit pose un autre défi, et de taille, pour l’Europe : quelle physionomie donner à l’Europe de la finance ? »

 

 
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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1326 du 13 juin 2017


Editorial : Les abstentionnistes avaient leurs raisons

Conjoncture : La bourse ou la banque : un choix remis en cause

Actualité  : Theresa May à Paris

Spécial présidentielles  : Bayrou citoyen - Déjà un député en infraction - Pour comprendre la pensée d’Emmanuel Macron

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