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Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Ce livret destiné à des militants libéraux avait deux objectifs : d’une part, rappeler le contenu du contrat que des candidats libéraux devraient passer avec les électeurs, d’autre part, imaginer deux scénarios de l’alternance : la gauche reconduite en 2002 et en 2007, mais devenue libérale, ou la droite au pouvoir en 2002 et pour longtemps. En fait, la droite a gagné en 2002, mais le scénario « Thatcher » n’a jamais fonctionné, et la gauche reprend le pouvoir en 2012 !

21 pages, gratuit

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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L’insincérité : d’hier et d’aujourd’hui PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 04 Juillet 2017 00:00

« Insincérité » : le mot est celui de la Cour des Comptes qui a rendu jeudi dernier son rapport sur le budget de l’Etat 2017. Il qualifie les mensonges volontaires du gouvernement Cazeneuve. Mais il peut tout aussi bien désigner la façon dont le gouvernement Philippe présente ses orientations budgétaires aujourd’hui même : l’héritage Hollande est une excellente excuse pour ne pas tenir les généreuses promesses du candidat Macron.

 

Un bon tour pour piéger la droite

L’insincérité va plus loin que l’erreur. De bonne foi, les gouvernements depuis 1974 estiment que les déficits du budget de l’Etat vont se résorber, puisque le gonflement de la dépense publique devrait relancer la croissance, donc la matière fiscale. C’est évidemment une erreur, inspirée par le keynésianisme et encouragée par le FMI et les économistes keynésiens qui ont envahi les médias sinon la science.

Au-delà de l’erreur il y a l’insincérité, c'est-à-dire l’erreur volontaire, le mensonge. La Cour des Comptes chiffre à plus de 5 milliards le déficit caché par Messieurs Sapin et Eckert, en charge du budget 2017. Ce n’était pas innocent : Hollande et Cazeneuve prévoyant, comme tous les Français, une alternance portant la « droite » au pouvoir , il fallait lui laisser en héritage des comptes truqués. Cela s’est fait en dépit des protestations du président de la Commission des finances Gilles Carrez, et avec la totale indulgence de Pierre Moscovici ; commissaire européen en charge des affaires budgétaires, et membre éminent de feu le PS.

 

Fausses dépenses, fausses recettes

Les gens de Bercy ont tout l’art comptable voulu pour cacher la poussière sous le tapis. Entre autres tours de passe-passe ils ont tout d’abord oublié d’inscrire les sommes nécessaires pour recapitaliser Areva, une bagatelle de 2,5 milliards d’euros. Ils ont aussi sous-évalué les coûts des emplois aidés, ce qui représente au bas mot un milliard. Du côté des recettes, la « régularisation des avoirs fiscaux étrangers » (indemnités prélevées sur les capitaux expatriés qui reviennent en France) budgétée à 2 milliards n’a été en fait que la moitié, et sont apparues miraculeusement des économies pour un montant de 3,4 milliards, fictives bien entendu. L’ensemble du déficit devait être réduit par une accélération de la croissance à 1,8 %, qui ne s’est pas produite, pas plus que l’inflation « espérée » à 2 %. L’ensemble fait un bel écart, compris entre 5,5 (Cour de Comptes) et 8 milliards d’euros (commentaires des Echos du 29 juin). Il est vrai que le budget de l’Etat n’inclut pas le déficit des dépenses de santé pour 2016, estimé à près d’un milliard, dont 620 millions naissent des nouvelles conventions avec le corps médical. Les petits ruisseaux font les grandes rivières

 

Les promesses électorales reportées

Messieurs Le Maire et Darmanin, en charge du budget 2018, se trouvent donc dans l’obligation d’accepter sans bénéfice d’inventaire l’héritage Sapin. Ils cherchent au minimum 6 milliards qui manqueront à l’appel (mais ce chiffre est-il lui-même crédible ?).

Voilà donc un excellent prétexte pour « reporter » des promesses importantes du candidat Macron (Cf. notre rubrique de conjoncture du 20 juin – toujours en avance !). Les baisses d’impôts annoncées (ISF, impôt sur le revenu) attendront, et ce n’est pas la démagogique exonération de la taxe d’habitation qui apaisera les contribuables, d’autant plus que la hausse de la CSG en pénalisera beaucoup. La réforme de la CICE et la diminution des charges sociales pour les entreprises attendront également. Que vont réellement devenir les 5 milliards prévus dans le cadre des 45 milliards de grands projets du quinquennat ?

Nécessité fait loi, nous dit Edouard Philippe : le gouvernement tient pour prioritaire le respect des engagements européens, donc d’un déficit budgétaire de 3 % du PNB.  « Des décisions  difficiles nous attendent » dit Bruno Le Maire. C’est dire que les perspectives de compétitivité des entreprises, de baisse du chômage et de maintien du pouvoir d’achat pour des millions de Français, s’éloigneront aussi. La vérité c’est qu’à la couche Sapin s’est ajoutée la couche Macron, et que les mesures avancées par le candidat n’ont jamais comporté de financement réel. Il s’agit bien d’une « insincérité » : imputer à Hollande ce qui est dû à Macron est une tromperie de plus.

Il n’y a désormais que deux possibilités. La première est que la cible des 3 % de déficit pour le budget 2018 ne soit pas atteinte, l’Allemagne (dont les excédents budgétaires se cumulent aujourd’hui à 18 milliards d’euros) et les autres partenaires européens en tireront les conséquences peu enviables pour notre pays, et la dette se gonflera et son service coûtera plus cher. La deuxième possibilité est que l’on persévère dans la voie de l’insincérité.

 

 
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