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Jacques Garello l www.libres.org

Lettre ouverte aux retraités actuels et futurs, cet opuscule est un véritable condensé de tout ce que Jacques Garello a écrit sur le sujet. A lire absolument si vous vous interrogez sur le futur du système des retraites par répartition.

130 pages, 12€

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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« LA CROISSANCE A PETITS PAS » PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jean Yves Naudet   
Mardi, 07 Janvier 2003 01:00

En ce début d’année, la situation de l’économie française n’est guère brillante.  Le bilan pour 2002 est médiocre et les perspectives pour 2003 ne valent guère mieux. 

Une croissance très faible 

Sur le plan conjoncturel, la dernière note de conjoncture permet de faire le point. Et le titre même du rapport de l’INSEE en dit long : « La croissance à petits pas ». On savait déjà que le bilan pour 2002 serait mauvais. De prévision en prévision, la croissance n’a cessé de se ralentir. Dans l’état actuel des choses, la croissance aurait été de 1% maximum pour l’ensemble de l’année. Et encore l’INSEE laisse-t-il entendre que ce chiffre sera obtenu au mieux d’un souffle « grâce aux règles d’arrondis »…

Que prévoit l’INSEE pour 2003 ? Une toute petite reprise- et encore de manière toute relative par rapport au faible niveau de 2002. L’INSEE annonce 0,4% de croissance au premier trimestre et 0,6% au second. Cela donnerait pour le premier semestre, compte tenu des niveaux antérieurs, un « acquis de croissance »  de 1,3% seulement. Cela signifie que si l’activité restait étale au second semestre, la croissance annuelle ne dépasserait pas 1,3%.

L’INSEE a calculé qu’il faudrait alors une hausse d’au moins 1,6% par trimestre, sur la seconde moitié de 2003, pour atteindre l’objectif que s’était fixé le gouvernement pour 2003, lors du vote du budget : une hausse du PIB de 2,5%. C’est dire que l’on sera loin du compte. L’INSEE envisage au mieux 2,0% et d’autres organismes, comme la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, prévoient 1,8% seulement.

Certes, l’INSEE espère que la conjoncture sera soutenue par la consommation. Celle-ci devrait progresser au premier trimestre, en particulier à causse des baisses d’impôts sur le revenu. Mais rien n’est moins sûr. Ces baisses sont minimes ; elles ont été compensées par des hausses de charges ( et encore récemment par l’accord sur le « sauvetage » de l’UNEDIC, qui prévoit des hausses de cotisation.). Et rien n’indique que la progression des revenus- si progression il y a- se transformera en consommation : elle peut se transformer en épargne. De toutes façons, l’INSEE annonce que la consommation devrait se ralentir dès le deuxième trimestre.

Faut-il attendre plus du côté des entreprises ? L’INSEE a l’air de le croire. L’investissement resterait stable au premier trimestre et progresserait de 0,5% au second. Mais pour cela l’INSEE s’appuie sur des indices fragiles. Ainsi, le taux de marge des entreprises, en baisse permanente depuis 1998 « pourrait se redresser légèrement ». Mais rien n’est moins sûr et on part d’un niveau de toutes façons très bas. Il en faudrait plus pour que l’investissement, en panne depuis prés de deux ans, redémarre vraiment. L’INSEE est d’ailleurs sceptique sur sa propre analyse « Compte tenu du niveau actuel d’utilisation des capacités dans l’industrie, la reprise de l’investissement resterait limitée ». Elle dépendrait du rebond éventuel de la zone euro. Or la commission européenne vient d’annoncer qu’elle ne décelait aucun signe d’accélération.  Certes, le moral des entrepreneurs a cessé de se dégrader en décembre, progressant de 3 points à 99. Mais il atteint à peine son niveau de juillet 2002 et on est loin des sommets de juin 2000 à l’indice 123… 

Le chômage en hausse 

Bref, la situation de la croissance paraît compromise. Dans ces conditions, l’emploi va continuer à se dégrader. L’INSEE prévoit une hausse du taux de chômage de 9,0% à 9,3% à la fin du mois de juin 2003. Les résultats du mois de novembre, qui viennent d’être connus fin décembre, confirment cette dégradation. La hausse du nombre de demandeurs d’emplois est de 0,6% en un mois. Leur nombre atteint 2 289 100 et même 2 692 800 si l’on tient compte, comme dans l’ancien indicateur, de ceux qui ont travaillé plus de 78 heures dans le mois. Sur un an, la hausse du chômage est de 4,7%.

Tous les indicateurs de l’emploi sont au rouge. Le chômage a progressé dans toutes les catégories, chez les jeunes comme chez les adultes, chez les femmes comme chez les hommes. La progression est particulièrement sensible chez les plus de 50 ans, au moment où les problèmes de retraite rendent au contraire nécessaire la participation des « seniors » à l’activité du pays. Le chômage de longue durée progresse, montrant qu’il ne s’agit pas d’un simple phénomène conjoncturel, mais d’une aggravation plus fondamentale et durable. Les sorties de l’ANPE sont plus faibles et elles s’expliquent surtout par les entrées en stage, pas par de vrais emplois. 

Une situation structurelle très dégradée 

Pourtant , cette vision conjoncturelle de l’économie française ne donne qu’une vue bien partielle de la réalité. Les prévisions de l’INSEE sont fragiles et les modèles sur lesquels elles reposent sont souvent d’inspiration keynésienne et donc peu fiables. En outre, l’INSEE ne peut évidemment pas intégrer les éléments imprévisibles : comment vont évoluer les cours du pétrole ? Quelle sera la situation militaire au cours du premier semestre, en particulier du côté de l’Irak, du Proche-Orient, voire de la Corée du Nord ou du terrorisme ? Personne ne peut le dire.

C’est toute la limite des études conjoncturelles. Ce qui compte, c’est la capacité structurelle d’une économie à faire face à des situations qui, justement, par définition, sont imprévues et imprévisibles. Ces données structurelles sont celles que nous avons examinées ici même, semaine après semaine, dans nos articles économiques : les indices de liberté, la flexibilité, la productivité, les taux d’imposition, la souplesse du marché du travail, la part des entreprises publiques, les obstacles administratifs et sociaux qui pèsent sur l’offre (de la durée du travail aux conditions de licenciements), etc… C’est tout cela qui conditionne la conjoncture d’une économie et sa capacité à faire face aux événements nouveaux de la vie économique. Or ces indicateurs ne sont pas en faveur de l’économie française. Dans tous ces domaines, nous sommes en retard pour ce qui est du retour à la liberté économique. Les choix entre étatisme et liberté n’ont pas été effectués clairement. Voilà pourquoi notre regard sur l’économie française en 2003 en pessimiste : pas à cause des modèles conjoncturels de l’INSEE, mais parce que l’économie française n’est pas encore sortie de l’étatisme et du dirigisme. 

 

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Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


Editorial : La Reconquête

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