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Etat actionnaire : des privatisations en vue ? PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 23 Mai 2017 00:00

Fin janvier, la Cour des Comptes avait publié un rapport sévère sur « l’Etat actionnaire » (voir notre Nouvelle Lettre 1308 du 14 février). Elle sonnait l’alerte sur la situation des entreprises concernées par un Etat qui se veut « stratège ». Elles sont nombreuses : la France est un pays d’économie mixte. Mais si le Président veut adapter le pays à l’Europe et à la mondialisation, va-t-il choisir la privatisation ? Question d’actualité.

 

L’économie mixte : une exception française

Depuis les manufactures royales, l’Etat français n’a cessé de marquer son empreinte dans la vie économique. Actuellement, le dirigisme a un arsenal complet pour aider (c’est à dire contraindre) les entreprises : la réglementation, la fiscalité, les charges sociales, les subventions, les normes. Cependant, la mainmise directe sur la gestion des entreprises a toujours été une pièce maîtresse du dispositif. Il y a eu des pics dans cette intervention : les ordonnances de décembre 1945 (nationalisations des banques et assurances, création de la Sécurité Sociale, naissance du droit social), le programme commun de la gauche en mai 1981 (nationalisations industrielles, cogestion).

Mais aujourd’hui, la présence de l’Etat est remise en cause par la mondialisation, la plupart de nos partenaires européens ou mondiaux ont compris que la compétitivité ne pouvait exister avec un Etat omniprésent, encombrant et coûteux. Des vagues de privatisations et de retraits de l’Etat se sont donc succédé en Grande Bretagne, Allemagne, Espagne et Italie. Pour l’essentiel, la France en est restée à l’économie mixte, juxtaposition ingérable du marchand et de l’administratif.

Les résultats de l’Etat stratège

La forme la plus récente de l’économie mixte est élégamment appelée « Etat stratège ». La Cour a listé les 56 entreprises de statut privé et cotées en bourse auxquelles participe l’Etat, elle est impressionnante : pour n’en retenir que quelques fleurons Aéroports de Lyon et Paris, Airbus, Air France, Areva, Caisse Nationale de Prévoyance, Dexia, EDF, Engie, France Télévisons, Orange, PSA, Renault, Safran, Thales. Ainsi l’Etat est-il très présent voire acteur principal dans des secteurs en effet « stratégiques ». Trois organismes se partagent les interventions : l’Agence des Participations de l’Etat (APE), la Banque Publique d’Investissement (bpifrance) et la Caisse des Dépôts et Consignations. La Cour a remarqué qu’il n’y a aucune coordination pour l’instant et recommandé au minimum une claire division du travail. Mais la Cour a conclu avant tout à « une situation financière dégradée », due à des erreurs de gestion criantes : la gouvernance est défaillante.

Evidemment, d’autres entreprises prestigieuses sont sous la gouvernance totale de l’Etat, comme les EPIC (entreprises publique à caractère industriel ou commercial, comme la SNCF, la RATP, la Poste, l’ADEME, etc.) dont la Cour n’a cessé de dénoncer les abus.

Etat stratège ou privatisations ?

Aujourd’hui l’idée d’un Etat confiné à des missions « régaliennes » a fait son chemin dans les esprits sinon dans les faits. Un changement est-il possible ? La situation actuelle ne peut durer : l’Etat actionnaire aspire les bénéfices des entreprises quand ils existent (plus de la moitié des résultats sont distribués) et plus souvent encore comble les pertes et reconstitue le capital. La Cour s’en est inquiétée, car c’est une source durable de déficit du budget de l’Etat. En outre, plusieurs entreprises peuvent être rachetées à bas prix par des investisseurs étrangers (Aéroport de Toulouse, peut-être Alsthom). Enfin l’incurie et les privilèges qui règnent dans ces firmes dégradent le climat social, pénalisent les PME sous-traitantes ou fournisseurs.

Alors pourquoi l’Etat ne liquiderait-il pas le plus vite possible ses participations ? C’est que naguère Ministre de l’Economie, le Président s’était fait le champion de « l’Etat fort » qui devrait accroître son pouvoir de décision : les Inspecteurs des Finances ne sont-ils pas déjà dans la place pour faire le travail ? Le conflit d’Emmanuel Macron avec Carlos Ghosn est un précédent à méditer. Bien que 60 % des Français n’y fasse pas confiance, l’Etat stratège pourrait avoir de beaux jours devant lui. Ses actions sont en or.

 

 
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Impact de la concurrence ou de la propriété privée ?

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1343 du 29 novembre 2017

Editorial : Le doux commerce
Actualité
:
Le libéralisme est libéral - La grande cause du quinquennat - Agir : Les constructifs se détruisent
- La leçon africaine d’Emmanuel Macrons
Connaissance du libéralisme :
Liberté et Propriété, la synthèse 
Lu pour Vous :
Assemblée Générale 2017 de l’ALEPS - Hervé Novelli lauréat du Prix Renaissance de l’économie


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