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La route de la servitude

En décembre 1943 Hayek écrit à Londres un ouvrage qui porte ce titre. En 1945, ce livre lui vaudra la célébrité :

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La France attire les capitaux étrangers PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 04 Avril 2017 00:00

Les investissements étrangers en France ont augmenté en 2016. Bonne ou mauvaise nouvelle ? L’agence publique Business France se réjouit : la France est devenue attractive. Mais il y a deux revers à la médaille : l’un politique (la souveraineté économique est menacée), l’autre économique (les Français ne peuvent plus investir). Une fois de plus, l’Etat est responsable de cette situation, qui à terme obère la croissance.

 

Attractivité et souveraineté

Le meilleur baromètre de l’attractivité française est celui des « fonds levés » : ce sont des financiers étrangers qui captent l’épargne française. Par comparaison, les achats de sociétés françaises en bourse sont moins significatifs : le CAC 40 par exemple concerne beaucoup d’entreprises qui opèrent dans le monde entier.

Or les fonds levés par les étrangers auront représenté en 2016 près de la moitié du total : 28 % de ce total viennent d’Europe et l’Allemagne est aujourd’hui le premier pays investisseur (dépassant les Etats-Unis) tandis que 17 % seront venus du reste du monde (essentiellement financiers des Etats-Unis et des Etats arabes.

Cette situation est très commentée dans la campagne électorale, avec Marine Le Pen qui y voit une invasion capitaliste dangereuse et François Fillon qui observe que ce sont les épargnants français qui entretiennent les retraités américains. Mais il dénonce l’origine de cette dépendance : les Français n’ont plus les moyens d’investir. Pourquoi ?

L’épargne socialisée et le capital spolié

La situation est paradoxale puisque les Français épargnent aujourd’hui plus que jamais. La conjoncture économique et politique de notre pays, mais aussi de l’Europe, fait craindre le pire (en février 2017 les dépôts en livrets A ont excédé les retraits de 1,4 milliards d’euros). Mais depuis des décennies l’épargne française ne se destine pas principalement aux entreprises privées marchandes. Elle se place de plus en plus en assurance-vie à cause des avantages fiscaux (progressivement diminués) et de l’incertitude sur le sort des retraites. Néanmoins un quart de l’épargne totale va aux livrets A (Caisses d’Epargne et banques) et aboutit à la Caisse des Dépôts qui investit dans le logement social, les équipements publics et à titre résiduel dans les PME et TPE. Cette destination prioritaire vers le public est renforcée par la politique budgétaire. Non seulement les investissements représentent moins de 10 % du budget, mais ils sont opérés par le truchement de la Banque Publique d’Investissement dont les critères de sélection ne sont pas la rentabilité et la sécurité.

Cette socialisation de l’épargne ne s’explique pas par le niveau des taux d’intérêt : il est abaissé à 0,5 % pour le livret A. C’est la fiscalité qui est insupportable pour le capital directement investi en entreprise. Contrairement aux dires de M. Piketty, le capital est frappé dans sa constitution (impôt sur le revenu et sur les sociétés), dans son rapport, dans sa transmission, dans sa plus-value. De la sorte, les entreprises françaises doivent soit se tourner vers des fonds étrangers, soit renoncer à investir.

 

Le manque de gazelles

Depuis plusieurs années, Bernard Zimmern observe la création d’emplois aux Etats-Unis et surtout en Angleterre, par rapport. Elle est le fait des « business angels », ces investisseurs de proximité (les parents, les amis, les relations) qui mettent leur épargne dans de petites entreprises qui démarrent (les gazelles) et dont le taux de croissance est spectaculaire.

La France manque cruellement de cet atout, en dépit du succès rencontré avec les auto-entrepreneurs. Succès d’ailleurs significatif : c’est parce que la fiscalité et surtout les charges sociales sont allégées que des milliers de Français se lancent dans l’aventure de l’entreprise, plus stimulante que le salariat, et finalement plus innovante. Ce n’est donc qu’en réduisant et stabilisant la fiscalité des entreprises et des particuliers (diminuant la progressivité de l’impôt avec des flat tax), en supprimant l’ISF, en réformant la Sécurité Sociale, qu’on donnera les moyens et l’envie aux Français d’investir dans leurs entreprises. Différemment, l’investissement en France ne sera réellement attractif que pour les étrangers.

 

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


Editorial : La Reconquête

Conjoncture : Taillables et Corvéables à merci

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